Il faisait partie des textes votés en décembre 2025 dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale 2026, avec un objectif affiché : simplifier le parcours vaccinal et faciliter l’accès à la vaccination. Le projet de décret en Conseil d’État, qui fixe les conditions dans lesquelles les médecins généralistes, les sages-femmes et infirmiers libéraux (IDEL), et les centres de santé pourront stocker les vaccins contre le Covid-19 et la grippe, a reçu un avis favorable de la Haute Autorité de santé (HAS). Saisie en juillet 2026 par un courrier de la Direction générale de la santé (DGS), l’Agence n’a disposé que d’un mois pour évaluer la pertinence du texte, avant que ne s’ouvre la campagne vaccinale 2026-2027 contre le Covid-19 et la grippe saisonnière, ce lundi 14 septembre.
Des modalités strictes à respecter pour pouvoir stocker
Le texte soumis à son examen prévoit ainsi de limiter pour l’instant la mesure aux seuls vaccins contre ces deux infections, et pour les populations cibles pour lesquelles ils sont intégralement remboursés par l’Assurance maladie, dans un souci d’instaurer une phase de déploiement transitoire.
De plus les médecins, sages-femmes, infirmiers et centres de santé qui souhaiteront s’approvisionner directement auprès des officines devront « respecter les mêmes conditions techniques de conservation pour exercer l’activité de vaccination que le pharmacien », listées dans l’arrêté du 8 août 2023 : des équipements adaptés, du matériel d’injection, la présence d’une enceinte réfrigérée avec monitorage des températures..., rappelle ainsi la DGS dans son courrier de saisine. « Des conditions de traçabilité devront également être respectées », soit l’inscription de l’acte de vaccination dans le carnet de santé, de vaccination ou dans le dossier médical partagé, et la remise d’une attestation.
Quant aux modalités de facturations prévues, elles « reposent sur la création d’une majoration spécifique associée à l’acte de vaccination », prise en charge par l’Assurance maladie, « sans participation forfaitaire ni franchise médicale », est-il également précisé.
Une reconnaissance du rôle infirmier dans la politique de vaccination
Si le texte n'a pas encore été publié, l'Ordre national s'est toutefois félicité de l'avis favorable rendu par la HAS. «Cette évolution constitue une avancée importante pour faciliter l’organisation de la vaccination au plus près des patients et renforcer l’accès à la prévention sur l’ensemble du territoire», a-t-il réagi dans un communiqué. Il s'agit également d'une avancée pour la profession infirmière, estime-t-il, car la possibilité de stocker les vaccins vient conforter ses compétences en matière de vaccination et la reconnaissance qui doit y être associée. «Les infirmiers constituent un maillon indispensable de proximité» dans la consolidation de cet enjeu de santé publique. Et cette évolution ne doit être qu'une étape dans un mouvement plus large destiné à intégrer plus solidement les infirmiers dans «les politiques de prévention et de vaccination», dans l'esprit de la loi infirmière votée en juin 2025.
Avec un tel texte, le gouvernement entend faciliter l’accès à la vaccination contre les infections respiratoires qui prélèvent chaque année un lourd tribut. Début 2026, la campagne vaccinale avait été prolongée jusqu’au 28 février devant l’ampleur de la circulation de la grippe sur le territoire ; à ce moment, l’épidémie avait déjà causé près de 17 600 morts.
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