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FORMATION

IFSI : tour d’horizon des différents intervenants qui préparent au métier infirmier

Publié le 07/09/2026

Qui prépare au métier d'infirmier ? En cette rentrée, on fait le point sur les différents intervenants des écoles spécialisées chargés d'accompagner et de préparer les étudiants à leur future profession avec Sylvie Buisine, directrice de l’Institut de Formation en Soins Infirmiers (IFSI) Ambroise Paré de Villeneuve-d’Ascq (Nord).

Etudiants en IFSI

Crédit photo : APHP-PSL-GARO/PHANIE

Qui sont les professionnels qui encadrent les futurs infirmiers dans les Institut de Formation en Soins Infirmiers (IFSI) et quel est leur rôle ? On vous dit tout, à l'occasion de cette rentrée. 

Le/la directeur/trice : il travaille sur le projet pédagogique, en collaboration avec l'équipe de formateurs. C'est lui qui donne les directives. En lien avec l’université, il prend part à l’élaboration des épreuves d’évaluation. Il s'occupe également des instances disciplinaires et des transferts de dossiers des nouveaux arrivants. Il a enfin en charge le management de l'équipe de formateurs.

A partir de cette rentrée de septembre, l’élaboration du contenu pédagogique des IFSI repose sur un travail collaboratif entre institut et université. Le personnel reste, en revanche, entièrement rattaché à l’IFSI. « Sur le territoire lillois, nous travaillons déjà de concert sur les modalités d'évaluation des enseignements », explique Sylvie Buisine. « Certains enseignements se 'co-construisent' avec l'université tout en répondant au programme. Quand l'université de médecine estime que ce n'est pas son cœur de métier, la main nous revient entièrement afin que nous puissions cibler réellement ce qui est attendu d'un étudiant infirmier et d'un infirmier par la suite. »

Le directeur intervient aussi en tant qu’évaluateur qualité du travail des formateurs auprès des étudiants. Il est responsable de la politique qualité et donc de la certification de son institut. Au-delà d'évaluer la qualité du travail des formateurs, il supervise la certification au sens large du terme.

« Le directeur a suivi la formation de l’Ecole des hautes études en santé publique de Rennes*. Tous les cadres supérieurs passent par cette école pour pouvoir exercer dans le secteur public. Pour les IFSI privés, les conseils d'administration peuvent éventuellement rechercher des profils différents, en sélectionnant des cadres possédant des expériences en lien avec la santé », précise Sylvie Buisine.

Le/la formateur//trice : il est titulaire d’un diplôme de cadre infirmier et/ou d’un master 2 en science de la santé ou en ingénierie pédagogique. « Le formateur accompagne l’étudiant et répond à ses besoins qu’il soit à l’école ou en stage », souligne Sylvie Buisine. « Ce qui est important, c'est le fait d'individualiser cet accompagnement et donc de répondre aux besoins de chacun. » Chaque formateur à un groupe d'étudiants qui lui est confié dès l’entrée en IFSI : il les accompagne du premier jour jusqu'au diplôme, quel que soit le parcours. « Un formateur a toujours d’abord été un infirmier. Il prend soin des étudiants comme s’il prenait soin de ses patients. Ce 'prendre soin' est très important et va permettre cet accompagnement et ce cheminement tout au long des trois années. »

Le formateur monte le programme d'enseignements de la matière qui lui a été attribuée et peut, dans ce cadre-là, faire intervenir le professionnel le plus adapté au cours qu'il souhaite voir donner. Il peut faire intervenir des médecins, des psychologues, des pharmaciens, des radiologues, etc. Sachant que plus de 50 % des enseignements de la formation sont donnés par un professionnel du soin. « Le formateur peut, par exemple, faire appel à un infirmier qui travaille en service de réanimation et qui va présenter la particularité de travailler dans un tel service. Il peut demander à un chirurgien d’expliquer ce qu'il fait pour réparer une hanche cassée. Il peut s’appuyer sur un pharmacien pour ce qui concerne la façon de gérer les médicaments contre la douleur, etc. Dans notre IFSI, on compte entre 100 et 150 intervenants sur les trois années de formation ; certains viennent pour 2-3 heures, d’autres de manière récurrente », poursuit la directrice.

Les jurys de mémoire de fin d'études : ce sont aussi des professionnels, souvent des cadres de santé, des coordinateurs pédagogiques qui vont être jury soignant pour évaluer, à l’issue de la 3e année, le mémoire de fin d'études.

Les intervenant(e)s externes : « À l’IFSI, nous faisons venir des comédiens qui vont simuler des comportements de personnes malades », signale Sylvie Buisine. « Le but est d’apprendre aux étudiants à être en capacité de réagir correctement face à certaines situations. Cela fait travailler la posture professionnelle et peut aider à se sentir moins dépourvu une fois sur le terrain. Ces acteurs ne sont pas des professionnels du soin mais, pour autant, leur rôle est déterminant. La simulation occupe une grande place dans la formation. »

Parmi les intervenants externes qui font partie du monde du soin, on trouve également les médecins, les pharmaciens, les infirmiers de terrain, les aides-soignants, les kinésithérapeutes, les chirurgiens, les psychiatres, les psychologues, les sophrologues, etc. Le panel est riche. Cette liste n'est pas figée et évolue aussi avec l'évolution de la société. Il faut que cela corresponde à ce qui se passe à l'extérieur, aux situations que les futur(e)s infirmiers/infirmières seront susceptibles de rencontrer dans leur vie professionnelle. Ce qui explique que de plus en plus d’Infirmiers de Pratique Avancée (IPA) interviennent dans les enseignements.

Le/la coordinateur/trice pédagogique : il/elle a la responsabilité du projet pédagogique en collaboration avec le directeur et assure cette cohérence d'application du programme tout en respectant le projet pédagogique et le référentiel de formation. Il/elle veille à ce que ce soit cohérent et que le nombre d’heures soit respecté. « Ce professionnel a une vue d'ensemble sur toute la pédagogie et sur l'évolution des étudiants. C'est avec le coordinateur que je peux avoir un retour sur les difficultés, les points d'attention à avoir sur certains étudiants, les éventuels problématiques disciplinaires », note Sylvie Buisine.

Le coordinateur pédagogique est un formateur : il fera donc cours une moitié du temps et l'autre moitié, il aura une vision un peu plus globale sur ce qu’il se passe en termes de pédagogie dans son établissement.

Certains établissements ne bénéficient pas de coordinateur pédagogique. C’est donc au directeur d’assurer ce rôle.

L’ingénieur(e) pédagogique numérique : il s’agit d’un formateur diplômé d’un master 2 en ingénierie numérique, un type de poste assez récent dans les IFSI. L’ingénieur pédagogique numérique a les mêmes missions qu'un formateur mais va, dans les enseignements, déployer, pour les étudiants, tout ce qui concerne les outils numériques (comme l'organisation d'un serious game par exemple, qui combine un objectif pédagogique (apprendre, informer, s'entraîner) mais sous une forme ludique). Il s'agit d'une ressource complémentaire qui n'est pas obligatoire dans les IFSI. « Cela commence à se développer parce qu’il y a de plus en plus d'outils numériques dans nos établissements. Et puis, c’est important si l’on ne veut pas que nos étudiants soient en décalage avec ce qui se fait dans le monde de la santé », indique Sylvie Buisine.

Le/la tuteur//trice de stage : c'est un soignant, un infirmier ou un cadre de santé qui est dans son établissement (clinique, hôpital, etc.) et qui s’occupe du stagiaire. Il est responsable de son accueil et de son suivi tout au long du stage. Il est au contact de l'étudiant et le guide au quotidien. Il lui enseigne les soins, la prise en charge. Cela ne signifie pas qu'il est avec lui du premier au dernier jour. En revanche, il organise des points réguliers, réajuste parfois ses objectifs d'apprentissage, etc.

Le tuteur peut mettre en alerte son maître de stage s’il y a un problème particulier avec l’étudiant. Dans ces cas-là, le maître de stage appelle l’IFSI.

Le/la maître de stage : il s’agit souvent du cadre de santé du service de soins. Il a la responsabilité de la politique d'encadrement de son service. Il accorde ou non des places de stage. « Si nous avons une difficulté avec un étudiant en stage, c'est le maître de stage qui contacte l'IFSI. Les échanges se font avec lui. Il se peut que nous nous déplacions sur le lieu du stage pour échanger avec lui », clarifie Sylvie Buisine. Le maître de stage est également responsable du tuteur.

Le parrain ou la marraine : Les étudiants de 1re année sont parrainés par des étudiants d'année supérieure. Ceci afin qu'ils puissent être accompagnés jusqu'à l’obtention de leur diplôme. Certains étudiants vont vraiment investir ce parrainage, d’autres moins. Cela dépend de chaque personne. C’est en tout cas quelque chose qui se met en place assez facilement et qui permet une intégration un peu plus rapide. Le parrain délivre des conseils, donne des coups de main. C’est une personne ressource pour le nouvel arrivant.

Le/la secrétaire pédagogique : il/elle gère les liens officiels et administratifs avec les terrains de stage mais aussi les liens avec la région pour les remboursements des frais de déplacement des étudiants.  Ce professionnel peut aussi avoir en charge la gestion de l'absentéisme.

L’assistant(e) de direction : il/elle s’occupe du lien avec l’employeur en accompagnant notamment les étudiants lorsqu'ils sont financés par des établissements de santé.

Les patient(e)s experts : C’est une évolution qui n'était pas forcément prévue et qui est importante. Ce sont des patients qui ont été confrontés à une pathologie, qui en sont devenus experts et qui vont venir exprimer et faire comprendre ce que c'est que d'être à cette place et de vivre avec la maladie. « Cela permet de se mettre à la place de, ce qui est primordial dans le domaine du soin », explique Sylvie Buisine. 

L’enseignement par les pairs : un(e) infirmier/infirmière de 3e année peut donner des cours à des étudiants de 1re ou 2e année pour certaines séquences pédagogiques. « À l’IFSI de Villeneuve-d’Ascq, nous leur apprenons à monter une séquence pédagogique pour qu'ils puissent la mettre à profit auprès des étudiants de 1re et/ou 2e année. » Ils sont accompagnés par un formateur qui explique le processus complet de construction d’un cours. « Nous collaborons par exemple avec une école d'aides-soignants et nos étudiants infirmiers leur apprennent à prendre la tension artérielle, à mesurer la fréquence cardiaque », illustre Sylvie Buisine. « C’est très intéressant de les faire collaborer parce qu’infirmier/infirmières et aides-soignantes seront amenés à largement travailler ensemble dans le monde professionnel. Autant les initier dès l'école. »

A noter : ce panel d’intervenants peut varier d’un IFSI à l’autre.

Elise Kuntzelmann

Source : infirmiers.com