Forum : Etudiants infirmiers (ESI)

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Messagepar catastrophe87 » 23 Jan 2021 19:24

Bonjour à tous,

J'espèe que mon message sera lu et que quelqu'un pourra m'aider.
j'ai 33 ans et je suis ESI 3e année, mon seul et unique projet pro, celui qui m'a convaincu de rentrer en formation, est d'être infirmière en psychiatrie, un domaine qui me passionne vraiment.

Malheureusement pour moi, le diplôme d'infirmier psy n’existant plus depuis bien longtemps, j'ai été obligée de passer par la voie générale.
Mes études ont été un cauchemar de bout en bout, je n'aime pas la médecine, déteste les soins techniques, et ai vécu un enfer de chaque instant en stage, faisant semblant de m’intéresser à des sujets qui m'indiffèrent.de plus je suis très très très très mauvaise en soins techniques, même en entrainant. (je vous rassure je suis quand même capable de tirer un bilan sanguin, de faire un pansement propre, une SC et une IM, mais c'est a peut pres tout). Bien entendu, et même en voulant jouer les caméléons, mes stages se sont plutôt mal passés et me rapports avec l'équipe pédagogique de mon ifsi sont catastrophiques. Ces derniers ne comprennent pas mon projet professionnel, m'ont refusé mon sage pré pro en psy pour m'orienter vers la chirurgie (je cite mon référent pédagogique : "vous ferez de la chirurgie et c'est tout, c'est moi qui décide, qu’este que vous comptez faire contre ça")

J'ai perdu ma santé physique et mentale à l 'IFSI, j'ai fait une dépression sévère et ai pris 30kg, j'ai tellement pleuré que je me demande comment je ne me suis pas déshydratée à force. Forcément je me suis isolée, jusqu’à me retrouver complétement seule, l'IFSI en a conclu que j'étais socialement inadaptée et incapable de travailler dans un groupe, alors que j'étais surtout en très grande souffrance et que ma confiance en moi était tellement basse que j'ai choisi de m'isoler plutôt que de me me confronter à la réussite de mes collègues de promotion qui me renvoyait un echo cruel.
Mon psychiatre a souhaité m’arrêter mais je me suis accrochée et m'accroche encore, tenu par ce projet professionnel qui est ma seule lumière au bout du tunnel.

J'ai réussi malgré tout a validé mes stages, mais n'ai pas validé mon DE l'an dernier car je n'arrive pas à valider mon épreuve sur les manipulations des chambres implantables (forcément, je suis une technicienne de m...., et en plus je me colle une pression pas possible). Me voilà donc en stage de revalidant en oncologie. L'oncologie est pour moi l'antichambre de mon enfer personnel. C'est hyper pointu et hyper technique, je n'aime pas ça et mes difficultés techniques, que j'arrivais à noyer jusqu'a présent, sont remontées à la surface. De plus, je n'ai pas eu l'occasion d’apprendre à travailler sur les CIp et ai loupé mon épreuve pour la 3e fois. Conclusion : l'équipe en service ne m'a pas fait de cadeau, et je suis à 2 doigts de passer en conseil pédagogique à l'IFSI.

Je tiens à préciser que je suis quand même une soignante dans l’âme, je suis très empathique, aime prendre soin des gens, je suis douce et patiente et ai un excellent relationnel avec les patients. Je fais de bons liens et réfléchi bien. J'ai passé mes 8 derniers mois à travailler en tant qu'aide soigante et tout s'est tès bien passé, tant avec les patients qu'avec mes collègues. Seulement le seul et unique domaine dans lequel je souhaite exercer (pour diverses rasions que je n'ai pas le force de rédiger ici) est la psychiatrie, il est absolument exclu que je postule ailleurs ni aujourd'hui ni jamais;

Bref, après cet étalage, je me demande comment justifier l’échec de mon stage auprès de l'ifsi ? comment puis éviter ce conseil pédagogique, qui va fatalement conclure à mon exclusion ? Que faire ? Auprès de qui me tourner? Je suis épuisée moralement et cherche des solutions dans ma tête mais ne les trouve pas. Je me dis que peut être que d'en chercher auprès des professionnels de santé ou de collègues étudiants m'ouvrira des voies que je n'avais pas perçu.

Merci de m'avoir lu
catastrophe87
 
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Messagepar Leopold Anasthase » 23 Jan 2021 20:23

catastrophe87 a écrit :[...] je n'aime pas la médecine, déteste les soins techniques»...] le seul et unique domaine dans lequel je souhaite exercer [...] est la psychiatrie

Bonjour,

En premier lieu, si vous pouvez trouver des messages ici, ça n'est pas le forum qui résoudra vos problèmes. Vous avez probablement besoin d'aide, et même à mon avis de différentes aides (proches, collègues, thérapeute…).

Je ne sais pas quelles sont les conditions qui conduisent à l'exclusion, on va dire que ce message serait plus adapté si vous aviez fait votre demande plus tôt.

Je comprends tout à fait qu'on ait envie d'exercer dans un domaine particulier. Mais il ne faut pas perdre de vue que les personnes ne choisissent pas toujours de ne présenter qu'une sorte de problèmes. Un patient de psychiatrie peut présenter des problèmes somatiques, et l'inverse est vrai. On ne peut pas faire l'impasse d'une partie de la formation parce que ça n'est pas ce qu'on veut faire.

Je comprends aussi qu'on n'accroche pas à des pans entiers du métier. Dans ce cas, je ne vois qu'une solution : il faut voir ces chapitres comme des moyens de parvenir à ce qu'on veut faire. Je n'aime pas l'anatomie, mais j'ai compris qu'il fallait que je m'y intéresse un minimum pour comprendre la physiologie, pour réussir mes examens, pour obtenir mon diplôme, pour ne pas avoir l'air éberlué devant une radio de thorax (c'est quoi le gros truc au milieu ?)…

Et oh miracle, avec un peu, un tout petit peu d'intérêt, ça passe plus facilement.

Dernier point, on ne sait pas ce que la vie nous réserve. Dans mon projet professionnel, je peux avoir décidé que seul le travail en réanimation m'intéresse. Et dans mon histoire personnelle, je peux me retrouver dans une situation où le seul poste qui s'offre à moi, c'est un poste en psychiatrie…
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Messagepar Lenalan » 24 Jan 2021 08:09

Le problème, et tout le soulève très bien au début de ton message: tu ne fais pas la formation infirmier psy mais tu fais la formation infirmier qui va partout, donc pour avoir le diplome il te faut tout valider et t'intéresser à tout.

Pendant la formation tu n'as pas le choix, si on te dit qu'il faut aller aux urgences et de t'y intéresser, tu vas aux urgences et tu t'y intéresses (je parle pour mon cas perso là :lol: ). Tu ne peux pas aller dans une formation comme ça et dire "ça ne m'intéresse pas, je ne fais que de la psy". Faire le caméléon comme tu dis, c'est t'intéresser (ou faire croire que tu t'intéresses) partout où tu iras, de manière à ne jamais te faire repérer comme "quelqu'un qui s'en fout" (et Dieu sait si les urgences je m'en foutais :D Mais personne n'a jamais rien vu et j'ai validé haut la main tout en sachant que je n'y mettrai jamais les pieds en tant qu'IDE). Et mon second stage de la mort c'était un psychiatrie, j'ai détesté, ça ne m'a pas intéressée, et pourtant ça s'est pas vu :D

Etre une quiche en soins techniques et ne pas aimer ça, c'est pas très grave, surtout en formation, on sort tous plus ou moins gauches de la formation (ceux qui se croient au top sont des mythos). Il ta faut juste trouver le minimum pour valider les trucs très protocolisés comme la chambre implantable, même si tu n'en reposes plus jamais de ta vie.

Je pense que ton problème c'est que tu es trop focalisée sur "ce qui te plait" et pas assez ouverte sur le reste. Quand tu seras diplomée tu pourras sélectionner où tu vas et ou tu ne vas pas (pour moi c'est simple et très réduit; je ne vais qu'en EHPAD et pas moyen que j'aille en service hospitalier :lol: ). Mais tant que tu es en formation, tu n'as pas le choix, tu as un DE d'infirmier général à valider.... Le job de tes formateurs c'est qu'en sortant tu sois "apte" (ce qui ne veut pas dire au top du top, meme tes camarades de promo ne le sont pas, ils sont novices comme toi) à postuler dans n'importe quel service.
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Messagepar Hématose » 27 Jan 2021 18:27

catastrophe87 a écrit :Bonjour à tous,

J'espèe que mon message sera lu et que quelqu'un pourra m'aider.
j'ai 33 ans et je suis ESI 3e année, mon seul et unique projet pro, celui qui m'a convaincu de rentrer en formation, est d'être infirmière en psychiatrie, un domaine qui me passionne vraiment.

Malheureusement pour moi, le diplôme d'infirmier psy n’existant plus depuis bien longtemps, j'ai été obligée de passer par la voie générale.
Mes études ont été un cauchemar de bout en bout, je n'aime pas la médecine, déteste les soins techniques, et ai vécu un enfer de chaque instant en stage, faisant semblant de m’intéresser à des sujets qui m'indiffèrent.de plus je suis très très très très mauvaise en soins techniques, même en entrainant. (je vous rassure je suis quand même capable de tirer un bilan sanguin, de faire un pansement propre, une SC et une IM, mais c'est a peut pres tout). Bien entendu, et même en voulant jouer les caméléons, mes stages se sont plutôt mal passés et me rapports avec l'équipe pédagogique de mon ifsi sont catastrophiques. Ces derniers ne comprennent pas mon projet professionnel, m'ont refusé mon sage pré pro en psy pour m'orienter vers la chirurgie (je cite mon référent pédagogique : "vous ferez de la chirurgie et c'est tout, c'est moi qui décide, qu’este que vous comptez faire contre ça")

J'ai perdu ma santé physique et mentale à l 'IFSI, j'ai fait une dépression sévère et ai pris 30kg, j'ai tellement pleuré que je me demande comment je ne me suis pas déshydratée à force. Forcément je me suis isolée, jusqu’à me retrouver complétement seule, l'IFSI en a conclu que j'étais socialement inadaptée et incapable de travailler dans un groupe, alors que j'étais surtout en très grande souffrance et que ma confiance en moi était tellement basse que j'ai choisi de m'isoler plutôt que de me me confronter à la réussite de mes collègues de promotion qui me renvoyait un echo cruel.
Mon psychiatre a souhaité m’arrêter mais je me suis accrochée et m'accroche encore, tenu par ce projet professionnel qui est ma seule lumière au bout du tunnel.

J'ai réussi malgré tout a validé mes stages, mais n'ai pas validé mon DE l'an dernier car je n'arrive pas à valider mon épreuve sur les manipulations des chambres implantables (forcément, je suis une technicienne de m...., et en plus je me colle une pression pas possible). Me voilà donc en stage de revalidant en oncologie. L'oncologie est pour moi l'antichambre de mon enfer personnel. C'est hyper pointu et hyper technique, je n'aime pas ça et mes difficultés techniques, que j'arrivais à noyer jusqu'a présent, sont remontées à la surface. De plus, je n'ai pas eu l'occasion d’apprendre à travailler sur les CIp et ai loupé mon épreuve pour la 3e fois. Conclusion : l'équipe en service ne m'a pas fait de cadeau, et je suis à 2 doigts de passer en conseil pédagogique à l'IFSI.

Je tiens à préciser que je suis quand même une soignante dans l’âme, je suis très empathique, aime prendre soin des gens, je suis douce et patiente et ai un excellent relationnel avec les patients. Je fais de bons liens et réfléchi bien. J'ai passé mes 8 derniers mois à travailler en tant qu'aide soigante et tout s'est tès bien passé, tant avec les patients qu'avec mes collègues. Seulement le seul et unique domaine dans lequel je souhaite exercer (pour diverses rasions que je n'ai pas le force de rédiger ici) est la psychiatrie, il est absolument exclu que je postule ailleurs ni aujourd'hui ni jamais;

Bref, après cet étalage, je me demande comment justifier l’échec de mon stage auprès de l'ifsi ? comment puis éviter ce conseil pédagogique, qui va fatalement conclure à mon exclusion ? Que faire ? Auprès de qui me tourner? Je suis épuisée moralement et cherche des solutions dans ma tête mais ne les trouve pas. Je me dis que peut être que d'en chercher auprès des professionnels de santé ou de collègues étudiants m'ouvrira des voies que je n'avais pas perçu.

Merci de m'avoir lu


Bonjour,

Je vous ai lu attentivement.

Je ne sais pas si ce que je vais vous dire va vous aider, que ça soit à court ou moyen terme, mais on peut à minima discuter sans vous juger.

J'entends que vous ne vous sentiez pas à l'aise en soins techniques et que ça soit ce que vous redoutez, néanmoins, vous ne pouvez pas vous permettre de faire l'impasse sur cet aspect du métier. Si on dit que le technique ne représente pas tant que ça, il reste tout de même très important : beaucoup de soins prodigués sont d'ordre technique et sont essentiels pour faire avancer la prise en charge des patients. Vous devez, pour être diplômé, être un minimum compétent afin déjà de ne pas être un danger et aussi de répondre aux problèmes de santé des patients dont vous serez responsable. Ces patients, ce seront votre responsabilité, à vous, et pas celle du collègue ou de la cadre.

A ce jour, je comprends dans votre discours que, si je vous parachutais demain en service de somatique (même un endroit pas forcément des plus techniques), vous ne sauriez pas vous en sortir. Or, on n'est pas infirmier qu'en réanimation, qu'en hépatologie, qu'en gériatrie, qu'en psychiatrie ou que sais-je : on est infirmier et on doit pouvoir assurer les soins des patients sur n'importe quel terrain (hôpital, ehpad, fam, crèche, mater...). Les lacunes en technique posent problème pour des raisons que, je pense, vous savez tout aussi bien que nous.

Vous même, voudriez vous être pris en charge par un infirmier qui ne sait pas prélever de bilan sanguin et ne pourra pas doser la troponine alors que vous faites une douleur thoracique, vous laissera en globe urinaire alors que vous êtes en rétention aiguë parce que le "professionnel" ne sait pas sonder, ne pourra pas vous passer un traitement vital car elle ne sait pas poser de perfusion/aiguille de Huber ? Que pensez vous de ça ?

Ou quelqu'un de votre famille, une personne de votre entourage ?

Moi, en tout cas, je ne le voudrais pas. Et je voudrais qu'on arrête l'étudiant qui pourrait, de par son incompétence, représenter un danger pour moi.

Je pense que vous comprenez bien que ça n'est pas acceptable et que, même si en ifsi on n'a pas forcément l'occasion de voir ou pratiquer TOUS les soins, on ne peut pas diplômer un étudiant sans la garantie qu'il sait faire ou saura faire un jour prochain.

Même en psychiatrie et comme partout, vous pouvez être amené à aller plus loin que les soins courants. Et vous devrez savoir gérer, peu importent votre parcours et votre manque de compétences techniques. Vos collègues, si vous en avez, ne pourront ou ne voudront peut être pas vous aide (c'est dur et cruel mais factuellement vrai et j'en suis la première navrée). Tout comme, en somatique, les patients en détresse psychologique ne souhaitent pas être vus par les psychologues (pour des raisons qui leur appartiennent) et psychiatres et ce sont les somaticiens qui doivent gérer.

Comme le souligne un collègue, même si vous tenez à faire de la psy, vous serez peut être un jour amené à travailler ailleurs qu'en psy pour des raisons x ou y : et vous devrez être compétent ici aussi malgré votre parcours et vos difficultés. Et c'est pour ça que l'impasse sur les soins techniques n'est pas acceptable.

Comment expliquez vous vos difficultés techniques ? Vous n'en parlez pas et je trouve qu'il serait intéressant d'en savoir plus.

Vous dites apprécier le relationnel et que votre exercice en tant qu'AS se déroule bien. Si c'est vraiment le relationnel qui prime, alors c'est peut être plus en exploitant votre rôle propre auprès des patients que vous vous sentirez le mieux. Et vous n'aurez pas à vous restreindre à la psychiatrie.

Si vous passez bientôt en conseil pédagogique, l'étudiant peut faire une demande d'interruption de formation en amont pour pouvoir récupérer le deas, et peut être revenir ensuite en formation. Dans un autre contexte, avec une autre équipe... Et peut être que ça se passera mieux, en tout cas on l'espère.

N'hésitez pas à revenir en discuter avec nous.
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Messagepar Maximousse1989 » 28 Jan 2021 17:11

Je vais mettre un peu les pieds dans le plat avec une proposition qui ne te plaira peut-être pas.

La psychiatrie te passionne, bien, ça c'est clair, on ne discute pas.
Malheureusement il n'existe plus de DE d'infirmière psychiatrique et il n'a pas été remplacé par une spécialisation.
Or, comme les autres te l'ont dit, même avec un projet profdéjà bien défini on demande à une infirmière d'être polyvalente, d'avoir une base commune avec ses collègues lui permettant de s'adapter en cas de changement de service.
Vu sous cet angle il se peut que, en t'envoyant sur un terrain de stage dont a priori tu ne veux pas , tes formatrices cherchent à te confronter à tes difficultés et non à te mettre en difficulté.

As-tu songé à d'autres métiers qui te permettraient d'exercer en psychiatrie (psychologue, éduc spé, psychomot') ?
Il existe bien des manières de prendre soin, peut-être faut-il en choisir une autre.

C'est une idée, pas une affirmation, encore moins un jugement.
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Messagepar Estienne » 31 Jan 2021 20:06

Beaucoup de choses justes ont été dites ci dessus.
J'ajouterai que vouloir cloisonner la psychiatrie du reste des compétences infirmières est une erreur à mon sens, pour les raisons suivantes:
Beaucoup de pathologies psy sont associées à des comorbidités somatiques, du fait des traitements et du comportement des patients (auto agressivité, incurie, troubles alimentaires, effets secondaires des NL, etc..)
Tu souhaites faire de la psy mais rien ne te garantie que tu voudras encore en faire quand tu auras été confronté à la réalité du terrain sur la durée (la psy est le parent pauvre de la médecine, sous effectifs, manque de psychiatres, agressions, usure psychologique, etc..)
Les places en psy sont souvent attribuées à des IDE ayant aussi une expérience technique. (Faire un BSG ou un pansement sur un patient envahi, cela demande une double compétence, relationnelle et technique).
En psychiatrie comme ailleurs, on regarde la santé du patient dans son intégralité. (tout comme une intervention chirurgicale sur un patient addict à l'alcool ou schizophrène, on ne peut faire l'impasse sur sa problématique secondaire, un patient psy qui ne ressent plus ses douleurs, ça veut pas dire qu'il n'a pas de problèmes somatiques prioritaires).
Personnellement je souhaitais faire de la psy et j'ai demandé à faire un stage aux urgences en troisième année puis j'ai travaillé en médecine pour être certain d'avoir le minimum de compétences dans un domaine même si je pense ne jamais y retourner, et ça me sert presque au quotidien en psychiatrie et addictologie.
Donc je t'encourage à persévérer dans ton projet mais avec une plus grande ouverture sur le reste de la formation.
D'ailleurs en psycho on t'explique que le meilleur moyen d'affronter une épreuve que l'on apprécie pas, c'est d'y trouver un intérêt.
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Messagepar Belphéghor » 31 Jan 2021 21:55

De mon temps il y avait deux trois personnes dans ce cas-là, ils ont fini par avoir leur diplôme...

C'est assez simple en fait, soit vous vous faites soutenir sur le plan personnel et médical pour passer outre vos difficultés, et vous redoublez d'efforts (vous apprenez par coeur le protocole, déjà pour commencer, vous le refaites quotidiennement, vous travaillez d'arrache pied) soit vous lâchez l'affaire.

Si vous décidez de rester, il va falloir vraiment travailler, pour valider ce qu'on vous demande de valider.

Faites le bilan de ce que vous avez déjà validé, de ce qui vous reste à valider, et mettez vous au travail.

Apparemment l'IFSI a voulu vous aider en vous mettant en onco (c'est normal qu'ils vous aient mis là pour vous permettre de la valider la chambre implantable puisque vous galérez à la valider à l'IFSI). Je pense qu'il faudrait discuter avec eux, et montrer que vous êtes ouvert aux conseils et disposé à travailler pour vous sortir de cette galère.

Après, c'est juste un métier... Au pire vous avez déjà votre diplôme d'Aide-Soignant, vous avez aussi la possibilité de demander un report et d'aller bosser en tant qu'AS quitte à reprendre ensuite, ailleurs même pourquoi pas.

C'est juste un métier et la différence de salaire entre AS et IDE n'est pas assez énorme pour y laisser votre santé comme ça.

Je n'ai en tout cas pas le sentiment que l'IFSI soit contre vous, malgré vos problématiques. VOus avez validé tous vos stages, vous êtes probablement bien moins nul que ce que vous pensez. Commencez par parler avec eux. L'IFSI ne vous veut pas de mal. Ils n'ont pas intérêt à faire échouer les gens, c'est un institut de formation, pas le goulag. Ils essaient de vous proposer des choses pour vous faire progresser. Je pense que s'ils vous ont mis en onco c'est qu'ils vous en pensaient capable en fait. Je vois pas pourquoi ils vous enverraient au casse-pipe exprès ça n'a aucun sens. Et je ne pense pas qu'ils aient l'intention de vous virer... Déjà ils vont essayer de comprendre quel est véritablement votre problème.

En vérité je pense que faire un report pourrait être pas mal dans votre cas si vous pétez les plombs.

Après être nul en soins techniques c'est pas grave surtout quand on veut bosser en psy mais il faut quand même se rappeler que l'infirmier doit avoir une vision GLOBALE du patient, pas juste ce qui se passe dans la tête... C'est important ça pour pas que les patients meurent beaucoup plus dans ton service que dans le service voisin.
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Messagepar execho » 01 Fév 2021 13:59

Bonjour.Quand vous doutez,pensez à la dernière phrase de l'argumentaire de Belphégor.C'est tellement juste en plus d'être.......drôle!
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Messagepar Elsa1996 » 01 Fév 2021 20:46

J'ai eu l'impression de me lire à travers ton témoignage...
Nulle en soins technique alors que je suis en 3è année (mais j'ai tout de même validé ma CIP avec 10 puis transfu j'ai eu 01 et 18 au rattrapage).
Stage en médecine et chirurgie catastrophique. J'en ai 3 : 2 en chir et 1 en médecine. L'horreur absolue à chaque fois. Me voilà que je me trouve à être diplômée en décalé à cause d'un pauvre stage.
Je HAIS l'hôpital, les soins techniques (sauf de base : prise de sang, sous cut,im...), je hais le fait de ne pas connaitre le patient, d'être une piqueuse. Je veux bosser en Ehpad ou gérontopsy et rien d'autre. Je préfère être au RSA plutôt que de bosser à l'hôpital. C'est vraiment devenue ma hantise l'hôpital, vraiment.
Je fais genre que je suis hyper intéressée par les soins technique qd je fais un stage où il y a beaucoup de soins, alors qu'en réalité je hais ça. Tu devrais jouer à de la comédie, il n'y a pas d'autre solution
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Messagepar loulic » 02 Fév 2021 17:52

C’est vraiment un problème d’orientation, c’était déjà vrai avec le concours, mais je crains que ça ne s’aggrave avec parcoursup.


Lorsque vous rentrez en formation c’est pour passer un diplôme d’infirmière générale, et l’état vous délivre un diplôme d’état d’infirmier qui garantit un certain socle de connaissance et de compétences sur tout le territoire.

Vous vous êtes engagés pour une formation qui vous donne un diplôme vous permettant d’exercer partout en France et dans tous les services.

C’est une chance pour vous, vous ne savez pas de quoi l’avenir sera fait. Et c’est une chance pour le patient, ça veut dire que s’il fait son infarctus en psy ou en ehpad il devrait être soigné par des gens qui ont la compétence pour le faire.


C’est comme le permis b de conduire . Vous avez le permis pour conduire sur toutes les routes partout en France dans un véhicule de tourisme. Peut être que vous préférez les routes de campagne, mais vous avez quand même appris à rouler sur l’autoroute, et peut être que vous en aurez besoin un jour.

Vous ne pouvez pas vous plaindre en passant le permis qu’on vous demande de faire un créneau « ha mais moi je roulerai qu’à la campagne plus tard ». Peut être, mais ça fait parti des compétences qu’on vous demande parce que faire un creneau évalue aussi votre coordination au volant, votre capacité d’analyse des distances, ...


Bien sûr on a tous nos appétences et nos préférences. Mais pour le DE on vous demande un minimum. Minimum qui s’étiole bien vite de surcroît, alors on ne peut pas vous laisser faire l’impasse sur les 3/4 de la formation.


Normalement vous saviez a peu près à quoi vous vous engagiez en rentrant en formation. On ne vous demande ni de tout aimer ni d’être pointu en tout, mais vous avez un programme à valider.
Dès qu'il eut franchi le pont, les fantomes vinrent à sa rencontre.
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Messagepar Cms54 » 03 Fév 2021 19:02

Honnêtement, j'aurais du mal à apporter une pierre à l'édifice, mais étant infirmière en psychiatrie depuis trois ans, je ne peux qu'abonder dans le sens de ce qui a déjà été dis.
Il ne faut pas non plus idéaliser le terrain : oui c'est super intéressant, mais comme ça a été dis, la discipline est vraiment VRAIMENT le parent pauvre. de la médecine. Et ça se sent très fortement. Pas assez de personnel pour faire des soins relationnels de qualité. (Et un fort sentiment de faire du gardiennage plus qu'autre chose à certains moments, mais je parle pour mon cas).
Et surtout des soins soma il y en a.
J'ai envie de dire, avec le contexte actuel, encore plus.

De nos jours avec ton DE, tu dois pouvoir apporter les soins soma aux patients. Donc au même titre qu'à l'hôpital général, faut pouvoir poser une perf (et ça arrive), poser une sonde urinaire (risque de rétention urinaire en raison des neuro..).
On a moins de matos, mais si demain y'a un patient qui viens avec des soins somatiques ben faut les faire :) même si ça n'est pas ton grand kiff.

Prend sur toi, et si les soins techniques t'emmerde.. Essaye de le prendre comme un support aux soins relationnels. Pendant ton soin, tu passes un peu de temps avec le patient, et c'est appréciable. (Enfin ça dépend du patient on est bien d'accord :lol: )

Et surtout n'oublie pas une chose, c'est qu'une carrière, c'est LONG. Moi j'ai envie d'aller découvrir d'autres spécialités, et je suis contente d'avoir un petit bagage technique. Pourtant à l'école, je jurais que par la psy.

Bon courage à toi. 8)
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Messagepar Lenalan » 04 Fév 2021 09:53

Je confirme qu'en EHPAD on fait tout type de soins techniques, on a souvent des gros pansements d'escarres, des gens sondés, parfois des cures d'antibios en IV, des pompes diverses, et bien sur des prises de sang quasiment tous les jours (sur des gens au capital veineux très mauvais pour la plupart, ou alors il faut viser un EHPAD où le labo se déplace mais c'est pas tous), des perfs sous cut, des IM d'antibios quasiment tout l'hiver, des vaccins... On en fait pas autant qu'en service hospitalier (on a pas de perf IV en continu par exemple) mais on ne peut pas dire que l'EHPAD c'est 0 technique: on doit savoir faire, même si ça va pas etre le principal des soins. Et on a en plus la difficulté de devoir faire des soins techniques sur des personnes parfois compliqués au niveau du consentement (Alzheimer et autres démences).

Ce que je pense sincèrement, vu d'une IDE qui n'aime pas la technique mais qui sait la faire et la fait sans problème (parce qu'au fil du temps même si on est gauche au début, on finit par devenir experte) parce que ça fait partie de la prise en charge globale: si on a une réelle aversion pour les soins techniques, c'est peut-etre parce qu'on s'est mal orienté et qu'aide-soignante nous convient mieux. Ou alors vraiment cibler un secteur avec vraiment 0 soins technique: infirmière scolaire, en santé au travail....
Mais en EHPAD on DOIT savoir gérer la technique, comme tout le reste (pharmaco +++++).
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Messagepar Maximousse1989 » 04 Fév 2021 20:02

Elsa1996 a écrit :J'ai eu l'impression de me lire à travers ton témoignage...
Nulle en soins technique alors que je suis en 3è année (mais j'ai tout de même validé ma CIP avec 10 puis transfu j'ai eu 01 et 18 au rattrapage).
Stage en médecine et chirurgie catastrophique. J'en ai 3 : 2 en chir et 1 en médecine. L'horreur absolue à chaque fois. Me voilà que je me trouve à être diplômée en décalé à cause d'un pauvre stage.
Je HAIS l'hôpital, les soins techniques (sauf de base : prise de sang, sous cut,im...), je hais le fait de ne pas connaitre le patient, d'être une piqueuse. Je veux bosser en Ehpad ou gérontopsy et rien d'autre. Je préfère être au RSA plutôt que de bosser à l'hôpital. C'est vraiment devenue ma hantise l'hôpital, vraiment.
Je fais genre que je suis hyper intéressée par les soins technique qd je fais un stage où il y a beaucoup de soins, alors qu'en réalité je hais ça. Tu devrais jouer à de la comédie, il n'y a pas d'autre solution


Je te dirais la même chose que ce qu'une collègue a dit plus haut à ta camarade: tu es en 3ème année, ce qui veut dire que plusieurs équipes,(composées chacunes de plusieurs personnes) ont vu ton travail et dit "OK", tu es probablement beaucoup moins "nulle" que ce que tu imagines.
Quant à détester l'hôpital tu as le droit, fort heureusement il existe bien d'autres lieux d'exercice.
Serre les fesses, c'est bientôt la fin...ou plutôt le début d'autre chose.
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Messagepar Belphéghor » 04 Fév 2021 21:08

Le fait de savoir faire un soin stérile ce n'est pas tant pour que tu puisses le refaire en service d'emblée mais que tu aies acquis les bases du soin stérile. Que tu en aies une idée, que tu en comprennes la logique.

Pour que tu puisses ensuite travailler proprement si tu es amené à faire quoi que ce soit en stérile. Même en psy. Les gens peuvent se blesser, se couper, se tirer dessus, avoir besoin de soins. C'est toi l'infirmière. Tu dois pouvoir prendre soin du corps de ton patient comme de son esprit.



Le métier d'infirmier est bel et bien paramédical, pas parapsychiatrique...

Sinon il faut faire psycho...


En espérant t'avoir aidée
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Messagepar Elsa1996 » 04 Fév 2021 23:24

Lenalan a écrit :Je confirme qu'en EHPAD on fait tout type de soins techniques, on a souvent des gros pansements d'escarres, des gens sondés, parfois des cures d'antibios en IV, des pompes diverses, et bien sur des prises de sang quasiment tous les jours (sur des gens au capital veineux très mauvais pour la plupart, ou alors il faut viser un EHPAD où le labo se déplace mais c'est pas tous), des perfs sous cut, des IM d'antibios quasiment tout l'hiver, des vaccins... On en fait pas autant qu'en service hospitalier (on a pas de perf IV en continu par exemple) mais on ne peut pas dire que l'EHPAD c'est 0 technique: on doit savoir faire, même si ça va pas etre le principal des soins. Et on a en plus la difficulté de devoir faire des soins techniques sur des personnes parfois compliqués au niveau du consentement (Alzheimer et autres démences).

Ce que je pense sincèrement, vu d'une IDE qui n'aime pas la technique mais qui sait la faire et la fait sans problème (parce qu'au fil du temps même si on est gauche au début, on finit par devenir experte) parce que ça fait partie de la prise en charge globale: si on a une réelle aversion pour les soins techniques, c'est peut-etre parce qu'on s'est mal orienté et qu'aide-soignante nous convient mieux. Ou alors vraiment cibler un secteur avec vraiment 0 soins technique: infirmière scolaire, en santé au travail....
Mais en EHPAD on DOIT savoir gérer la technique, comme tout le reste (pharmaco +++++).



Ayant fait une multitude de stage en EHPAD soit à peu près 25 semaines :lol: et ayant fait mon stage pré professionnel également en EHPAD (stage où je bossais autant que les diplômés). Je peux dire que certes il y a des soins technique ( j'ai fait bcp de prise de sang, sous cut, pansmt, ablation de fil). Mais on est loin de l'hopital où tu as des cip, middline, SAP à gogo.
J'ai vraiment aimé mes stages en ehpad et j'ai eu que des retours positifs. À mon dernier stage ma tutrice m'avait dit la 2 è semaine que ça n'allait pas du tout. Et à la fin de mon stage elle m'a remercié pour mon travail, m'a dit que je serai une excellente ide :) je me suis donnée à 100%
Parcontre jamais on m'aurait dit un truc comme ça à l'hôpital puisque je validais mes stages de justesse :oops:
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