Forum : Psychiatrie

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Mot de passe oublié ?

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Messagepar Nobody87 » 15 Mai 2018 11:53

Bonjour à toutes et à tous.
Je poste car à plusieurs reprises maintenant j'ai été face à un problème avec ma supérieure hiérarchique.
Pour faire un simple, nouvelle cadre, jamais mis les pieds en psychiatrie, jamais bossé en Hôpital. Bref ca se passe mal malgré les tentatives de dialogue...
Mais bon là n'est pas le problème.

Le problème reste les ordres qu'elle donne parfois à l'équipe et qui au-dela de m'irriter, me mettent professionnellement très mal à l'aise.

J'explique:
Je suis en pavillon de rehébilitation (patient proche de sortie car "stabilisés".)
Un patient "chronique", autonome en tout point de vue chez nous depuis plusieurs mois. Seul problème, intolérant à la frustration, met en echec tous les projets de sortie. A la moindre frustration insulte fortement, menaces etc... (d'ou les guillements de "stabilisé").

Au départ, il y avait un accord avec le pavillon d'entrée d'ou venait ce patient. Il a trop tendance vouloir rester à l'hôpital et donc met les projets en echec.
Il était convenu que 1 semaine sur deux il aille chercher son tabac avec ses bons UDAF, la second semaine l'équipe s'en charge.
Cela le forçait à se prendre un peu en charge car il refuse toute activité.
Avec le temps et les nombreux echec et l'hiver, l'équipe a accepté d'aller lui chercher son tabac quand nous pourrions car il ne respectait pas sa semaine et clashait trop souvent. Avec la pression du medecin qui à "peur" de lui, l'équipe a du ceser.
Dorénavant nous allons chercher ses cigarettes quand nous le pouvons (c'est à dire minimum 3 en service). En fait il y a deux agents en poste matin et soir + un personnel de journée de 9h à 16h qui en général accompagne les patients en ville et se charge de leurs achats.

Sauf que à deux reprises déjà, le patient recoit son bon de tabac en fin de journée (le courrier arrive aléatoirement dans l'unité). Nous ne sommes plus que 2 en poste (minimum sécurité)...
Et là, le patient va la medecin, il justifie par A+B "il me faut mon tabac, les soignants sont deux ! ils peuvent aller le chercher"....la medecin qui a peur de lui ordone à ma collégue d'y aller....la cadre approuve. Nous tentons d'expliquer que nous ne sommes que deux, que demain il y aura quelqu'un de J qui pourra y aller, il pourrait attendre ! il est 16h30, mon collégue de J est parti. Non la medecin ordonne "je veux pas le frustrer..."...(donc j'ai peur)...

Rebelotte hier, même topo, il trouve ma cadre en fin d'après midi, cette derniére ordonne à mon binôme d'aller chercher son tabac...pendant qu'elle reste avec moi.

Voila ce qui me pose de gros problème:
-Aspect Thérapeutique, je n'en vois pas ! le patient exige...il l'obtient
-Nous modifions exprés le fonctionnement du service pour 1 patient...cela me choque !
-Lorsque j'en ai parlé à la cadre en argumentant qu'il n'y avait aucun bénéfice thérapeutique pour le patient. Je n'ai eu que des grimaces et des "c'est comme ca ! où est le problème je suis resté avec vous !". Ah oui et un "Pff les nouveaux diplômés vous savez pas obéir aux ordres c'est dingue ca !"....
-Aspect légal...je me questionne, depuis quand les IDE sont coursier des patients ?! quand il n'y a aucune déclaration légale de faite contrairement à l'habitude ?
-Clairement, aller chercher son tabac reléve du confort de la medecin et de la cadre, elle veulent être tranquilles et pas être harcelés par le patient...
-Biensur le patient à compris le truc qui est en train de devenir systématique, quand il est frustré il insulte, menace, va voir la cadre ou le medecin et obtient satisfaction.

De nature, je refuse d'être un executant, je veux discuter, mais la je suis fasse à une impasse, j'ai bossé 3 ans en psychiatrie, je n'ai JAMAIS vu qu'on modifiait tout un service pour 1 patient qui pourrait aller chercher seul ses clopes.
L'équipe n'approuve pas du tout ce qui se passe et est de mon avis. Mais nous ne sommes pas entendu.
J'ai annoncé à ma cadre que je ne le ferai plus quand nous ne sommes que deux en service, elle m'a répondu que je n'ai pas à discuter les ordres...
Sauf que ai-je le droit de jouer mon droit de réserve quand il n'y a aucun aspect thérapeutique à la situation ? je lui ai proposé qu'elle aille lui chercher elle-même mais elle a répondu qu'elle n'avait pas le droit de sortie de l''établissement (J'en doute fortement, mes anciens cadre accompagnaient les patients en ville)...

Qu'en pensez-vous ?
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Messagepar brrruno » 15 Mai 2018 21:48

Bonsoir,
Il me semble que la première chose à faire serait d'en parler en réunion institutionnelle, voire en supervision si ca existe dans votre service.
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Messagepar augusta » 16 Mai 2018 12:05

Bonjour,

Même réponse. Il faut en parler en synthèse ou réunion de service.
Si après cela le médecin reste sur sa position, il n'y aura malheureusement (pour vous) aucun recours. Le médecin décide. Si en plus la cadre approuve, vous ne pouvez rien faire.

Il arrive que certaines décisions prises par des psychiatres laissent les soignants perplexes....mais la cadre a raison "c'est comme ça". Les soignants ont leurs arguments....mais au final, c'est le médecin qui décide.
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Messagepar galtan » 16 Mai 2018 14:25

Quels sont les effectifs de sécurité de votre unité?
A priori, ce ne peut pas être moins de deux...
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Messagepar Nobody87 » 17 Mai 2018 10:49

Effectivement, deux est le minimum sécurité.

Le problème est que ce minimum est pris par dessus la jambe par la cadre...
L'histoire d'aller chercher les clopes peut paraitre un peu "futile", mais j'ai un vrai malaise professionnel à devoir obéir aux ordre lorsque je sais qu'elle met en danger mes collègues et moi...

-La premiére fois, nous sommes deux, la cadre ordonne à mon binôme d'aller chercher les clopes et "s'engage" à rester avec moi. (Biensur en présence, elle met pas la main à la pâte...)
Sauf que la collégue part donc...jem e retrouve seul avec la cadre et au bout de 5 min "Ah ba mince j'ai complétement oublié que j'avais une reunion...je vous laisse, je garde le téléphone en cas de problème..."
Resultat: 3 h en poste seul dans l'unité.

-La seconde fois elle a fait le même coup à une collégue, celle-ci à protester de rester seule et la cadre à pointer du doigt que l'étudiante (1ere année IDE) était là en cas de problèmes...
Je me suis "engueulé" avec ma cadre quand j'ai appris cela, pour moi un étudiant n'a pas à endosser une telle responsabilité. Même très compétent les étudiants n'ont pas à palier au manque de personnel. C'est dangereux.
Elle m'a dit que je dramatisais trop....que de toute façon "c'est un ordre médical, je dois obéir," et "Ah oui les jeunes diplômés vous réfléchissez trop"...
(Nous avons dans l'unité des patients ayant des raptus avec passage à l'acte imprévisible sur soignants...)


C'est pour cela que je poste.
Je suis encore jeune et naif...mais je veux porter haut nos valeurs de soignants qui "pensent" et pas qui executent "aveuglément".
Au-delà d'une banale histoire, je trouve qu'il y a un très gros problème de professionnalisme de la part du cadre et medecin.
Pour rappel ma cadre n'est pas du tout issue de la psychiatrie...elle est arrivé il y a 6 mois et a déja demandé à partir... (donc investissement très faible)
J'ai essayé de leur expliquer mais ils persevérent dans leur comportement que je qualifie de dangereux...
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Messagepar augusta » 17 Mai 2018 11:03

Alors si l'effectif de base est de 2, que la cadre autorise l'un des 2 IDE à quitter le service, se dédouane en disant qu'elle reste dans le service, pour finir par partir..... vous laissant à 1 IDE: c'est pas compliqué c'est fiche d’événement indésirable.
Ce type de document remonte à la qualité et à la direction.
La hiérarchie n'est peut-être pas au courant de telle pratique.

Le problème dans ce que vous dîtes n'est pas le fait que le médecin vous demande d' aller acheter des clopes (quand bien même vous jugez que ce n'est pas adapté), mais bien le fait que l'effectif n'est pas respecté avec mise en danger des patients et des soignants.
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Messagepar galtan » 17 Mai 2018 13:19

Dans ce cas, peut-être devriez-vous (Par vous j’entends "l'équipe") vous rapprocher du CHSCT?
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Messagepar Leopold Anasthase » 17 Mai 2018 15:31

augusta a écrit :Alors si l'effectif de base est de 2, que la cadre autorise l'un des 2 IDE à quitter le service, se dédouane en disant qu'elle reste dans le service, pour finir par partir..... vous laissant à 1 IDE: c'est pas compliqué c'est fiche d’événement indésirable.

J'aurais répondu pareil.

Je vais aller un peu plus loin : une fois que vous avez fait quelques fiches de déclaration d'événement indésirable (rien ne vous empêche d'en faire a posteriori pour chaque fois où ça s'est produit, et de demander à vos collègues de faire pareil), vous pouvez aller plus loin : laisser dire et ne pas faire. Votre cadre a oublié qu'elle avait une réunion ? Eh bien vous avez oublié qu'il fallait sortir chercher des cigarettes. Ou bien vous n'avez pas pu (« j'ai été très occupé »).
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Messagepar Lenalan » 17 Mai 2018 15:38

Et vous vous êtes autorisés à sortir du service, par exemple s'il vous arrive un accident pendant que vous allez chercher ces clopes?
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Messagepar brrruno » 17 Mai 2018 21:03

Effectivement s'il s'agit d'une question du respect du cadre législatif, ce n'est pas du ressort de la supervision. Vous pouvez également interpeller le cadre sup lorsque la cadre vous laisse seule (ce qui n'empêche pas de faire une fiche d’événement indésirable).
Juste pour précision, 3h pour acheter un paquet de clope ? l’hôpital est sacrément isolé ??
Et du coup c'est travaillé dans un accompagnement du patient pour l'achat des cigarettes ?
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Messagepar Nobody87 » 18 Mai 2018 08:16

Et vous vous êtes autorisés à sortir du service, par exemple s'il vous arrive un accident pendant que vous allez chercher ces clopes?


D'ou le fait que je poste pour demander ici. Je ne sais pas.
Ma cadre me dit "oui oui tant que je suis informé y'a pas de problème".
Sauf que la majorité du temps, quand nous sortons, déjà, c'est avec un patient, sur une déclaration officielle, signée.
Dans les situations qui me posent problème, il y a l'éffectif de service + le fait que je n'ai aucun accompagnement officiel...
La réponse fournie à mon refus c'est "Je suis la cadre, je suis informé que vous y allez pour les cigarettes, c'est bon".
Sauf que... j'ai pas confiance.


Je vais aller un peu plus loin : une fois que vous avez fait quelques fiches de déclaration d'événement indésirable (rien ne vous empêche d'en faire a posteriori pour chaque fois où ça s'est produit, et de demander à vos collègues de faire pareil)

C'est fait pour ma part. Après c'est vrai que mes collègues n'y croient plus trop à ces fiches. Je les motives mais bon...
Personnellement je pense que la prochaine étape sera de contacter le CHSCT le jour ou je suis seul et leur demander de venir constater ou de notifier cela.
Juste pour précision, 3h pour acheter un paquet de clope ? l’hôpital est sacrément isolé ??

Dur de sortir d'un bunker vous savez.... :oops:
Nan en fait je me suis planté, le coup des 3h seul, le collégue était parti amener un patient visiter un EPHAD. :roll:
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Messagepar Estienne » 18 Mai 2018 10:38

Concernant la décision du médecin, il me semble que du point de vue hiérarchique, c'est le cadre qui décide, non le médecin, alors s'il ne s'agit pas d'une prescription médicale, le médecin ne peux vous obliger à aller acheter les cigarettes. La cadre, oui, seulement vous êtes tenue à une obligation de moyens, non de résultats, et là je rejoins le conseil de Léopold Anasthase, laisser dire et ne pas faire, autrement dit: Désolé, pas le temps pour cela, effectif insuffisant, faites du zèle sur d'autres soins et actes plus impérieux (genre untel avait besoin d'un entretien IDE, vérif des TTT et commandes, cibles à faire, etc....) pouvant justifier le manque de temps. Et bien entendu, les écrits restent, les paroles ne sont que du vent (sauf si témoins, et encore), alors n'hésitez pas à écrire qu'en quittant le service et qu'en sous effectif, la sécurité du service n'est pas garantie. La cadre est prévenue par écrit, en cas de pépin elle risque gros. Mais bon, avec un cadre incompétent, il n'y a pas de solution miracle, juste de la souffrance au travail. Essayez au moins de rester soudé dans l'équipe.Bon courage.
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Messagepar Nobody87 » 18 Mai 2018 10:44

Merci à vous tous pour vos conseils.
Je me sens un peu plus confiant sur les démarches à suivre face à cela :p
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Messagepar Czapska » 02 Mar 2019 10:43

C'est exactement ce genre de situation en psychiatrie qui nous décrédibilise et fait que nous faisons de la " bricole"
J'ai la chance d avoir une équipe tres soudée, avec la meme vision du soin, en cdi et syndiquée ! Alors nous nous faisons un plaisir de dénoncer toutes ces situations ou nous recevons des ordres pour " rendre service au patient " faire plaisir au patient " " arranger le patient avec le fameux " cest bon ça vous coute rien de lui rendre service " etc etc
On en fait de nos patients des empotés incapables d autonomie et de vie a l exterieur . on a tellement pitié d eux qu'on ose meme plus les mettre face à la réalité de la vie
Ca nous insupporte cette fausse gentillesse bienveillante qui au final maintient le patient dans son incapacité
Alors c'est vrai qu' on fait aussi beaucoup " d ' éducation " et qu'on les met face a la ( parfois dure) réalité de la vie mais cest dans l unique objectif qu'il puisse vivre chez eux en ayant le moins besoin possible des institutions
Effectivement nous ne sommes pas des taxis ni des déménageurs ni des peintres en batiments ni des animateurs de centre aéré ni des coursiers !!

Il me parait important de ne pas perdre cet objectif primordial dans notre profession , celle de les rendre le plus autonome possible
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Messagepar Czapska » 02 Mar 2019 10:59

Comment s'est terminé ton histoire de coursier spécialisé en clopes ?
N etait il pas possible que le patient aille accompagné ou non chercher une cartouche tous les 10jours ( s'il fume un paquet jour par exemple) en lien avec son curateur
Si vous evaluez que le patient est en capacité de faire un choix et dy aller... et qu'il refuse en jouant avec le potentiel clash finalement ce serait sa decision que de ne pas avoir de tabac ??!
Nous nous permettons de ne pas suivre tous les ordres que nous recevons quand ils sont en dehors de nos fonctions ou anti therapeutiques mais pour ça il faut une équipe soudée c'est vrai
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