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Messagepar molom » 14 Mar 2014 00:52

Lettre ouverte à mon futur métier


Bonjour futur métier, me voilà en fin de formation, et bientôt je ferai partie des « grands », les diplômés ou les « blouses blanches » comme on peut l’entendre dans certains services. J’ai l’impression que ta place dans l’organigramme médicale est la plus médiocre. Tu te fais guider, voire lyncher par les médecins, qui, cachés derrière leur immunité de bac +10 t’envoient au front face aux patients révoltés. Toi, en première ligne dès que le moindre petit souci fait son apparition dans le service. Ah quel dur métier …

Mais futur métier, dis-moi, qu’est ce qui est le plus difficile ? Etre un infirmier, un vrai, qui, malgré les inconvénients peut se défendre ?

Ou alors n’être qu’un pauvre étudiant, baladé de gauche à droite, envoyé au front afin de pouvoir couvrir le plus possible l’infirmier diplômé ? Tu sais, futur métier, l’étudiant, celui-là même qui prend de la place dans le service, celui-ci qui agace fortement les infirmier(e)s diplômé(e)s depuis plus de 20ans « ah la nouvelle réforme, vous ne savez rien faire en sortant, c’est pathétique ». Non seulement, ces « vieilles » infirmières sont la plupart du temps agressives et occultent le fait que nous sommes là pour apprendre. Ah, par contre pour faire les tâches ingrates, nous sommes les premiers sollicités, il faut se faire la main parait-il. On se pose la question de savoir si, un jour, elles se sont faites la main. J’imagine que répondre à une sonnette n’est pas la chose la plus difficile à faire, infirmier, aide-soignant, cadre, médecin ont un filtre anti sonnette. Cette tâche est certainement exclusivement réservée aux stagiaires. Sans oublier, l’interdiction de pratiquer certains soins où la responsabilité semble trop grande pour qu’elle repose sur les épaules d’un petit étudiant. Et l’obligation de pratiquer certains soins où l’ingratitude de ceux-là semble trop importante pour qu’un infirmier diplômé aille se salir les mains. Je pensais pourtant qu’on sortait tous égaux, on m’aurait donc menti futur métier ?

Comment pouvons-nous trouver notre place dans certains services quand les étudiants sont traités d’une façon tellement improbable qu’on se demande si, un jour, eux ont été étudiants. Difficile à dire. Oh, j’allais omettre, tu sais futur métier, quand nous ne sommes qu’étudiant pourquoi n’avons-nous pas les mêmes droits que les équipes, interdictions de se mélanger à elle lors des pauses ou repas (si peu que cela nous soit accordé …)

Certes, j’ai fréquenté des services tellement géniaux, que je me demande encore comment un fossé si énorme peut exister d’un service à l’autre. La chose la plus marquante est sans doute le fait que les « roses » devenus « blancs » ont plus l’âme d’être infirmier. Ce sont souvent eux les meilleurs infirmiers, et de loin. Ils ne rechignent jamais à mettre la main à la pâte pour aider les anciens collègues. Eux sont passés par là, peut être que certains n’ayant pas eu l’envie de surmonter cette étape devraient redescendre d’un cran, histoire de leur remettre un peu les pieds sur terre. Nous sommes tous égaux face aux situations les plus basiques. Je n’ai jamais aussi bien appris qu’avec des anciens roses.

Futur métier, dis-moi, est-ce vrai que nous soignons (soignerons) des numéros de chambre et des noms de pathologies et non des êtres humains ? La discussion, l’échange, l’information, la découverte sont difficiles à mettre en place quand on connait à peine le nom de la personne qu’on a face à nous ? Suivons nos transmissions, faisons vite et occultons le fait que nous soignons des personnes vivantes ! OH il ne faut surtout pas que chambre X soit embêtant, sinon ça sera la bataille pour savoir qui ira dans sa chambre lors de la prochaine sonnette. J’espère que tu as deviné qui sera envoyé, futur métier ? Bien sur l’étudiant.

D’ailleurs en parlant d’étudiant, tu sais souvent les patients savent reconnaître un étudiant d’un infirmier, la tendresse, l’écoute, l’échange, la prise de temps pour s’occuper de la personne est souvent la force d’un étudiant. Ça semble se perdre une fois le statut d’infirmier atteint. Alors ces patients sont très reconnaissants envers nous, notre seule fierté, rentrer chez nous le soir et avoir en tête le sourire, le regard ou le mot gentil glissé par ce patient, dont tout le monde refuse d’approcher sauf le stagiaire et qui au final en sort grandi.

Futur métier, promets-moi qu’un jour les mentalités changeront, j’imaginais rentrer dans un univers où l’altruisme était un mot important, finalement de nos jours l’égoïsme a pris le dessus.

Sache quand même que toutes ces expériences m’ont permis de me forger en tant que futur professionnel. Avec le nombre de comportements inacceptables que j’ai pu rencontrer lors de ces différents stages, je sais très bien quel genre d’infirmier je serai et surtout quel genre d’infirmier je ne serai pas !

Je te donne rendez-vous dans 4 mois,

A bientôt
molom
 
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Messagepar Anonyme222222 » 14 Mar 2014 07:10

molom a écrit : je sais très bien quel genre d’infirmier je serai et surtout quel genre d’infirmier je ne serai pas !

On ne peut que s'incliner devant tant de... les mots me manquent :lol: mais,

"La seule certitude, c'est que rien n'est certain " (Pline l'Ancien)
.
Anonyme222222
 

Messagepar myloma » 14 Mar 2014 10:11

bonjour molom :)

je te rassure, toutes les vieilles infirmières (que tu seras aussi) ne sont pas hostiles au changement, je parle en connaissance de cause
au contraire, je pense que nous avons à apprendre les uns des autres, cela s appelle "transmission de savoir et compétence"
la jeune apporte une nouvelle façon de faire, de réfléchir
l ancienne, son vécu, expérience et savoir qui a fait ses preuves
tout en étant ouvert à la nouveauté
le dinosaure qui t'écrit a toujours fonctionné ainsi :lol:

c'est vrai que souvent les toubibs nous laissent souvent aller au front vers les patients

quand cela est possible, je réponds au sonnette en bossant de jour, la nuit, c'est soit l'AS soit moi
encore ma philosophie, cela ne m a jamais posé problème de mettre un bassin sauf si mes mains sont gantées pour faire un soin, alors, gentiment je délègue, et jamais une aide soignante n a refusé de me remplacer pour mettre le bassin dans ce cas là

c'est quoi les "roses" dont tu parles, des anciens AS vêtus d'une blouse rose?

dans mon établissement nous avons soigné des patients, pas des numéros, je te rassure, c'est pas ainsi partout
à toi de faire changer cela en tant que professionnelle active :)

c'est vrai, en tant que pro, tu auras la frustration de ne pouvoir prendre autant de temps que lorsque tu étais étudiante, la prise en charge du service limitera les contacts, c'est une réalité
cependant, on peut rester humain même sur un temps très court

voilà ma longue expérience qui n'a pas détruit mon humanité, bien au contraire :D

sans rancune
dinosaurus infirmière :lol:
myloma
 

Messagepar Maudetcie » 03 Avr 2014 09:54

Il y a une chose à ne pas oublier aussi...et que TOI tu ne dois pas oublier...jamais...enfin autant que tu pourras...parce que nous sommes tous humains...aucun de nous n'est parfait...j'ai appris cela lors de mon dernier stage...le stage prépro...un endroit que je n'avais pas choisi...et cette équipe là m'a appris qu'être infirmier c'était aussi ne pas tout savoir, ne pas tout connaitre, savoir demander...oser passer des coups de fils à tout l'hopital pour avoir une info si il le faut...mais se remettre en question, ne pas penser que "çà y est, je suis infirmier, je sais!"...non...on ne sait pas tout, et en plus, on oublie une partie de ce qu'on sait...je suis diplômée depuis juillet 2013, c'est tout frais, et je me sens à peine infirmière encore...je sais qu'il y a encore plein de choses qui me manquent, que je cherche des infos (surtout administratives, je suis en psy, c'est tout un protocole pour chaque chose à demander, ou faire...)...mais non seulement j'aime mon métier, je suis heureuse de retrouver les patients, bien que des fois je me sens épuisée et à bout...(je précise que je suis en géronto psy, la frontière de plusieurs domaines...)...mes collègues ne sont pas toujours "tendres", je sais que je suis la dernière arrivée, et du coup je suis attendue au tournant...il faut que j'apprenne à me dédouaner de leur sacro saint accord...tant pis si je ne leur plais pas...je fais mon job...les étudiants me guettent et me suivent comme mon ombre...je sais trop bien comment la place de l'étudiant est ingrate!...
Tout çà pour te dire, que tu seras l'infirmier que tu voudras être...on va te demander de rentrer encore plus dans un moule, de rassurer tes collègues, les réconforter dans ce qu'ils sont...et adopter leurs façons de faire, leur rythme...pour pouvoir être adopté par l'équipe...çà veut dire que soit tu acceptes de laisser les patients parfois dans leurs changes souillés, les étudiants se dépatouiller seuls, de laisser des patients mal, tristes, perdus, en te disant que "çà va leur passer...il faut les laisser se calmer tout seuls"...ou bien tu ne fais pas de pause, tu ne prends pas de café ou pause clope (enfin pas plus d'une sur tout service), pour prendre un patient en entretien, remettre une protection propre et appliquer une crème pour éviter les escarres, faire des transmissions écrites complètes, ou encadrer des étudiants, leur laisser libre accès aux infos sur l'ordi et les dossiers des patients...
Je crois que c'est une question de choix, de personnalité...
Parfois c'est très difficile de se sentir seule..et parfois on bosse avec des gens qui ont les mêmes sens des priorités, et là c'est top!
:)
Bref...être zen et savoir qui on veut être!
Infirmière, promo 2010-2013...
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Messagepar loulic » 16 Avr 2014 10:34

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Messagepar Anonyme222222 » 16 Avr 2014 11:23

Voilà, c'est exactement ça... et c'est réchauffé encore et encore.
Anonyme222222
 

Messagepar augusta » 16 Avr 2014 12:01

Ce qui m'étonne surtout c'est la naiveté des propos. au regard du niveau de formation.
Cette naiveté est souvent présente en début de parcours (préparation du concours et début de formation....je l'avais d'ailleurs), mais en fin de 3ème année....ça m'étonne.

En tous les cas....quand on a travaille.....c'est plus cool parce qu'il n'y a plus ce statut pénible de l'ESI, ça n'empêche pas que beaucoup déchante.
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Messagepar loulic » 16 Avr 2014 13:39

Le sujet aurait pu être intéressant et les problèmes soulevés ne méritait pas cet abord dénué de tout sens critique et de la moindre pondération.

C'est en effet du réchauffé, vu cent fois sous cet angle crétin et victimaire. Et sur ce forum ça ne présage rien de bon pour la suite du parcours professionnel.

Des "victimes" qui se plaignent de tout et tout le monde, qui savent que elles, elles prendront soin des patients avec humanitude et compassion contrairement à toutes ces vieilles biques d'infirmières qui font rien qu'à lire des magazines, qui savent qu'elles ne seront pas maltraitantes avec les pauvres ESI, … Bref on en a vu combien exploser en vol sur ce forum ?

Déjà être aussi frontal à trois mois du diplôme, ça pue. Parce que dans trois mois, si tu finis ta formation, va falloir te frotter à la vraie vie, et tu comprendras ce que les IDE qui parcourent ce forum ont pu te dire. A savoir que sans être une sinécure, le statut d'ESI offre mine de rien une certaine protection, et qu'une fois IDE tu n'as plus ce filtre. Comble de l'infamie, tu devras répondre aux sonnettes et même au téléphone : quelle horreur !

Etre ESI, et plus généralement être en phase d'apprentissage dans n'importe quelle formation, c'est pas simple. Fatalement tu es confronté un jour ou l'autre à une équipe toxique, ou à des référent cons et/ou sadiques. Comme tu seras confronté à des collègues cons, fainéants, … quelque soit leur job (cadre, médecin, administratif, AS, …).

C'est pas simple non plus parce qu'il faut accepter qu'on ne sait pas tout, et qu'on doit apprendre des autres. Et qu'il faut parfois mettre son égo en sourdine et se sortir les doigts. Mais ça c'est pas à la portée de tout le monde.
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Messagepar Creol » 16 Avr 2014 16:20

molom a écrit :Je te donne rendez-vous dans 4 mois,

Bonne chance !

Et si possible trouvez vous un poste en réa (une vrai avec du vrai personnel) avec deux ou trois patients à charge ou en éducation thérapeutique (enfin pour les rares centres qui existent encore).

Evitez les postes en médecines, en chirurgie, le bloc et les urgences.
Evitez la rééducation, les labo
Evitez également la psychiatrie.
Evitez surtout les ehpad, les MAS, et tous ces trucs là.
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Messagepar Anonyme222222 » 16 Avr 2014 17:22

Creol a écrit :Evitez surtout les ehpad,

Une parenthèse...

Il Cavaliere (déchu depuis) va devoir exécuter une peine d'intérêt général en...Ehpad :lol: ( 4 heures continues 1 X par semaine je crois à la place de 1 an de prison vu son âge)
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Messagepar Creol » 16 Avr 2014 20:11

Les mamies vont être contentes lol
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Messagepar Creol » 16 Avr 2014 20:13

J'oubliais
Evitez le libéral, l'HAD, les Ssiad aussi.
Evitez le scolaire, contrairement à ce que l'on pense ils sont surchargés de travail (c'est peu dire !)
Evitez les spécialisations aussi

voilà :)

Bon courage.
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Messagepar loulic » 16 Avr 2014 21:08

moutarde a écrit :Il Cavaliere (déchu depuis) va devoir exécuter une peine d'intérêt général en...Ehpad :lol: ( 4 heures continues 1 X par semaine je crois à la place de 1 an de prison vu son âge)


Ca va relancer le marche de la prothèse de hanche dans le coin !
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Messagepar gadget » 19 Avr 2014 13:15

Molom, un Marronier ce que tu écris en journalisme on appelle ça un marronier.
Fais fi des réactions acerbes de certains, mais pense à deux choses:
que vas tu faire toi, nouveau professionnel face au principe de réalité et à tes obligations professionnelles?
Seras tu à même de recevoir les étudiant aussi bioen que tu le crois?

Mon expérience personnelle m'a appris deux choses: l'étudiant au même titre que le professionnel se doit de se remettre en question quand la relation dans un stage ne se passe pas bien.
le Principe de réalité c'est le monde sur les épaule d'Atlas, ce Rocher qu'il faut sans cesse remonter sur la colline de notre engagement professionnel sans jamais choir....


Mon XP pro m'a appris que rien n'est plus difficile que d'être soi même dans le milieu professionnel et que transmettre son métier est difficile, semé d'embuche et très peu valorisant quand celui à qui l'on transmet s'en fiche totalement. Bienvenu dans le monde du travail!
je ne suis pas blasé, j'aime toujours ce métier de relation, mais je suis réaliste, certains coté me sortent pas les yeux, je suis épuisé des tracasseries et lenteurs administratives, de la hierarchie surpenante, bref, j'aime, j'adore partager mon métier, le transmettre, mais ...
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Messagepar DomLouis » 20 Avr 2014 06:21

Il y a tant à dire sur le fond et la forme de ton post. Je ne suis pas là pour juger mais pour te donner mon avis et j'espère te filer un ou deux conseils.

Premier point concernant l'organigramme médicale, soyons clairs, tu n'en fais pas parti, infirmier est un métier para-médical, le fond de ton job est la gestion de ton unité, ton rôle propre et en parallèle ton rôle en collaboration avec le médecin et ça, apprend vite à faire la différence et notamment envers le patient, surtout quand celui-là est révolté.
Toutes plaintes doit être entendu car très souvent légitime. Sauf que la société actuelle a un problème, quand elle n'est pas contente, elle gueule, c'est bien, mais c'est souvent vers les mauvaises personnes et dans ce cadre, c'est vrai, on peut parfois servir de réceptacle à une colère, une frustration concernant un traitement/une prise en charge médical (ou autre), que tu trouves injustes quand tu ne peux RIEN y faire et qui devrait être tourner vers la personne à même de pouvoir agir (médecin ou autres).
Mais c'est plus facile de gueuler vers l'IDE , que sur un médecin, sauf que tu n'as pas à le couvrir, si un patient se sent léser par sa prise en charge médical, tu dois 1) entendre sa demande 2) l' orienté pour qu'il se plaigne vers son médecin et/ou transmettre la plainte à son médecin qui lui peut agir et non toi.
Tu ne fais pas parti du monde médical, tu collabores juste avec celui-ci.

Deuxième point concernant la nouvelle réforme, je suis d'accord elle a bon dos chez les IDEs et, faut aussi le dire, chez les ESI, mais de toute façon ça n'a pas d'importance vu que même sous l'ancienne réforme, on ne savait rien faire quand on arrivait en stage ou quand on était diplôme (je provoque un peu là, on sait faire des petits trucs quand même en sortant des études ).
La réalité c'est que tout nouveau diplômé a connu le stress du premier poste et se rend compte de la marche à franchir entre étudiant et professionnel. Tu vas être encore en apprentissage dans les prochains mois, mais dans la grande école cette fois.

J'en viens à un autre point, sache qu'en passant professionnel tu vas au minimum doubler ton secteur de patient en soin. Si t'as du bol, tu as connu un lieu de stage en projet pro qui ne préconise pas un nombre de patients pris en soin, surtout dans un service hospitalier, et là tu pourras commencer à gouter à prise en charge d'un service entier et non d'un nombre de personne ou de la moitié d'un service. Sinon pas de bol, le choc risque d'être violent.
Ce qui amène encore à un autre point. Comme je le disais précédemment le rôle d'un IDE c'est aussi la gestion de service. Tu viens de suivre une formation en IFSI où on a du te formater en mode Henderson/Roger, c'est pas trop mal mais souvent trop idéaliste, non approfondit dans son coté pratique (l'empathie est une notion, encore faut il savoir l'utiliser concrètement) du métier et surtout éloignée des réalités actuelles.
Prépare toi à faire cohabiter ces notions avec la T2A, la productivité, les amplitudes horaires etc... et tu vas voir la dépersonnalisation, l'oublie du nom, la désignation par le numéro, par la pathologie est vite arrivée...

Tertio, je ne dis pas que c'est bien, mais dans énormément de formation en alternance et notamment celle manuelle comme la notre, tu commences comme arpette en faisant les actes redondants, parfois chiants, faut bien le dire, comme le tour des constantes, répondre aux sonnettes, se farcir le téléphone faire trouze mille pansements d'ulcère.
Alors oui c'est un petit peu pour se faire la main, être au contact du patient comme tu le dis dans ton post, mais c'est clairement et pragmatiquement aussi pour alléger le boulot IDE et montrer que tu tiens la route en capacité de travail.
Généralement le temps que tu fais gagner aux IDE te permettra de te faire encadrer et sera source de respect/remerciement.
Par contre tu peux trouver ça chiant, illégitime, mais ce ne sont pas des "tâches ingrates". Des taches de base peut être, mais pas ingrates.
A mon avis, beaucoup de chose sont ingrates dans ce taf , exemples en vrac : la contention (et tout soin qui amène à une privation de liberté) est ingrate, l'embolie administrative (autre que les transmissions) est ingrate, le manque de temps est ingrat etc, etc...
Je pense que tu reverra ton vocabulaire quand tu auras affaire à ces points et l'"ingratitude" des sonnettes de paraîtra bien éloignée face aux très nombreuses situations auxquels tu n'as pas été confrontés de façon intensive en tant qu'étudiant.

Enfin un tout petit dernier point, prends compte des remarques des posts précédents même si tu les trouves abruptes.

A bientôt.
IDE en admission [Psy]
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DomLouis
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