Lison Bégué fait partie de la dizaine d’Infirmiers en Pratique Avancée (IPA) à travailler en radiothérapie en France. « En tant qu’IPA, nous avons toutes le même objectif : veiller à la qualité du parcours de soins, tout en permettant de libérer du temps médical, a-t-elle d’emblée annoncé lors des JNIPA. Les patientes arrivent en radiothérapie avec derrière elles un lourd parcours d'oncologie, qui inclut notamment chirurgie et chimiothérapie. Nous sommes souvent la dernière porte à laquelle elles toquent, même si des traitements d'entretien peuvent également avoir lieu dans le cadre de la phase de surveillance active, mais ce n'est pas tout à fait la même chose. La radiothérapie représente souvent une sorte de charnière entre la phase de traitements actifs et l’après-cancer - et les IPA y ont donc un rôle très intéressant. »
L’ère de l’hypofractionnement
Lorsque les patientes arrivent en radiothérapie, trois grands moments se dessinent. Tout d’abord, la consultation d'annonce avec le médecin et l’infirmière, soit un temps d’accompagnement. Ensuite, une phase de préparation avec le scanner de dosimétrie. C’est le moment où les physiciens et les radiothérapeutes travaillent sur les images afin d’établir une dosimétrie et un plan de traitement. Pour finir, les patientes viennent quotidiennement, du lundi au vendredi, réaliser les séances.
« Les choses ont beaucoup changé, souligne Lison Bégué. Nous sommes dans l'ère de l'hypofractionnement (une technique qui consiste à délivrer une dose de rayons plus élevée par séance, de façon à réduire le nombre total de séances et la durée globale du traitement par rapport au fractionnement classique, ndlr) Lorsque je suis arrivée sur ce poste il y a trois ans - à part à Gustave Roussy, qui pratiquait l'hypofractionnement depuis un moment déjà -, ici, en pratique courante, nous n’en étions pas encore à programmer 15 séances de radiothérapie échelonnées sur trois semaines. En matière de toxicité, mon travail a énormément évolué entre le moment où je suis arrivée et ce que nous faisons aujourd’hui. »
De façon réglementaire, les patientes qui font de la radiothérapie, sont vues une fois par semaine par un médecin en consultation clinique. « Aujourd’hui, je remplace, de façon alternée, le médecin sur ces consultations. » Cela n'existait pas quand Lison Bégué est arrivée dans le service. Mais avec l’hypofractionnement, ces consultations ne tombent pas nécessairement au bon moment. « Les patientes étaient, pour certaines, livrées à elles-mêmes, seules chez elles. On leur indiquait simplement de rappeler en cas de besoin. » En réduisant le fractionnement, la toxicité cutanée de la radiothérapie s’est, en effet, complètement décalée. Elle survient rarement au moment où les patientes sont à l’hôpital.
Après la radiothérapie, les patientes expriment souvent une impression de vide. « Comme la fin des séances signe aussi souvent la fin du traitement actif, elles passent de tout à rien. Elles nous disent souvent 'adorer' la radiothérapie parce que l’équipe d’accueil et de manipulateurs est très sympathique, mais surtout, tout d'un coup, il n'y a plus rien. » Raison pour laquelle, le service de Lison Bégué a mis en place de la télésurveillance et des téléconsultations pour refaire le point à sept jours.
Dans mon service, quatre infirmières d’annonce réalisent un travail extraordinaire. Elles proposent des temps d'accompagnement dédiés
Dans ce service, l'infirmière de pratique avancée a plusieurs atouts. L’IPA se positionne là où il y a des besoins, en fonction de qui est déjà là, sur place. « Dans mon service, quatre infirmières d’annonce réalisent un travail extraordinaire. Elles proposent des temps d'accompagnement dédiés. Les patientes reviennent aussi pour le scanner dosimétrique quelques jours après la consultation d’annonce, ce qui laisse la possibilité de prévoir un temps de reformulation par l’IPA. Comme les infirmières se chargent de l’évaluation initiale en soins de support, ma valeur ajoutée réside plutôt dans les orientations que je peux proposer à l’occasion des consultations hebdomadaires, la réévaluation au cours du parcours, et dans la gestion des toxicités. »
Après-cancer
En ce qui concerne cette étape du parcours, il a été décidé de positionner l’IPA auprès des patientes qui ne sont pas suivies par un oncologue. « On oublie, mais la majorité des patientes suivies pour un cancer du sein ne voient pas systématiquement d'oncologue parce qu'elles n’ont eu ni chimiothérapie, ni chirurgie. Elles auront pourtant à suivre un traitement d'hormonothérapie pendant cinq ans. Or, on le sait : les toxicités de l’hormonothérapie ont un gros impact sur la qualité de vie. L’adhésion au traitement et l'accompagnement n’étaient pas optimaux, malgré la consultation alternée tous les 6 mois entre les gynécologues et les radiothérapeutes.
Je remplace aujourd’hui le radiothérapeute en proposant une consultation après-cancer plus longue, permettant à la fois de surveiller le risque de récidive, d’accompagner la patiente dans la gestion de ses symptômes, mais aussi de porter attention à la prévention en santé (sevrage du tabac, alcool, alimentation, activité physique, santé mentale, etc.). Nous pouvons ainsi parler de décision partagée, avec la patiente et le binôme médecin-IPA : et la collaboration est très fluide. »
ÉQUIPES MOBILES
CHRU de Nancy : des IPA urgences apportent leur expérience en préhospitalier
IADE
IADE : une formation sur 24 mois
SAPEURS POMPIERS
Les infirmiers de sapeurs-pompiers et le jugement clinique
SAPEURS POMPIERS
Moments forts du congrès 2012 des infirmiers de sapeurs-pompiers