«La totalité des personnels du bloc opératoire est en grève, infirmiers de bloc opératoire (IBODE), infirmiers (IDE), infirmiers anesthésistes (IADE), aides-soignants (AS), agents de service hospitalier (ASH), tout le monde. Les seuls qui n'étaient pas aujourd'hui à la manifestation étaient assignés et devaient travailler pour maintenir l'activité des blocs», assure Manon Breteau, IBODE au CH, et membre du Collectif Inter-Blocs (CIB).
La fronde remonte en réalité à plusieurs mois en arrière au Centre Hospitalier de Martigues, dans les Bouches-du-Rhône : « Ce mouvement de grève ne date pas d'aujourd'hui, puisqu'on avait déjà commencé cet été, en juillet, suite à des mesures que la direction a sorti du chapeau pendant les vacances, et qui viennent dégrader nos droits et nos conditions de travail », explique Manon Breteau. Les négociations «n'ont mené à rien».
Les mesures qui fâchent
Au coeur de la discorde, plusieurs mesures ont été prises par la direction de l'hôpital, qui précarisent les personnels :
La fin des heures supplémentaires pour les temps partiels :
« Les IBODE qui travaillent la nuit, les dimanches et les jours fériés, étaient jusque-là payés en heures supplémentaires, donc majorées. Avec la suppression de ces astreintes en heures supplémentaire pour les temps partiels, ils vont désormais être payés en heures complémentaires, soit sans majoration. Cela représente une grosse perte de salaire sur les astreintes », se désole Manon Breteau, qui cite sa situation personnelle (elle est à 80% pour pouvoir s'occuper de ses enfants alors que son conjoint travaille beaucoup également), et celle de plusieurs de ses collègues : «chez nous, les temps partiels ce sont majoritairement des femmes seules qui sont des mères célibataires pour la plupart, ou alors, l'une de nos collègues a trois enfants dont un en situation de handicap, elle est également mère célibataire donc pour ces femmes, ça va être très compliqué».
La fin de la double rémunération sans compensation financière :
« On nous supprime la double rémunération, ce qui est légal. Si nous ne pouvons pas de fait nous opposer à cette mesure, nous demandons une compensation financière. Aujourd'hui notre sentiment est celui d'un recule sur des acquis que nous avions. »
La suppression de 20 minutes de pause méridienne par jour :
« Pour les ASH (agents des services hospitaliers) qui s'occupent du bionettoyage des salles entre chaque intervention, ce temps leur sera supprimé. Or, 20 minutes supprimées par jour, sur un temps plein, cela correspond d'après nos syndicats à 9 jours de RTT en moins sur l'année. »
La suppression de la garde de 24 heures pour les IADE (anesthésistes) :
«Même chose, cette mesure est légale et nous ne pouvons nous y opposer, mais cela fait vingt ans que nous fonctionnions ainsi, dans un contexte de pénurie de personnel, et cette mesure vient bouleverser l'organisation des plannings et grignote là encore sur les revenus, tout cela sans le consentement du personnel. Si on adopte cette nouvelle organisation, ça veut dire qu'il faut une équipe de nuit, qu'il faut passer les filles en 12h...»
Pas de perte financière
«On est favorables à une mise en conformité avec la réglementation», confie Manon Breteau, c'est à dire qu'on est ok pour respecter la loi, mais nous voulons travailler de la même façon au même tarif». Concrètement, les professionnels exigent «une compensation financière».
«Changer les modalité, il n'y a aucun problème, mais on veut juste qu'il n'y ait pas de perte sur nos bulletins de salaire», résume-t-elle.
Pour l'heure, la direction de l'établissement n'a pas encore donné suite à nos sollicitations.
