Le gouvernement entend poursuivre ses efforts pour former davantage de professionnels de santé. Après plusieurs années de réformes des études de santé, l'exécutif annonce de nouveaux objectifs pour 2027, avec une attention particulière portée aux infirmiers en pratique avancée (IPA).
Dans son communiqué du 14 octobre, consacré à la démographie des professionnels de santé, le gouvernement affiche sa volonté de doubler le nombre d'IPA formés dès l'année prochaine. Une mesure présentée comme un levier pour renforcer les équipes de soins et améliorer l'accès aux soins sur le territoire.
Cette annonce intervient dans un contexte d'augmentation des capacités de formation, notamment depuis la suppression du numerus clausus et la réforme de l'accès aux études de santé engagée en 2019.
Deux mesures pour faciliter l'accès à la pratique avancée
Pour atteindre son objectif, le gouvernement souhaite agir sur les conditions d'accès à la formation d'IPA. Première mesure annoncée : la suppression de la durée minimale d'exercice professionnel préalable à l'entrée en pratique avancée.
L'exécutif entend ainsi lever l'un des freins identifiés à la formation de nouveaux professionnels. En supprimant cette condition d'ancienneté, il souhaite faciliter l'accès des infirmiers à la pratique avancée et accélérer leur parcours de formation.
Deuxième évolution envisagée : l'ouverture effective de la validation des acquis de l'expérience (VAE) pour les IPA. Cette voie d'accès doit également contribuer à augmenter le nombre de professionnels formés, en permettant de faire reconnaître les compétences acquises au cours de l'expérience professionnelle. Ces deux mesures constituent les principaux leviers présentés par le gouvernement pour atteindre son objectif dès 2027.
Une hausse des effectifs dans l'ensemble des filières de santé
L'annonce concernant les IPA s'inscrit dans une dynamique plus large d'augmentation du nombre de professionnels de santé formés. Depuis 2017, plusieurs réformes ont été engagées pour accroître les capacités d'accueil des formations et favoriser leur implantation dans les territoires, notamment ceux confrontés à des difficultés d'accès aux soins.
Selon le gouvernement, les objectifs nationaux pluriannuels fixés pour la période 2021-2025 ont été dépassés dans l'ensemble des filières de médecine, maïeutique, odontologie et pharmacie.
Chaque année, plus de 10 300 étudiants sont désormais admis en médecine, contre 3 400 en pharmacie, 1 400 en odontologie et plus de 1 000 en maïeutique. Cette progression se retrouve également dans les effectifs de l'internat. En 2026, 10 260 postes ont été ouverts, soit 1 341 supplémentaires par rapport à l'année précédente.
Plusieurs spécialités enregistrent une augmentation du nombre de postes pourvus. C'est notamment le cas de la psychiatrie, avec 627 postes, soit 152 de plus qu'en 2025 (+32 %). La médecine d'urgence compte 545 postes pourvus (+19,8 %), tandis que la pédiatrie atteint 468 postes (+20,3 %).
La médecine générale connaît également une progression importante, avec 4 070 postes ouverts en 2026, soit 477 supplémentaires en un an. Sur l'ensemble de ces postes, 4 068 ont été pourvus.
Au total, le nombre de postes d'internat a augmenté de 24 % depuis 2017, avec 1 979 postes supplémentaires répartis dans l'ensemble des régions.
Renforcer l'accès aux soins dans les territoires
Au-delà de l'augmentation des effectifs formés, le gouvernement souhaite également favoriser leur répartition sur le territoire.
Dès le 1er novembre 2026, plus de 3 000 docteurs juniors de médecine générale doivent ainsi entamer leur dernière année de formation. Parmi eux, 80 % exerceront dans des territoires caractérisés par des difficultés d'accès aux soins.
Organisée autour de deux stages de six mois sur un même lieu d'exercice, cette année de formation doit se dérouler principalement en ambulatoire, sous la supervision d'un praticien agréé maître de stage des universités. Une seconde vague d'environ 500 internes est attendue en mai 2027.
Pour Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l'Autonomie et des Personnes handicapées, l'objectif est de poursuivre l'augmentation des effectifs tout en accompagnant leur installation dans les territoires :
Notre cap est clair : former davantage, former mieux et former au plus près des besoins des Français.
Le gouvernement prévoit par ailleurs 52 millions d'euros dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027 pour les contrats d'engagement de service public, soit 13 millions d'euros supplémentaires par rapport à 2026.
Concernant les IPA, l'objectif de doublement des effectifs formés s'inscrit donc dans cette volonté de renforcer les ressources humaines en santé. Reste à connaître les modalités concrètes de déploiement des mesures annoncées.
Un bilan des réformes des formations en santé engagées depuis 2017 doit être présenté par le gouvernement en novembre prochain.
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