Deux ans après les Assises de la santé de l’enfant, le Gouvernement fait le point sur la mise en œuvre des engagements pris à la suite de la crise de la bronchiolite de l’hiver 2022. Cette épidémie, particulièrement marquante, avait mis en évidence les difficultés rencontrées par le système de santé pour répondre aux besoins des enfants et conduit au lancement d’une réflexion nationale associant professionnels, collectivités, associations et représentants des familles.
Selon le ministère de la Santé, plusieurs mesures annoncées à l’issue des Assises sont désormais déployées ou en cours de généralisation. Elles concernent notamment la prévention, l’accès aux soins, la santé mentale et la prise en charge des enfants les plus vulnérables.
La prévention renforcée dès la naissance
Le premier volet porte sur les actions de prévention conduites dès les premiers mois de vie. La campagne de protection contre le virus respiratoire syncytial (VRS), responsable de la bronchiolite, a notamment permis d’éviter près de 5 800 hospitalisations de nourrissons au cours de la saison 2023-2024, selon les données présentées par le ministère. Dans le même temps, la vaccination des femmes enceintes contre ce virus a progressé de 44 % par rapport à la saison précédente.
16 pathologies sont désormais recherchées à la naissance
Le dépistage néonatal continue également de s’étendre. Après l’intégration de trois nouvelles maladies en 2025, seize pathologies sont désormais recherchées à la naissance. Deux autres, la biotinidase et la galactosémie, doivent rejoindre ce programme à partir de 2027.
Les pouvoirs publics annoncent par ailleurs la poursuite des travaux consacrés à la santé périnatale. Une mission nationale a été chargée d’évaluer la situation face à la dégradation observée de plusieurs indicateurs. Ses conclusions doivent déboucher sur un plan d’action d’ici la fin de l’année.
Une offre de soins pédiatriques en développement
L’amélioration de l’accès aux soins figurait parmi les principaux objectifs des Assises. Les capacités de formation ont été renforcées au cours des dernières années. Entre 2017 et 2025, le nombre de postes ouverts à l’internat de pédiatrie a augmenté de 22 %. Les postes proposés en chirurgie pédiatrique ont progressé d’un tiers sur la même période.
À l’hôpital, 27 millions d’euros supplémentaires ont été consacrés aux urgences pédiatriques
Selon le ministère, ces évolutions s’accompagnent d’une hausse du nombre de praticiens en activité. Le nombre de pédiatres exerçant en France a ainsi progressé de 14%.
À l’hôpital, 27 millions d’euros supplémentaires ont été consacrés aux urgences pédiatriques. Cette enveloppe finance notamment de nouveaux dispositifs tarifaires destinés à mieux prendre en compte les spécificités des prises en charge réalisées chez les nourrissons et les enfants.
Le développement de l’hospitalisation à domicile pédiatrique se poursuit également afin de permettre à davantage de patients d’être soignés dans leur environnement familial lorsque leur état de santé le permet.
La santé mentale demeure un enjeu majeur
Les difficultés psychologiques rencontrées par les enfants et les adolescents restent au centre des préoccupations des pouvoirs publics.
Les données présentées par le ministère indiquent que plus de 16 % des élèves scolarisés en école élémentaire sont confrontés à des situations de harcèlement. Elles montrent également qu’un lycéen sur cinq présente un risque important de dépression. Face à ces constats, le renforcement des dispositifs de psychiatrie périnatale, de psychiatrie de l’enfant et de psychiatrie de l’adolescent se poursuit dans l’ensemble des régions.
Les agences régionales de santé continueront à soutenir les projets destinés à améliorer le repérage précoce des troubles, les actions de prévention et l’accès aux soins spécialisés.
Les enfants vulnérables au cœur des nouvelles mesures
Les enfants confiés à la protection de l’enfance ainsi que les mineurs victimes de violences font l’objet de mesures spécifiques.
Le Gouvernement prévoit le déploiement du parcours coordonné renforcé «Enfance protégée». Ce dispositif vise à assurer un suivi médical régulier et à faciliter l’accès aux soins spécialisés, notamment dans le domaine de la santé mentale. Les appels à projets destinés à sélectionner les structures chargées de sa mise en œuvre doivent être lancés à la fin du mois de juin pour une généralisation prévue en 2027.
30 millions d’euros sont consacrés à ces structures spécialisées dans l’accompagnement des enfants victimes de violences
Le réseau des unités d’accueil pédiatrique enfants en danger (UAPED) continue également de se développer. Près de 30 millions d’euros sont consacrés à ces structures spécialisées dans l’accompagnement médical, psychologique et judiciaire des enfants victimes de violences.
À travers ces différentes mesures, le ministère entend poursuivre la dynamique engagée lors des Assises de la santé de l’enfant afin de renforcer la prévention, l’accès aux soins et la protection des mineurs sur l’ensemble du territoire.
Source : communiqué de presse du ministère de la Santé.
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