AU COEUR DU METIER

Vu de l'intérieur - Rencontre avec une infirmière devenue équithérapeute

Cet article fait partie du dossier:

Compétences infirmières

    Précédent Suivant

Sophie Peignier a été infirmière en psychiatrie avant de se former à l'équithérapie auprès de la Société Française d'Equithérapie, en 2010. Elle travaille aujourd’hui au sein de l'association « Le Pied à l'Etrier » à Boran-sur-Oise, en région Hauts-de-France, où elle prend en charge des enfants qui souffrent de problèmes autistiques ou cognitifs. Nous sommes allés à sa rencontre.

A Boran-sur-Oise, en région Hauts-de-France, si l’on suit le « chemin de la plage », on tombe sur le Centre Equestre où exerce Sophie Peignier, une infirmière devenue, il y a sept ans, équithérapeute. Le jour de notre tournage, elle recevait des enfants arrivés dans le « dispositif Itep » (Institut Thérapeutique Educatif et Pédagogique) en général parce qu’ils présentent des troubles du comportement, de l'hyperactivité... décelés en milieu scolaire. Le principe de son métier consiste ainsi à réaliser des soins « médiatisés » par le cheval pour aider ces enfants à retrouver de la concentration, du bien-être, de l’apaisement…

Si vous ne parvenez pas à voir notre vidéo, cliquez ici

Je suis passionnée des chevaux depuis toute petite, confie, sans surprise, Sophie Peignier. Au tout début de sa carrière de soignante, elle s’aperçoit qu’elle est assez vite attirée par les soins relationnels et commence à travailler en cancérologie, en soins palliatifs. Pourtant, elle ressent l’envie d'approfondir ce que lui apportent les chevaux. Après avoir quitté les soins généraux pour la psychiatrie-adolescents, elle décide de se former à l'équithérapie, avant de rejoindre « Le pied à l’étrier » Créée en juin 2006 cette association propose de mettre à cheval ou de faire découvrir cet animal à toute personne, quel que soit son handicap.

En tant qu'infirmère en psychiatrie, je suis plutôt dans le soin psychique, mais on peut aussi être équithérapeute avec un axe plus rééducatif. 

Le public que l’équithérapie peut intéresser est très large. Sophie, elle, prend surtout en charge des enfants qui présentent des troubles autistiques, des troubles du comportement, des troubles d'ordre psychiques, mentaux, cognitifs. Quand les petits patients arrivent, elle fait immédiatement le point sur ce qui les attend, sur les activités du jour mais aussi sur les petits aléas : Odney, je préfère te prévenir, je n’ai pas ton cheval habituel, j’ai dû t’en attribuer un autre. Silence… On s’aperçoit que ces changements dans les habitudes peuvent parfois troubler les enfants plus qu’on ne l’imagine. C’est le cas du garçon, qui mettra plusieurs minutes à dépasser et, à force de dialogue avec Sophie Peignier, finira par accepter de s’occuper d’un autre animal. 

Le métier d'infirmière, c'est ma base par rapport à mon positionnement thérapeutique. Je n'enseigne pas l'équitation, même si j'adapte ma pédagogie au public que j'accueille, mais j'ai une relation de soignant-soigné.

Le cheval, un puissant médiateur

En tant qu'infirmière, les médiations thérapeutiques, on les utilise surtout en psychiatrie, souligne Sophie Peignier. L'intérêt est de trouver, dans le cadre d'une activité, un point de rencontre entre le patient et le soignant, c'est à dire d'avoir un tiers qui nous permet de nous rencontrer, précise-t-elle. Or le cheval a de nombreux atouts. Il est intéressant d’abord parce qu'il est vivant, puisqu'il va amener sa part de réactions, tout en obligeant le cavalier à s'affirmer. Autre point intéressant : l'animal est aussi « sans jugement. Il n'a pas d'attente particulière vis à vis de la personne, si ce n'est qu'on le laisse dans le confort. Une neutralité qui favorise d'autant plus l'émergence du désir, l'apaisement...

Quelques minutes de relaxation pour terminer la séance. Les enfants, allongés sur leurs chevaux respectifs, ferment les yeux et se laissent aller. Si le lâcher-prise est visiblement plus difficile pour certains, à voir leurs visages plus détendus, plus souriants, les résultats de sont indéniables. 

Comment devient-on équithérapeute ?

La formation est ouverte aux professionnels de la santé, médicaux, paramédicaux et médico-sociaux de niveau Bac +2 minimum. Chaque candidat doit pouvoir justifier d’un niveau équestre minimum galop 5. Le galop 6 et le PSC1 seront également demandés pour la délivrance du diplôme en fin de formation.

La Société Française d’Equithérapie dispense une formation professionnelle de 600 heures réparties en 460 heures de formation présentielle et 140 heures de stage et sur une ou deux années, validée par la délivrance du diplôme d’équithérapeute et du diplôme de compétence en préparation et travail du cheval d’équithérapie. La formation peut s’effectuer soit sur un an, soit également sur deux. La formation se réalise en 600 heures, réparties en 460 heures de formation présentielle et 140 heures de stage.

Toutes les infos sur Société Française d’Equithérapie. D’autres réseaux existent : la Fédération Nationale des Thérapies Avec le cheval, la Fédération Nationale Handicheval ou encore l'IFEq (institut de formation en équithérapie).

J'ai une problématique, quelle réponse je peux trouver pour y répondre et comment j'évalue mes actions ? Cette démarche thérapeutique, je l'ai acquise en tant qu'infirmière

Une série vidéo au cœur des pratiques infirmières !

Vu de l’intérieur... , voici le nom d’une toute jeune série signée Infirmiers.com. La rédaction vous propose des rendez-vous réguliers avec, à chaque fois, une immersion dans un secteur du soin particulier, au plus près des infirmiers. Ce programme s’inscrit dans la suite logique de notre ligne éditoriale qui tient à valoriser le métier d’infirmier sous toutes ses facettes. Si vous souhaitez faire découvrir votre pratique, n’hésitez pas à contacter la rédaction pour un reportage.

Creative Commons License

Journaliste susie.bourquin@infirmiers.com @SusieBourquin

Retour au sommaire du dossier Compétences infirmières

trouvez votre poste en quelques clics

Publicité

Commentaires (0)