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L’hypnose, une science exacte ?

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Médecin

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Depuis des siècles voilà que l’on nous parle d’hypnose, de transe, d’envoutement, de pratique sectaire, et maintenant de street-hypnose, de nano hypnose, d’hypnose quantique, et encore d’autres appellations fantaisistes autant multiples qu’absconses. Mas où en est-on donc ? L’hypnose est-elle un art, un outil, un état, un mode de fonctionnement, un apprentissage, un soin ?

hypnose patient

Il va de soi que pour soigner avec l’hypnose il est indispensable d’avoir comme prérequis une solide formation en santé.

L’évolution actuelle de la médecine incite les patients à se tourner vers des thérapies complémentaires, loin de ces médicaments sophistiqués et onéreux dont les apports thérapeutiques s’accompagnent souvent d’effets indésirables qui pénalisent la qualité de vie.

L’hypnose est une science exacte, si tant est qu’elle soit en de bonnes mains, et utilisée selon des règles précises. Les progrès des neurosciences, la compréhension du fonctionnement du cerveau et de ses réseaux neuronaux ont permis de comprendre que l’hypnose intervenait au sein de processus comportementaux, émotionnels et cognitifs. Cela permet ainsi de laisser à ces réseaux, s’ils ont subi des « avaries » de la vie, le loisir de se réparer, se nettoyer, se reconnecter, se purger, se remettre en fonction, en mouvement.

L’hypnose est donc du point de vue scientifique et médical, un outil thérapeutique puissant s’il est utilisé à bon escient.

L’hypnose agit au niveau d’éléments constitutifs du « réseau du mode par défaut », ce réseau de l’inconscient ou se rejoignent le cortex frontal, les aires cingulaires, l’amygdale, l’hippocampe, et où sont traités les agrégats traumatiques qui induisent des pathologies psycho-comportementales : phobies, angoisses, douleurs chroniques. L’hypnose agit sur le métabolisme de l’inflammation dans les syndromes de sensibilisation centrale, en modifiant la sécrétion des cytokines pro-inflammatoires, de la sérotonine, de la dopamine en particulier.

L’hypnose est donc du point de vue scientifique et médical, un outil thérapeutique puissant s’il est utilisé à bon escient. C’est ainsi que l’on peut apprendre à se l’approprier en se formant auprès d’organismes professionnels qui transmettent des apprentissages scientifiques et des principes éthiques sérieux. Il ne s’agit plus maintenant de « mettre en transe » un sujet sans savoir quelle est l’anamnèse de la pathologie que l’on veut traiter, ni l’objectif que l’on veut atteindre. On soigne avec l’hypnose ce que l’on sait faire sans hypnose dans son domaine de compétence. Et il va de soi que pour soigner avec l’hypnose il est indispensable d’avoir comme prérequis une formation en santé : médecin, sage-femme, infirmière, puéricultrice, aide-soignante, psychologue, kinésithérapeute, dentiste sont les professions les plus concernées par cet apprentissage. Chacun utilisera l’hypnose dans son domaine de compétence, en abordant le problème à traiter par son canal professionnel.

Les diplômes universitaires en hypnose se mettent en place doucement, une douzaine en métropole actuellement. Cette valence universitaire doit être un gage de qualité et se développer encore plus.

Les formations de qualité existent, donnant une formation solide à une pratique de base. Il est ensuite de la responsabilité de chacun d’améliorer sa formation dans le champ de son exercice professionnel : pédiatrie, cancer, douleur chronique, addiction… Les instituts professionnels se définissent par la qualification et l’expérience des enseignants, la solidité du programme, les modalités de la formation : théorie, mises en situation, vidéos, supervisions. Ils ne sont pas si nombreux à répondre à ces critères, mais il n’y a pas en France d’organisme propre à évaluer cette excellence nécessaire.

Les diplômes universitaires en hypnose se mettent en place doucement, une douzaine en métropole actuellement ; cette valence universitaire doit être un gage de qualité et se développer encore plus. A terme cela pourra conduire à une vraie reconnaissance de l’hypnose au sein des thérapies complémentaires, à tirer vers le haut le niveau de la discipline, à développer la recherche qui manque cruellement dans notre pays.

Cette exigence de qualité fait écho aux récent propos de ME Faymonville qui prévient : J’invite les patients à être très prudents quand ils veulent rencontrer un hypnothérapeute et de demander quelle est sa formation de base ; ainsi qu’à ceux de C Virot, actuel président de la société internationale d’hypnose : la santé est un bien précieux et qu’il ne faut la confier qu’à des professionnels de haut niveau de compétence.

Jean-Pierre ALIBEUDocteur en médecine, anesthésiste-réanimateurCentre hospitalier universitaire de Grenoblewww.chu-grenoble.fr   Titulaire de la Capacité d'évaluation et traitement de la douleur, du DU d'éducation thérapeutique des patients, Coordonnateur du DU d'hypnose médicale et thérapeutique et du DIU de prise en charge de la douleur de l'UJF

Journée francophone de l'hypnose

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Journée Francophone de l'hypnose

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