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Prévention autour de la sexualité : de futurs aides-soignants nous racontent

Comment faire progresser l’éducation à la sexualité chez les 15-18 ans ? Comment ouvrir le débat et être au plus près des préoccupations de cet âge ? C’est en partant d’un débat que des élèves aides-soignants ont lancé un projet d’éducation à la sexualité destiné aux 15-18 ans au sein d’un lycée professionnel. Très satisfaits du bilan de leur travail, ils nous ont raconté leur action ; une action encouragée et étayée par leurs formateurs.

étudiants travail groupe

74,4% des élèves touchés par cette information autour de la sexualité estiment être ressortis de l’expérience avec des connaissances nouvelles, selon les futurs AS. 

A l'IFAS "Les 3 Vallées" de Thonon-les-Bains, en Haute-Savoie, la promotion 2018-2020 des élèves aides-soignants s’est intéressée de près à la question de l’éducation à la sexualité chez les jeunes et a élaboré un projet au sein de l’établissement dans le cadre du cours de santé publique général du module 1. Nous sommes partis du constat que l'accès à l'information dans notre environnement géographique était difficile et avons donc souhaité l'étendre au plus grand nombreracontent Léa Ferrat et Tiffanie Blanchot, toutes deux élèves. Nous avons donc fait des recherches de données pour appuyer ce projet, défendu celui-ci auprès du directeur d’établissement qui nous a donné son accord pour intervenir dans les classes

Les futurs aides-soignants ont d’abord réfléchi à un cours sur la sexualité, les moyens de contraception et les IST, avant de passer dans les classes. L’intervention, fruit de ce travail collégial, a eu lieu en mars dernier auprès d’une soixantaine d’élèves de classes de CAP et première SAPAT.

La totalité du projet a représenté 16 heures 30 de cours, avec un vif succès auprès des étudiants, ravis d'être au coeur même d'une action ayant un but concret et immédiat.

Nous avons également réalisé un support d’affiches à placarder sur les murs du lycée pour attirer l’attention des élèves sur notre intervention et aussi créé un système de boîte à questions à déposer dans les classes. Ensuite, les élèves ont installé des boîtes de préservatifs mises à disposition des lycéens dans un endroit respectant l’anonymat et fait passer un questionnaire pour évaluer leur action. Le constat ? Très positif puisque 78,7 % des élèves ayant répondu au questionnaire souhaitent une personne ressource (infirmière) au sein du lycée ; 74,4% des élèves estiment être ressortis de l’expérience avec des connaissances nouvelles. Enfin, la mise à disposition de préservatifs a également été jugée utile puisque 59.5 % des élèves sont allés en chercher un.

Le public et les intervenants étant presque du même âge, la gêne n’était pas de mise et certains tabous ont ainsi pu être levés sous l’œil attentif des formatrices

"La gêne n’était pas de mise"

L’IFAS "Les 3 Vallées" est une école d’aides-soignants au sein d’un lycée professionnel. La formation y est dispensée en deux ans. Ainsi, il est accordé plus de temps aux élèves pour travailler sur des projets pédagogiques se félicite Flavie Peribois, formatrice au sein de l’IFAS. L’intervention a eu lieu par petits groupes et sous forme d’échanges, les étudiants ont pu apporter des réponses aux questions soulevées par les 56 élèves, de manière orientée et pertinente. Le public et les intervenants étant presque du même âge, la gêne n’était pas de mise et certains tabous ont ainsi pu être levés sous l’œil attentif des formatrices, en retrait mais toujours prêtes à intervenir en soutien auprès des élèves aides-soignants.
La totalité du projet a représenté 16 heures 30 de cours, avec un vif succès auprès des étudiants, ravis d’être au cœur même d’une action comportant un but concret et immédiat. Le sentiment d’être investis d’un message à porter leur a donné des ailes et a permis une valorisation de leur statut d’étudiant. Le but évident étant aussi que chaque individu peut être porteur à son échelle d’un message de santé publique, souligne la professionnelle.

Nous avons pu apporter des informations et des connaissances nouvelles dans le cadre de ce projet de santé publique apprécié de tous.

Journaliste susie.bourquin@infirmiers.com @SusieBourquin

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