TRIBUNE

Les cadres, malheureusement absents du plan pour la santé des soignants

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Publié le 29/05/2026

Un nouveau plan pour la santé des soignants vient d’être publié par le ministère. L’action du cadre de santé, pourtant pierre angulaire de l’amélioration des conditions d’exercice des professionnels hospitaliers, y est malheureusement totalement absente.

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La notion de "santé des professionnels de santé" réapparait dans le domaine public régulièrement, à l’approche de grandes échéances électorales. Il est donc bien normal qu’elle refasse surface actuellement, au travers du «Plan pour la santé des professionnels de santé» publié le 22 mai 2026 par le ministère, et qui fait suite au rapport ministériel sur la santé des professionnels de santé publié en 2023 et qui n’a pas servi à grand-chose.

Un nouveau plan incomplet

Ce nouveau plan, qui sera piloté par Philipe Denormandie et Nicolas Delmas, dit s’appuyer sur les initiatives de terrain déjà conduites, identifier les mesures immédiatement mobilisables, et articuler son action avec celles qui concernent notamment les violences, les addictions, la santé mentale ou la parentalité. Il comporte des actions à mener dans différents domaines qui devraient avoir un impact inégal sur la santé des soignants, certaines résonnant comme des effets d’annonce plutôt que comme des mesures concrètes.

Les cadres de santé ont un rôle primordial à jouer dans la prévention et l'amélioration de la santé des soignants.

Pour outiller et accompagner les professionnels et les étudiants, tout d’abord, ce plan souhaite mettre en place un portail commun d’informations et d’un numéro unique d’appel et inscrire un module «être acteur de sa propre santé» dans les formations initiales et continues, ce qui semble pertinent. De la même façon, le projet de faciliter le déploiement d’actions de prévention et de santé publique à destination des soignants, en créant notamment un label national «3S» (pour Santé et Soins des Soignants) pour inciter les établissements à s’emparer du sujet et valoriser ceux qui s’engagent, a du sens. Et dans ce contexte, les cadres de santé ont un rôle primordial à jouer.

Des mesures à impact très faible sur le ressenti des professionnels de santé

Car en effet, la prévention de ce type de problèmes leur incombe au quotidien. Et ce n’est pas la mise en place de «minutes prévention» dans l’ensemble des établissements, ou de temps courts de partage collectifs et participatifs préconisés par ce nouveau plan qui vont améliorer la situation. Ce travail doit être fait par les managers auprès de leurs équipes et il ne doit pas attendre qu’un plan le leur suggère.

A ce titre, la mise en place d’une incitation au dialogue autour du Document Unique d’Evaluation des Risques Professionnels (DUERP) et du Programme Annuel de Prévention des Risques Professionnels et d’Amélioration des Conditions de Travail (PAPRIPACT), ou le renforcement des compétences des Infirmiers santé au travail qui y sont préconisés n’auront qu’un impact minime.

Le cadre de santé, pierre angulaire de l’amélioration des conditions d’exercice des soignants

Citons enfin les mesures qui n’auront aucun effet, puisqu’elles ont, peu ou prou, déjà été proposées par le passé et qu’elles n’ont pas été suivies d’actions concrètes. Le lancement d’un appel à projets sur les recherches sur la santé des professionnels en santé, l’identification d’un réseau de référents chez les étudiants, l’inscription de la santé des soignants dans la durée comme une priorité institutionnelle ou l’organisation d’un bilan périodique sur l’état de santé des professionnels de santé par la DREES sont de celles-là.

Au-delà de toutes les contraintes auxquelles ils font face,  les soignants doivent pouvoir compter sur les compétences de leurs cadres pour maintenir un état de santé opérationnel.

Au-delà de toutes les contraintes auxquelles doivent faire face les soignants, notamment ceux qui exercent à l’hôpital, les cadences de travail trop intenses, les outils de travail défectueux ou obsolètes, les relations interpersonnelles tendues, la perte de sens, la santé mentale fragile, ils doivent pouvoir compter sur les compétences de leur cadre de santé pour maintenir un état de santé opérationnel. Et si ces aptitudes et savoir-faire ne sont pas innés chez certains d’entre eux, ils doivent pouvoir disposer de sessions formation continue ad hoc. Mais cela est totalement ignoré dans ce nouveau plan…


Source : infirmiers.com