ÉVÉNEMENT

Quand le cadre donne du sens au travail de ses équipes

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Publié le 11/06/2026

Il n’y a pas de qualité de vie au travail sans qualité du travail. Tel a été le discours du Pr Detchessahar lors du Congrès des cadres organisé à Nîmes récemment sur le thème du sens au travail. Il a conseillé notamment de ne pas négliger la régulation pour assoir sa posture de porteur de sens.

Congrès cadres GHT Gard

A l’occasion du 2ème Congrès des cadres de santé du GHT Cévennes – Camargue – Gard, organisé à Nîmes le 4 juin 2026, le Pr Mathieu Detchessahar était invité à traiter le sens au travail. Cette notion est, à en croire nombre de salariés interrogés sur le sujet, en perte de vitesse ces dernières années.

Pas de qualité de vie au travail sans qualité du travail

Mais le sens du travail se manage-t-il ? Que faisons-nous, en tant que managers de santé, pour inverser cette tendance ? C’était tout l’enjeu de cette présentation émanant d’un spécialiste de la question qui mène des recherches sur la transformation du travail et se rend fréquemment sur le terrain pour observer, mais également intervenir afin de modifier les organisations et les postures des agents. «On ne comprend jamais mieux les situations que quand on souhaite les transformer», a déclaré en préambule le Pr Detchessahar.

Le sentiment d’inutilité du salarié, l’un des paramètres essentiels de la perte de sens.

Son discours s’est dans un premier temps engagé dans le champ de la Qualité de Vie au Travail (QVT), une composante majeure, selon lui, du sens du travail. Il a mis en avant le sentiment d’inutilité du salarié comme l’un des paramètres essentiels de la perte de sens. S’il a le sentiment de faire du travail utile, de rendre une production de qualité, alors sa fonction a du sens, même si elle est fatigante, voire stressante. «Il n’y a pas de QVT sans qualité du travail, a ajouté l’orateur. Cela peut même représenter une ressource pour la vie privée.» Le manager doit donc se soucier de la capacité de chacun à faire du bon travail et réunir les conditions pour que cela soit effectif.

Miser sur la régulation pour assoir sa posture de porteur de sens

Mais ce n’est pas tout. Une organisation a besoin de règles, de procédures, de cadrages pour, d’une part, affecter les bons acteurs, au bon endroit, au bon moment, et, d’autre part, pour assurer une traçabilité des activités du collectif. Le manager de santé évolue au quotidien dans cet univers formel sensé le sécuriser et apporter la preuve de la complétude d’un travail de qualité rendu par son équipe. Mais il ne doit pas s’en contenter. Car le quotidien est fait de surprises, d’impondérables, d’événements soudains qu’il faut gérer afin de ne pas déstabiliser l’organisation.

Vient le temps pour lui de la régulation. «Imaginez arriver dans votre service un lundi matin où tout a été organisé à l’avance pour que chacun réalise ses missions en temps et en heure, propose le Pr Detchessahar. En quelques minutes, vous êtes informé de la décompensation d’un patient, de l’arrivée de deux patients provenant des urgences et qui ne sont pas stabilisés et de la panne d’un relève-malade! Vous devez alors ouvrir un espace de régulation» Il est alors temps de sortir de son bureau et de prendre la direction des opérations de remise à niveau. Pour reprendre l’anglicisme énoncé par l’orateur, après avoir diffusé le sense giving, il faut assurer le sense making.

Il conclut en mettant en garde contre la difficulté de mise en pratique de cette régulation. Une action chronophage, dangereuse car comportant une part d’improvisation, mais qui permet au manager d’assoir sa posture de porteur de sens du travail de son équipe.


Source : infirmiers.com