La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) a récemment publié les données sur la démographie des professionnels de santé au 1er janvier 2026.
Des bases de données disparates et peu précises selon la profession concernée
Depuis 2025, la principale source de données permettant de connaître la démographie des professionnels de santé est le répertoire partagé des professionnels de santé (RPPS), qui répertorie les professionnels exerçant des métiers à Ordres. C’est ainsi que, depuis 2012, les dentistes, les médecins, les pharmaciens et les sages-femmes sont enregistrés par leur Ordre au RPPS. Et c’est la raison pour laquelle ce travail sur la démographie des professions de Santé concerne principalement ces métiers. Les kinésithérapeutes ont basculé au répertoire RPPS en 2017, les pédicures-podologues en 2018 et les infirmiers en 2022.
Le fichier ADELI, mis en place en 1981 pour répondre à l’obligation d’enregistrement des diplômes des professionnels de santé par les services de l’État conformément au code de la santé publique, sert de base de données des autres professions de Santé (audioprothésistes, diététiciens, épithésistes, ergothérapeutes, manipulateurs ERM, opticiens-lunetiers, orthophonistes, orthoptistes, professionnels de l'appareillage, psychologues, psychomotriciens, techniciens de laboratoire), mais il est peu fiable. C’est la raison pour laquelle ils ont basculé au RPPS en 2024.
Des effectifs médicaux en forte hausse depuis quinze ans
La DREES a donc enregistré quelque 5 000 médecins de plus qu’en 2024, les médecins généralistes étant 101 000 (en progression de 1%), et les spécialistes sont au nombre de 141 200, (en progression de 2,9 %), ce qui est significatif. Ces résultats ne sont toutefois par suffisants au regard des besoins enregistrés avec la montée des maladies chroniques et du vieillissement de la population, malgré une hausse de 23% cumulée depuis 2012. L’augmentation du nombre de médecins diplômés à l’étranger et la très forte hausse du nombre de places de formation entre 2000 et 2020 ont tout de même permis cette croissance.
Parallèlement aux médecins, les effectifs de kinésithérapeutes, pharmaciens, chirurgiens-dentistes, sage-femmes et pédicures-podologues continuent d’augmenter. Ce sont les dentistes et les sage-femmes qui sont les plus dynamiques, avec, depuis 2012, une progression de 20,3% des premiers et de 35,2% des seconds. D’autre part, le nombre de kinésithérapeutes augmente de 3,1% par an en moyenne depuis 2017, cette profession connaissant une double dynamique de rajeunissement et de féminisation.
Des effectifs paramédicaux difficilement évaluables précisément
C’est la profession de pharmacien qui présente des résultats originaux, puisqu’après une progression, elle a diminué de 2016 à 2023 et progresse depuis pour atteindre, au 1er janvier 2026, son plus haut niveau avec 75 300 professionnels en activité, principalement féminins et salariés.
Pour déterminer les effectifs infirmiers, la DREES a mené des travaux spécifiques à partir de la base tous salariés (BTS, dont l’année la plus récente utilisée pour ces travaux est 2023) et du système national des données de santé (SNDS), les données RPPS étant jugées peu précises. Ils sont quelque 508 800 infirmiers salariés au 31 décembre 2023 (+1,6 % en un an) et 98 900 d’entre eux ont exercé une activité libérale au cours de l’année 2023.
Les autres professions utilisent encore les données ADELI pour recenser leurs effectifs, tous en progression. C’est ainsi que, de 2020 à 2024, les diététiciens ont augmenté de 30% tandis que les manipulateur d'électroradiologie médicale (MERM) ont progressé de 3,6%. Mais nous attendons les résultats des inscriptions au RPPS de ces professions pour avoir une idée plus claire de ces populations. Pour rappel, la majorité des professionnels ayant quitté leur activité pour prendre leur retraite, par exemple, sont toujours répertoriés dans le répertoire ADELI.
Pour en savoir plus :
• Accédez à l'enquête DREES sur la démographie des professions de Santé ICI.