Au sein du ministère de la Justice, la PJJ accompagne et protège les mineurs et jeunes majeurs faisant l’objet d’une décision de justice, lorsqu’ils sont en danger ou lorsqu’ils ont commis une infraction ou un délit.
La plupart de ces jeunes présentent des parcours marqués par la précarité, les ruptures familiales, les violences, les conduites addictives ou encore le renoncement aux soins. Or, la santé constitue un préalable essentiel à tout projet de réinsertion. Prendre en charge une souffrance psychique, traiter une addiction ou réapprendre à prendre soin de soi, c’est lever des freins invisibles qui entravent l’engagement et la projection dans l’avenir.
Soumia, infirmière à la PJJ depuis 2023, vous dit en quelques lignes ce qui fait qu’elle exerce un métier pas comme les autres.
« J’ai 31 ans et j’ai obtenu mon diplôme d’infirmière en 2022. Ce qui m’a poussée à rejoindre la protection judiciaire de la jeunesse, c’est le sens profond de la mission : le fait de se sentir utile, auprès de jeunes en situation de vulnérabilité, avec l’envie d’avoir un impact positif sur leur parcours de vie et leur parcours de soins, souvent marqués par des fragilités. Je travaille en journée et j’ai une vraie liberté d’organisation. J’adapte mes horaires selon les besoins et il m’arrive d’intervenir en soirée, car le lien et l’approche peuvent être différents auprès des jeunes.
Le travail à la PJJ est très pluridisciplinaire : éducateurs, psychologues, adjoints techniques, maîtresse de maison… Cette diversité est extrêmement enrichissante. Et un vrai plus, c’est que la PJJ propose de nombreuses formations qui permettent de monter en compétences, de se sentir plus à l’aise dans son poste et de découvrir de nouvelles pratiques.
Être infirmière à la PJJ, c’est occuper un poste hybride, entre le social et la santé. Les journées ne se ressemblent jamais : coordination des soins, bilan de santé initial, ateliers de santé publique… Parfois même des entretiens en marchant, si le jeune préfère. Le champ des possibles est large et c’est très enrichissant. »
Les UJPE : placer la santé au cœur de l’accompagnement
Les UJPE intègrent pleinement la dimension sanitaire dans la prise en charge éducative. Au sein de ces foyers, les infirmiers(ères) travaillent en étroite collaboration avec les équipes pluridisciplinaires pour inscrire la santé dans un accompagnement global.
Soixante postes sont créés afin que chaque unité dispose d’un professionnel dédié. Leur rôle : repérer précocement les troubles somatiques, psychiques et les conduites addictives, et faciliter l’accès aux soins, notamment en lien avec les médecins généralistes et les pédopsychiatres. Un levier essentiel pour agir sur les facteurs de récidive.
Infirmier(ère) UJPE, un travail en équipe pour intégrer la santé dans la prise en charge globale des jeunes accueillis.
Dès l’arrivée du mineur, l’infirmier(ère) réalise un bilan de santé global afin d’identifier ses besoins et de l’orienter vers les structures adaptées. Il ou elle organise et coordonne le parcours de soins personnalisé, en lien étroit avec les familles et les partenaires du territoire.
Son action s’inscrit également dans une démarche de prévention : repérage des conduites à risque, animation d’ateliers d’éducation à la santé (hygiène de vie, sommeil, alimentation, vie affective et sexuelle). L’infirmier(ère) joue enfin un rôle de soutien auprès des équipes éducatives, notamment dans la gestion des situations de crise et des urgences médicales.
À la croisée du soin, de l’éducatif et du social, les infirmiers(ères) des UJPE occupent ainsi une place stratégique : celle de permettre aux jeunes de se reconstruire, en réinvestissant leur santé comme un levier d’avenir.

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