EN BREF

Reçu par Olivier Véran, le SNIA espère obtenir "une reconnaissance statutaire" des IADE

Le Syndicat des Infirmier(e)s-Anesthésistes (SNIA) a été reçu ce mardi 4 mai par le ministre des Solidarités et de la Santé. Nous étions en contact rapproché avec le cabinet d’Olivier Véran depuis plusieurs semaines, relate Christophe Paysant, le président de l’organisation, qui indique que plusieurs sujets ont pu être abordés au cours de la discussion. Et en premier lieu, celui de la reconnaissance du statut particulier de l’exercice professionnel des IADE, que ces derniers appellent de leurs vœux. La question est d’autant plus brûlante que la profession s’est vu refuser la reconnaissance de son exercice en pratique avancée dans le cadre de la loi visant à améliorer le système de santé par la confiance et la simplification, dite loi Rist. Une occasion manquée, pour Christophe Paysant, qui déplore aussi bien que le texte législatif ne distingue pas les différentes pratiques professionnelles autres que celle de la pratique avancée que la levée de boucliers du corps médical autour de la création d’une profession médicale intermédiaire. Il était nécessaire d’avoir une discussion en direct avec le ministre sur cette question du statut, afin que nous puissions exposer notre vision de la pratique avancée, de la façon dont elle se définit sur le plan international, et pour sortir de la vision restreinte telle qu’elle a été créée par l’ancienne ministre Marisol Touraine, confie-t-il, ajoutant toutefois : on ne veut pas devenir IPA, on veut garder nos spécificités, mais on veut obtenir cette reconnaissance statutaire. Reste le rapport de l’IGAS, demandé par le gouvernement et attendu pour l’été, qui doit se pencher, entre autres, sur la pratique avancée et qui pourrait, espère le SNIA, ouvrir la porte à la reconnaissance statutaire des IADE. Si Olivier Véran s’est montré investi et à l’écoute sur le sujet, le syndicat se dit toutefois très inquiet en raison du calendrier, car nous nous rapprochons d’échéances électorales, qui ont pour conséquence de repousser les prises de décision au lendemain.

Autre sujet de discussion : les revalorisations des grilles post-Ségur qui, pour la profession, ne correspondent ni à son niveau d’étude ni à son niveau d’autonomie. Il y a une vraie avancée pour les professions en-dessous de la licence et jusqu’à la licence. Mais le niveau bac +5 est complètement écrasé contre un plafond de verre, celui des cadres, qui auraient dû  bénéficier d’une grille à part, explique Christophe Paysant. Lequel rappelle que, au sein de la profession infirmière, seules deux spécialités disposent actuellement du grade de Master : les IPA et les IADE. Toutes les professions bac +5 devraient bénéficier d’un Indice de rémunération (IM) de 821. C’est le cas dans la fonction publique ; pourquoi n’est-ce pas le cas dans la fonction publique hospitalière ?. Mais sur ce sujet, nous avons senti les grilles extrêmement figées, soupire Christophe Paysant. En revanche, le SNIA espère une avancée sur les conditions des étudiants infirmiers anesthésistes, payés au plus bas alors qu’ils sont mobilisés en renfort dans les services de réanimation, sur-sollicités en cette période de crise sanitaire. Le sujet nous tient à cœur, car les étudiants représentent l’avenir de la profession. Et s’il n’y a pas d’avenir, il n’y a pas de profession.

L’avenir proche, le SNIA l’envisage par le prisme d’un travail concerté avec le reste de la filière anesthésie pour définir un projet commun qui ait du sens et qui puisse venir nourrir la réflexion de l’IGAS. Nous allons également continuer de travailler avec les parlementaires pour leur expliquer vers quoi nous voulons aller, indique Christophe Paysant. Et nous accompagnerons bien évidemment les mouvements de mobilisation, s’ils ont lieu, dans les prochains jours. Et de rappeler que si le SNIA représente un interlocuteur privilégié du gouvernement, il a surtout pour vocation de se faire l’écho d’une profession en ébullition. C’est aussi l'une des raisons pour lesquelles nous avons demandé cette audience : pour transmettre au ministre cette pression de la profession, qui en a assez d’être ballotée dans tous les sens, conclut-il.

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