Au terme d’un procès inédit de 4 jours, au vu de la personnalité du prévenu - un ex-élu UMP -, le nombre de victimes, et le caractère sériel des faits, le parquet de Quimper a requis, le 4 décembre 2025, la peine maximale pour le «serial-piqueur» Nicolas Gonidec. Le prévenu a reconnu la quasi-totalité des faits qui lui sont reprochés, à savoir des injections et prises de sang illégales pratiquées sur une quarantaine de femmes entre 2015 et 2021. Certains gestes ont été suivis d’agressions sexuelles. Le Quimpérois comparaît ainsi pour quatre infractions, des agressions sexuelles sur sept parties civiles, de nombreuses prises de sang illégales, l'usage et l'usurpation de la fonction d’infirmier ainsi que des rémunérations liées à des actes médicaux non autorisés.
Une peine maximale requise
Pour le procureur, Jean-Luc Lennon, la véracité des faits est établie «Il n’avait pas le droit de pratiquer le moindre acte de santé. Il reconnaît les faits. Les preuves sont là» et les risques de récidive «sont évidents», rapporte France 3 Bretagne. Il a donc demandé une peine de 5 ans de prison, avec mandat de dépôt immédiat, un suivi socio-judiciaire de 10 ans, assorti d’une injonction de soins, et jusqu’à 3 ans de prison supplémentaires en cas de manquement aux obligations. À cela, s’ajoute une interdiction de séjour dans le Finistère et trois ans d’inéligibilité pour l’ex-élu UMP.
Ces femmes n’avaient aucune raison de se méfier. Il était connu et apprécié dans le milieu culturel breton.
Des faits qui remontent jusqu’à 2001
Selon l’enquête, les faits remontent à de nombreuses années. En effet, Nicolas Gonidec avait fait l’objet d'un premier rappel à la loi en 2001. Selon le Procureur, les faits reprochés ne relèvent pas d’un dérapage isolé mais d’un système minutieusement construit. Nicolas Gonidec aurait acquis du matériel paramédical complet et sa réputation publique dans le milieu culturel breton aurait contribué à lever la méfiance des victimes. «Ces femmes n’avaient aucune raison de se méfier. Il était connu et apprécié dans le milieu culturel breton» argumente Jean-Luc Lennon, selon France 3.
Un mobile sexuel avant tout
Pour le procureur, «le mobile sexuel» semble être explicite, à l’origine de la majorité de ces délits. Le faux infirmier admet d'ailleurs continuer des prélèvements sanguins dans un cadre privé cette fois, «dans son intimité, sur sa compagne», avoue-t-il au cours du procès. Pour le procureur, cette simple phrase démontre la dangerosité de l’individu. Pour l’avocat de Nicolas Gonidec, Maitre Yann Le Roux, son client souffrirait plutôt d’addictions aux prises de sang, suite à un bilan sanguin traumatisant dans l’enfance qui, selon l’accusé, aurait déclenché cette obsession. Accusé qui l’est encore dans une nouvelle affaire à Lorient pour des faits similaires. L’avocat n’oublie pas de rappeler pour autant la présomption d’innocence de son client. Selon lui, l’incarcération l'empêcherait d’accéder au suivi psychologique dont il a besoin.
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