Pour la Fédération Nationale des Infirmiers (FNI) ces évolutions traduisent une reconnaissance attendue des compétences, de l’autonomie et des responsabilités assumées par les infirmiers, notamment dans le cadre de l’exercice libéral.
De gros progrès règlementaires
En quelques mois seulement, le cadre d’exercice infirmier a profondément évolué, rappelle le syndicat. L’élargissement du champ de compétences, avec notamment le renforcement des droits de prescription et de consultation, la consolidation du rôle d’infirmier référent et la reconnaissance accrue de leur place dans les parcours de soins, constituent des avancées importantes. Ces mesures viennent acter une réalité déjà bien ancrée sur le terrain. Il s’agit «d’acquis qui ne sont ni théoriques ni accessoires», mais bien le reflet des missions réellement exercées par les infirmiers au quotidien, souligne la FNI.
Ces progrès réglementaires forment aujourd’hui un socle solide pour les discussions conventionnelles en cours. Ils posent un cadre clair et incontestable que les négociations ne peuvent ignorer. Car si la profession a gagné en reconnaissance institutionnelle, cette reconnaissance doit désormais se traduire dans les conventions qui régissent l’exercice libéral.
Des attentes fortes mais justifiées
L’enjeu de 2026 est sans aucun doute de faire concrétiser les avancées réglementaires de 2025, afin de garantir «un exercice infirmier libéral enfin sécurisé, attractif et perçu à sa juste valeur», insiste le syndicat.
Les négociations avec l’Assurance maladie concentrent en effet aujourd’hui toutes les attentes des infirmiers libéraux. Elles doivent permettre d’intégrer pleinement les nouvelles missions confiées à ces derniers, en créant de nouvelles cotations et en adaptant celles existantes, à la hauteur de la complexité croissante des prises en charge. «La reconnaissance de leur savoir-faire et les nouvelles attributions qui leur sont dévolues ne peuvent être dissociées de leur valorisation financière», estime la FNI, rappelant que les actes infirmiers n’ont connu que très peu d’évolutions tarifaires malgré l’augmentation des charges, de l’inflation et des exigences organisationnelles.
Au-delà des montants, c’est une vision plus globale de l’exercice infirmier libéral qui se joue dans ces discussions. La prise en compte du temps invisible, de la coordination, de l’éducation thérapeutique et du suivi des patients chroniques ou encore, des situations complexes, doit trouver une traduction conventionnelle claire. Les infirmiers libéraux constituent un maillon essentiel du système de santé, à la fois en termes de proximité, de qualité des soins et de maîtrise des coûts.
Dans ce contexte, la FNI entend poursuivre son engagement «avec exigence et détermination» et appelle l’Assurance maladie à mesurer pleinement l’ampleur des transformations engagées et à y répondre par des engagements financiers cohérents.
IDEL
Infirmiers libéraux et familles : des relations complexes à gérer
LÉGISLATIVES
Un infirmier libéral dénonce le « harponnage de procuration »
SYNDICAT
Réingénierie du métier infirmier : la première mouture du référentiel est sur la table
PROTESTATION
Colère des IDEL : la Fédération nationale des infirmiers lance "un avertissement au gouvernement"