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Messagepar Nobody87 » 12 Jan 2019 16:09

Bonjour.
Dipômé depuis maintenant 4 ans j'exerce en service psychatrique.
Je suis passé par beaucoup de service et j'ai commence à me faire pas mal d'expérience et j'ai à coeur de devenir un professionnel de qualité.
Je suis très très loin d'être parfait mais à ce jour je n'ai aucun problème comportemental que cela soit avec les patients, ma cadre de santé où mes collégues.
(J'avais posté un truc l'année derniére en rapport avec une cadre qui demandait de faire des choses peu légales, mais aujourd'hui je ne l'ai plus et ca va mieux !)

Je vous expose ma situation à ce jour qui me met dans une grande difficulté et qui aux vu des conséquence peut avoir un impact sur ma carriére...

Présentation brêve de la structure:

Donc actuellement je travaille en psychiatrie en pavillon fermé (HDT, SDRE).
Nous avons 20 patients dont 2 chambres d'isolements.
L'effectif est de 3 soignants par poste avec l"interdiction" (consenssus) de rester seul pour assurer un minima sécurité.
En l'absence de cadre et le weekend nous sommes gérés par une structure interne à l'hôpital appelée BSI (Bureau de Soin Infirmier). Il s'agit d'un bureau avec à sa tête un infirmier qui coordonnece qui se passe sur l'hôpital. I fait office de "chef" en l'absence de cadre. Pour résumer ils gérent les urgences, informent des entrées, mutation etc...
Donc quand le BSI nous demande quelque chose, hiérarchiquement en l'absence de notre cadre nous devons obéir.
En systéme de sécurité nous disposons de systéme PTI (Protection Travailleur Isolé). Systéme que nous pouvons déclencher en cas d'urgence, et fais appel à tout le personnel de l'hôpital.

La procédure de PEC d'isolement:
Pendant des années, le protocole de prise en charge des isolements autorisaient les soignants à faire appel à des agents de sécurité quant à la prise en charge des patients.
A savoir que l'infirmier pouvait demander un agent de sécurité pour la PEC des repas. Il fallait faire une obervation horraire du patient (par l'occulus) que nous tracions dans le dossier informatisé.

La procédure d'isolement version 2019:

Cependant, arrive la certification et moulte nouvelles procédures et protocoles ont fleuris du jour au lendemain !
Avec la nouvelle année un protocole nouveau a été établi, et, dorénavant c'est le BSI qui jugera de nous octroyer ou non un agent de sécurité pour la prise en charge des isolements. En fonction de la clinique que nous donnons par téléphone, le BSI juge de l'utilité de la sécurité ou non...
Par ex: J'ai besoin d'un agent de sécurité pour Mr X, il frappe à la porte, montre du poing, est délirant, menace de nous casser la gueule.
Le BSI peut dire "oui je vous envoie un agent" ou refuser.
L'objectif de la direction est de remettre les agents de sécurité à leur place, c'est à dire à la barriére à l'entrée de l'hôpital et dans la sécurité incendie.
(Bien que pendant 20 ans les agents ont été formés à la pec des patients agités...).
Pour pallier au manque d'implication des agents, le BSI peut ordonner à un infirmier d'aller en renfort dans un service en difficulté (qu'il y ai un déclenchement de PTI ou non).
A notre grand desespoir les nouveaux protocoles d'isolements sont tout bonnement irréalisables.
-1 surveillance horraire non antidatable (toute les heures etre sur l'ordi ?!)
-obligation de 2 soignants en isolement, donc le 3eme seul dans le service
-temps moyen d'isolement = 30 min (pour 2 isolements, 1 heure dans laquelle 2 soignants sont monopolisés)
-Obligation d'enmener le patient fumer dehors escorté (bonjour la galére avec les autres patients + devoir refaire la checklist de sécurité puisque on sort un patient de chambre).

Bref....c'est juste infaisable en l'état. Faut tenir compte aussi que en théorie on doit pouvoir gerer avec ca les entretiens médicuaux, le téléphone, le bureau, les permissions, les crises....
Je crois que nous ne sommes pas le premier hôpital à dire qu'on ne peut pas appliquer un protocole comme ca...mais bon la direction a fait cela pour faire jolie à la certification...on a pas le choix.

La situation au matin de nöel :
Donc mon histoire se passe le matin de noël.
Comme traditionnellement en psychiatrie ces périodes sont difficiles pour nos patients qui décompensent (tristesse, angoisse, exitation etc...).
Donc le matin de noêl nous sommes trois collégues.
IDE 1:
IDE 2
AS
Dés 8h du matin, appel du BSI à mon collégue, puis à moi.
"Je vous donne l'ordre d'aller aider chez les adolescents, pour aider vos collegues (femme) à surveiller le petit déjeuner d'un patient.".
L'argument du BSI est que il faut que ce soit nous, nous sommes les 2 seuls hommes présents sur l'hôpital en dehors de la sécurité qu'il ne déclenchera pas.
Mon collégue refuse, moi également.
Voici pourquoi nous refusons:
-Isolement n°1, patient ayant passé à l'acte sur un soignant 72h avant, verbalisation délirante, non accessible,accuse les soignants d'être en isolement par leur faute
-Isolement n°2: Jeune adolescente, tentative d'auto et hetero-agression.
-1 PTI (sur les 2 dispo) qui ne fonctionnait pas (à ce jour toujours pas réparé)
-1 entrée dans la nuit, en chambre normale, entrée pour tentative d'IMV.
-1 Patient psychotique agressif verbalement et menacant physiquement dans l'unité car sa famille ne venait pas le chercher pour sa permission de noêl. Il menace de tout peter si il ne sort pas.
-Cela fait trois jours d'affilé que les isolements sont pris en charge avec un décalage des repas abusifs car nous sommes sollicités (PTI et BSI) sans arrêt et nous devons obligatoirement être 3pour gérer un isolement.
Quand j''entends abusif je veux dire que le petit déjeuner leur ai servi à 10h au lieu de 8, le repas de 12h est servi à 14h...
Je considére que le repas est un soin important, que ce n'est pas un chenil ou l'on donne à manger à des animaux quand cela nous chante. De plus en psychiatrie comment aider le patient à se ré-ancrer dans la réalité quand les repas sont donnés n'importe quand ?!
Que cela arrive une fois est un accident, que cela se produise depuis plusieurs jours devient un fonctionnement qu'il faut arrêter.
-Des soins qui doivent être réalisés avant les départs en permission du matin (NAP). Or si nous intervenons ailleur, ces soins ne pourront pas être réalisés.

Au vu de ces 7 éléments, nous refusons de nous détacher car la situation est déjà trop risqué dans l'unité et la continuité et la sécurité ne sont plus assuré.
En tant que professionnel responsable je me positionne et refuse l'ordre donné.
Le BSI insiste et en me disant "Nan mais tu y vas, tu ne fais pas leur travail des IDE de la-bas, tu te mets dans un coin, tu les regardes faire, y'en a pas pour long".
Je suis alors un peu choqué et demande quelle est la pertinence de la chose de devoir intervenir pour faire grosso modo la plante verte ailleurs alors que dans mon unité il y a énormément de facteurs de risque en jeux ? si la situation chez mes collégues est trop tendue, elles utiliseront le PTI et nous interviendrons. En loccurence ce qui se passe dans mon pavillon est plus urgent qu'aller "regarder" mes collégues donner un petit déjeuner.
Devant mon refus, le BSI tente de m'intimider en m'informant qu'il va transmettre à la direction que j'ai refusé l'ordre donné. J'explique encore une fois que vu les circonstances ce n'est pas possible, la situation est trop dangereuse chez nous.
Le BSI enchaine "Tu sais, j'ai été a la réunion de cadre sup, c'est un fonctionnement officiel approuvé, les IDE doivent intervenir, tu n'a pas le droit de contester".
J'exprime que je comprends son positionnement mais qu'il faut un instant réfléchir aux priorité, si mon pavillon était "calme" j'aurai été, mais que la en loccurence au vu des nombreux éléments je ne peux pas obéir à cet ordre.

N'entendant rien, j'abat ma derniére carte.
Je fais la proposition suivant au BSI:
"Puisque c'est un fonctionnement officiel, approuvé et validé. Je te demande moi en tant qu'infirmier professionnel de santé de m'envoyer immédiatement un email officiel. Je lui demande de mettre dedans "Moi Mr X du BSI ordonne à Mr IDE d'intervenir chez les adolescents, j'ai bien entendu que son intervention chez les adolescents mettent en péril la sécurité de ses patients."
Il me refuse cet email "je n'ai pas le droit de faire cela, je ne le ferai pas".

Nous concluons la conversation de manière cordiale.

A ce jour...je suis convoqué chez le DRH au motif que j'aurai refusé un ordre du supérieur hiérarchique...
Ma cadre m'a défendue mais en vain. Selon le DRH mon refus d'aller aider serait une non assistance à personne en danger voir abandon de poste...
(je rappel qu'il s'agissait d'un ordre donné au téléphone, on m'a refusé un écrit et que le motif d'intervention ne me paraissait franchement pas urgent ni vital)
Il va surement m'argumenter que j'ai un "DEVOIR D'OBEISSANCE".
De mon coté et dans mes valeurs , j'obéis à ma hiérarchie dans la mesure où cela ne met pas en danger mes patients ou mes collègues.
La concrétement je ne comprends pas ce qu'il leur fallait de plus.

Alors je suis assez hilare de la situation parce que ca devient tellement n'importe quoi l'hôpital en france que j'ai vraiment l'impression que c'est moi le malade mental...

Pour ma défense que je prépare, j'ai trouvé énormémement de chose dans le code de déontologie. Mais je voudrais savoir si quelqu'un à d'autres pistes ?
Pensez-vous que au vu de la situation, SI l'un de nous avait obéit, nous aurions pu déclencher un droit d'alerte ?
La CGT sera avec moi à l'entretien pour me défendre.
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Messagepar execho » 12 Jan 2019 23:12

il faut le faire intello:expliquez ce que sont des injonctions paradoxales,quand ils seront endormis,sortez de la salle.
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Messagepar lafolldingue » 13 Jan 2019 02:29

Le soucis c'est que sans leur écrit c'est une parole contre une autre.... quand c'est comme ça et que ça va trop loin, il faut contacter l'dminustrateur de garde et faire une fiche d'évènement indésirable... hors de question de te faire porter le chapeau pour un bureaucrate en manque d'autorité qui a voulu flater son ego derrière son téléphone.....
Si ta cadre te défend, qu'elle fasse un courrier ou autre pour appuyer ta défense.
Là on est au delà de la problématique de leur nouveau système de gestion. Là c'est ce jour ci, on t'a justement d'abandonner ton poste! Ton rôle en tant qu'IDE est de prioriser les soins, ce que tu as fait, en demandant un écrit à l'appui.... restes en aux faits concernant ton cas. Car si tu cherches à pointer du doigts leur système, ils s'en donneront à coeur joie de faire de ton cas l'emblême de leur toute puissance en te mettant au placard...
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Messagepar Nobody87 » 13 Jan 2019 05:20

lafolldingue a écrit :Le soucis c'est que sans leur écrit c'est une parole contre une autre.... quand c'est comme ça et que ça va trop loin, il faut contacter l'dminustrateur de garde et faire une fiche d'évènement indésirable... hors de question de te faire porter le chapeau pour un bureaucrate en manque d'autorité qui a voulu flater son ego derrière son téléphone.....

Sentant le coup venir j'ai immédiatement fait un FEI/Rapport de 2 pages que j'ai transmis au CHSCT et à la CGT pour les informer.

Le souci c'est que par la suite nous avons eu 5 PTI dans la matinée, (donc mon collégue est intervenu à chaque fois car pour cela y'a pas à hésister), ainsi que 4 coups de fils pour aller dépanner ailleur.
Car oui l'agent du BSI ne faisait même plus l'intermediaire entre les services, il leur disait de nous appeler directement pour que on aille leur filer un coup de main.
Et, en fin de matinée, mon collégue a eu la joie d'avoir l'Administrateur de garde au téléphone qui lui a ordonné sans sommation d'aller "aider"un autre pavillon. L'administrateur a coupé mon collégue dans sa justification de non aide en disant "Je suis l'administrateur, vous n'avez pas à évaluer ou décider quoi que ce soit, vous obéissez".
On comprend vite que l'agent du BSI a appelé l'administrateur pour grosso-modo lui dire "des soignants m'obéissent pas Monsieur" mais s'est bien épargné de lui décrire notre situation.
Mon collégue a refusé encore à l'administrateur. (Et toujours pas d'ordre écrit nomplus encore une fois).

Moi je n'ai pas eu la chance d'avoir l'administrateur au téléphone.
Comme vous disiez, l'égo à une grande part de problématique dans ce conflit...
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Messagepar lafolldingue » 13 Jan 2019 08:25

En effet! J'espère sincèrement que tu auras gain de cause! On entend la souffrance du secteur de la psychiatrie, mais à ce point ça va loin!!!!
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Messagepar augusta » 13 Jan 2019 09:10

Je ne pense pas qu'il s'agisse d'un problème d'ego.
L'infirmier du BSI est comme vous: il travaille avec le peu de moyen qu'on lui donne.
Il rencontre des difficultés avec votre service, il passe la main à sa hiérarchie (administrateur de garde) c'est logique.

Votre problème me semble plutôt lié à un manque d'effectif.
Comment voulez-vous travailler correctement avec l'effectif dont vous parlez?
2 IDE pour 20 patients et 2 chambres d'iso?
Je suppose que c'est le même cas dans le service dans lequel on vous a demandé d'aller aider.

Vous avez bien fait de rédiger une FEI et de transmettre aux syndicats. Et vous avez bien fait également de ne pas démunir votre service pour aller aider ailleurs.

Quant à votre PEC en chambre d'iso, il me semble au contraire très bien que votre direction travaille dessus!
Oui, on ne rentre pas à moins de 2 en chambre.
Oui, on surveille.
Oui, si un patient veut fumer on le fait fumer. Si cela peut l'apaiser, pourquoi refuser?
Non, un agent de sécurité n'a pas vocation à gérer l'iso. Il peut être amené à être sollicité en cas de besoin, mais si cela devient systématique, il faut clairement s'interroger.
D'ailleurs si vous aviez un effectif IDE plus large, les patients décompenseraient sans doute moins et vos chambres seraient moins occupées.
Quid de la position médicale?
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Messagepar Nobody87 » 13 Jan 2019 16:25

Quid de la position médicale?

Les médecins sont outrés de la convocation. (Ils sont 2 anciens pour 2 internes).
Et ils sont extrêmement remontés contre la direction.
A AUCUN moment un médecin n'a participé à la rédaction des nouveaux protocoles. On ne leur a pas demandé leur avis.
Actuellement leur parole n'est absolument pas entendue. Pour eux c'est ulcérant de constater qu'un soignant hors-service osent remettre en question la clinique de l'équipe et encore plus de coller un rapport à un de leur soignant qui stipule que cela met leur patient en danger.

Ils sont tout à fait pour les changements et modernisation.
Mais dans ces conditions cela est de la folie pure . Les protocoles actuels nécessiteraient 4 soignants en permanence pour pouvoir être appliqués.
Or nous ne sommes que 3 dont 1 potentiellement mobilisable H24 pour dépanner.
Les protocoles sont inapplicables en l'état et jettent la faute et la responsabilité professionnelle sur les soignants en poste.

Par exemple en détail voila ce que le protocole stipule:
-Observation horraire des isolements (Remplir informatiquement une check liste horodaté) (on ne peut pas modifier l'heure). Donc toute les heures être collé à un PC. Si on a le malheur de pas la faire, c'est considéré comme si on avait pas observé...
-Pour valider l'observation, entrer dans la chambre d'iso, faire un contact avec le patient pour évaluer son état (donc si il est fin délirant, on doit quand même entrer pour une évaluation fiable...)
-L'observation par l'occulus de la porte n'est plus suffisant.
-Entrer dans la chambre toute les heure implique forcément 2 soignants
-Accompagner le patient fumer dans la cour a l'autre bout du patio. Donc escorter avec 2 soignants, passer devant les autres patients (se faire solliciter) . Le réintégrer et refaire une check-liste d'isolement (puisque le patient est sorti de la chambre, faut revérifier la chambre).
-Temps moyenne d'une PEC isolement: 30 min (manger, douche)
-Ajouter à ce temps les entretiens médicaux qui ne coincident pas forcément avec les repas
-Mutiplier tout ca par 2 car avons 2 isolements
-Si contention il y a, cette surveillance s'applique toute les 1/2 heure.

Si l'on caclule vite fait. A hauteur de 2 repas par poste pour 2 isolements il faut 2 heures de temps complets sur le poste. A peine un isolement est terminé qu'il faut courrir à l'autre car le temps d'observation arrive.

Et biensur tout ca dans l'optique utopique ou il'isolement se passe "bien".
Et ca... c'est juste les isolements...il faut gérer le service à coté...

Avant l'observation par la porte suffisait, les PEC repas étaient faite avec 1 agent (ca ne mobilisait donc que 1 soignant) et nous arrivions à gerer le service + les iso... mais la...on peut plus.
Les médecins le savent et hurlent au scandal à la direction qui répond "Si à 3 soignants ils peuvent pas gérer, c'est qu'ils sont mal organisés, en théorie c'est largement faisable".
La direction est particuliérement fiére de ce protocole qui rivalise avec les meilleurs hôpitaux psy de France. (Ouai...sauf que eux ont les moyens qui vont avec). Cela plaira à la certification.
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Messagepar augusta » 14 Jan 2019 08:07

Peut-être pourriez-vous contourner une partie du protocole, je pense à la surveillance horaire, en vous faisant aider des psychiatres.
C'est à eux de prescrire la surveillance qu'ils jugent nécessaire (par heure, plusieurs fois par équipe etc...). Cela vous dispenserait de rentrer chaque heure, ce qui peut être délétère pour certains patients d'ailleurs (mais n'enlève pas l'importance de la surveillance de visu).

Battez-vous pour vos effectifs. Si j'ai bien compris il s'agit de 2 IDE et d'un AS?
Vous n'êtes pas assez d'IDE, ça semble évident.

Pour le reste, FEI à chaque événement. Arrêt de travail et arrêt maladie dès que nécessaire.

Vous pouvez aussi écrire et dénoncer vos conditions de travail à l'ARS.
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Messagepar Lenalan » 14 Jan 2019 11:22

Si ton collègue s'était fait défoncer la tête pendant que tu étais en train de surveiller le petit dej dans un autre service, ils auraient été les premiers à pointer un dysfonctionnement et un ordre inapproprié du BSI... Et en plus ils t'auraient peut être reproché d'avoir quitté ton poste et mis en danger ton collègue! Leur mauvaise foi est sans limite alors que le problème est limpide: il manque du monde et on vous demande de vous mettre en danger pour pallier à ça...
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Messagepar Nobody87 » 14 Jan 2019 16:08

Mon collégue a été revue en entretien officieux ce jour par la cadre supérieure.
Elle a débarqué sans prevenir dans le service...(donc entretien informel, colléue pas prévenu).
Elle m'a monopolisé mon collègue pendant 45 minutes (Merci on galère déjà pas assez !....).
Il ne s'est pas démonté, mais la cadre n'arrétait pas de lui dire "VOUS n'AVEZ PAS LE DROIT DE REFUSER UN ORDRE".
Elle ne voulait pas savoir les raisons.
Puis elle a tourné en boucle "Vous avez le devoir d'obéissance !".

Des gens ont des pistes sur quoi répondre à ca ?
J'ai trouvé des trucs dans le code de déontologie.


[Art. R. 4312-6.
– L’infirmier ne peut aliéner son indépendance professionnelle
sous quelque forme que ce soit.]
=> En recherchant un peu, cela signifie que nous restons sous une certaine hiérarchie mais que on peut dire "non". Plus précisément avec cet article "protége" un soignant dans la mesure ou il a le droit de dire non face aux dérives institutionnelles qui le mettraient en faute.


[Art. R. 4312-12.
– Dès lors qu’il a accepté d’effectuer des soins, l’infirmier est tenu
d’en assurer la continuité.
« Hors le cas d’urgence et celui où il manquerait à ses devoirs d’humanité, un infirmier a le droit de refuser ses soins pour une raison professionnelle ou personnelle]
=> La on est en plein de dedans..


[Art. R. 4312-17.
– L’infirmier amené à examiner une personne privée de liberté ou
à lui donner des soins ne peut, directement ou indirectement, ne serait-ce que par sa seule présence, favoriser ou cautionner une atteinte à l’intégrité physique ou mentale de cette personne ou à sa dignité..]
=>Nos patients sont en soins sous contrainte (donc privé de liberté). Abandonner le service serait cautionner un risque à l'intégrité physique ou mentale de ces derniers au vu des nombreux facteurs de risque évoqués.

Et le meilleur pour la fin:
[Art. R. 4312-32.
– L’infirmier est personnellement responsable de ses décisions
ainsi que des actes professionnels qu’il est habilité à effectuer.
« Il ne doit pas exercer sa profession dans des conditions qui puissent compromettre son indépendance, la qualité des soins ou la sécurité des personnes prises en charge. ]
=> Mon droit de refus d'intervenir était bien justifié car il mettait en péril mes patients. On m'a refusé un écrit de l'ordre que j'ai eu.


Je n'ai pas d'autres pistes pour l'instant...
Je ne sais pas d'où la hiérarchie nous pond "devoir d'obéissance" en boucle...

Mis à part:
Loi n°83.634 du 13 juillet 1983, article 28 Le fonctionnaire "doit se conformer aux instructions de son supérieur hiérarchique, sauf dans le cas où l'ordre donné est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public."
=> Dans mon cas, obéir à un ordre téléphonique mettait mon pavillon en danger, j'ai refusé. Je pense être dans ce cas.
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Messagepar lafolldingue » 14 Jan 2019 16:23

Ces références sont très adaptées à ta situation....
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Messagepar binoute1 » 15 Jan 2019 20:28

Nobody87 a écrit :Mon collégue a été revue en entretien officieux ce jour par la cadre supérieure.
Elle a débarqué sans prevenir dans le service...(donc entretien informel, colléue pas prévenu).
Elle m'a monopolisé mon collègue pendant 45 minutes (Merci on galère déjà pas assez !....).
Il ne s'est pas démonté, mais la cadre n'arrétait pas de lui dire "VOUS n'AVEZ PAS LE DROIT DE REFUSER UN ORDRE".
Elle ne voulait pas savoir les raisons.
Puis elle a tourné en boucle "Vous avez le devoir d'obéissance !".

Des gens ont des pistes sur quoi répondre à ca ?
J'ai trouvé des trucs dans le code de déontologie.


[Art. R. 4312-6.
– L’infirmier ne peut aliéner son indépendance professionnelle
sous quelque forme que ce soit.]
=> En recherchant un peu, cela signifie que nous restons sous une certaine hiérarchie mais que on peut dire "non". Plus précisément avec cet article "protége" un soignant dans la mesure ou il a le droit de dire non face aux dérives institutionnelles qui le mettraient en faute.


[Art. R. 4312-12.
– Dès lors qu’il a accepté d’effectuer des soins, l’infirmier est tenu
d’en assurer la continuité.
« Hors le cas d’urgence et celui où il manquerait à ses devoirs d’humanité, un infirmier a le droit de refuser ses soins pour une raison professionnelle ou personnelle]
=> La on est en plein de dedans..


[Art. R. 4312-17.
– L’infirmier amené à examiner une personne privée de liberté ou
à lui donner des soins ne peut, directement ou indirectement, ne serait-ce que par sa seule présence, favoriser ou cautionner une atteinte à l’intégrité physique ou mentale de cette personne ou à sa dignité..]
=>Nos patients sont en soins sous contrainte (donc privé de liberté). Abandonner le service serait cautionner un risque à l'intégrité physique ou mentale de ces derniers au vu des nombreux facteurs de risque évoqués.

Et le meilleur pour la fin:
[Art. R. 4312-32.
– L’infirmier est personnellement responsable de ses décisions
ainsi que des actes professionnels qu’il est habilité à effectuer.
« Il ne doit pas exercer sa profession dans des conditions qui puissent compromettre son indépendance, la qualité des soins ou la sécurité des personnes prises en charge. ]
=> Mon droit de refus d'intervenir était bien justifié car il mettait en péril mes patients. On m'a refusé un écrit de l'ordre que j'ai eu.


Je n'ai pas d'autres pistes pour l'instant...
Je ne sais pas d'où la hiérarchie nous pond "devoir d'obéissance" en boucle...

Mis à part:
Loi n°83.634 du 13 juillet 1983, article 28 Le fonctionnaire "doit se conformer aux instructions de son supérieur hiérarchique, sauf dans le cas où l'ordre donné est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un intérêt public."
=> Dans mon cas, obéir à un ordre téléphonique mettait mon pavillon en danger, j'ai refusé. Je pense être dans ce cas.


très bon argumentaire .
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Messagepar Nobody87 » 30 Jan 2019 08:50

Je reviens sur la situation, sortant de mon entretien avec le Directeur des soins.

L'entretien c'est mal passé. Littéralement je me suis fait "déboiter".
Il a "écouté" ma version des faits.
Déjà sur la situation de base et le rapport du BSI il y a des incohérences. Selon le BSI j'ai refusé de me déplacer pour sortir un patient d'une douche dans un pavillon de déficitaire. (Pas du tout l'appel que j'ai eu).
Conséquences 10 min plus tard l'équipe chez les déficitaires a du déclencher un PTI car le patient se brulait...
J'ai bien souligné que je n'ai pas du tout été sollicité pour cette situation, mais bon...

Grosso modo je suis à 100% en tort:
-Je suis fonction publique Hospitaliére donc je n'ai pas à discuté un ordre du BSI
-Que ce soit petit-déjeuner ou douche je n'ai pas à décider des intervention le BSI le fait pour moi
-Mon argumentaire avec le code de deontologie ne tient pas la route je suis soumis en priorité à l'obéissance de la Fonction publique Hospitaliére.
(Oui oui... )
-Je n'ai pas à demandé une trace écrite et jamais aucune trace écrite d'un ordre d'un sup hiérarchique ne sera donné. C'est "normal". Ca ne se fait que dans le privé. "Renseignez-vous sur les lois dans la FPH"...
-J'ai exposé toute la situation et les dangers qui se passaient dans mon pavillons, rien n'y a fait. "Le BSI est habilité à juger et priorétisé les interventions, pas vous. Si il estime que chez vous la situation n'est pas une urgence vous devez l'écouter".
-Lorsque j'ai mis devant le directeur des soins la liste des lois que j'avais trouvé il m'a informé que ce geste pouvait faire office d'une sanction disciplinaire pour insubordination car il connait les lois je n'ai rien a lui apprendre.
-A cause de mon refus le patient aurait pu se "bruler" je suis responsable. J'ai dit que dans mon pavillon il y avait un patient qui clashait, un pti qui marchait pas, un autre patient qui a essayé de lecher la prise de courant pour se suicider. "Ce n'est pas à vous de décider l'urgence de la chose,"...

Alors il a pris en considération les difficultés du service etc...
Il rejette la faute sur ma "jeunesse" dans la profession qui ne connait pas les engagements dans la FPH et qui est partagé entre devoir éthique et mission.
"Pourquoi prenez-vous des responsabilités que le BSI fait pour vous, ils tracent tout dans une main courante, si il y a un souci c'est eux qu'on ira chercher pas vous". Et je n'ai pas accés à cette main courante ni aucune visibilité. Et je n'ai aucunement le droit de demander à voir ce qui est tracé, il faut faire "confiance".
J'ai le devoir d'obéissance car le BSI est fonction cadre ou Faisant Fonction cadre. C'est un infirmier à la base donc apte à juger de mes interventions.
-La charge de travail n'est pas une excuse, peut importe à quelle heure les isolements sont PEC, c'est l'hôpital qui prendra la responsabilité de votre retard ou des non soins, pas vous.

A cette heure-ci:
-Ma titularisation de la comission est remise en cause en mars.
-Peut être une sanction à la clef...
-Dépité, dégouté, j'ai agit pour protéger mes patients et mes collégues.

Je ne suis pas quoi faire...prevenir l'ordre ? les informer que leur super code dans la FPH sert à rien...ou l'ARS... vérifier si effectivement dans la FPH n'importe quel ordre peut être donné.
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Messagepar Lenalan » 30 Jan 2019 09:05

Je trouve cette situation lamentable et terriblement injuste, mais vraiment, c'est inadmissible d'être traité comme ça et de s'entendre dire autant d'énormités (tu es quoi? Un chien? Tu dois obéir, la fermer et t'abstenir de réfléchir?).
J'ai déjà eu des menaces de sanction pour insubordination (c'est resté au stade de menace, même si j'ai pas plié et que j'ai pas fait ce qu'on me demandait). Ils font du chantage à la carotte (la titularisation) et à la menace (la terrible "sanction").

Tu as mis les syndicats sur le coup? L'ONI je sais pas trop, c'est rare qu'ils répondent au téléphone et aux mails pour ce type de problème (pour payer oui, ils répondent).
Essaie le syndicat avant je pense...
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Messagepar Nobody87 » 30 Jan 2019 09:09

Le syndicat était présent...
Il a mis de l'eau dans le vin "Oui on comprend que cette situation est difficile pour Mr X, il a pensé bien faire et ne connait pas les engagements de la FPH.".

Grosso modo il a orienté le truc sur "il pensait bien faire et s'est retrouvé en difficulté. Les jeunes sont pas informé que on doit obéir"...

Bref pas aidé du tout. C'est un fonctionnement "normal" de l'institution, on recoit des ordres par téléphone sans trace, c'est accepté et acquis.
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