Forum : Psychiatrie

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Messagepar Anna0201 » 27 Aoû 2021 09:33

Bonjour, je m'appelle Anna et je suis étudiante infirmière de 3eme année. Je cherche un infirmier ou une infirmière qui pourrait répondre à quelques questions pour un travail concernant mon TFE.

Mon sujet porte sur la prise en soins d'un patient qui entre en contradiction avec notre moral, nos valeurs. Par exemple la prise en soins en soins d'une personne qui a commis un délit.

J'aimerais savoir ce que vous pensez de ce sujet.
Avez vous une expérience concernant ce sujet ?
Comment avez vous régit ?

Merci beaucoup !
Anna0201
 
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Messagepar Lenalan » 28 Aoû 2021 09:11

J'ai eu des détenus en secteur fermé de psychiatrie. Je sais qu'ils sont détenus parce qu'ils ont de conditions particulière d'hospitalisation mais je ne sais pas pourquoi ils sont détenus (certains le disent, d'autres pas) et je m'en fiche totalement, je m'occupe d'eux comme n'importe qui d'autre.
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Messagepar otomo » 28 Aoû 2021 16:18

Je pense que c'est plus facile d'avoir un patient ayant commis un délit parce que tu dois le traiter comme les autres que d'avoir un collègue ou un futur collègue (étudiant IDE) qui a été en garde à vue/prison pour des faits de violences voire de terrorisme.
J'ai eu dans mon service un étudiant qui avait été le "guide" des frères kouachi. Très bon étudiant mais ancien terroriste
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Messagepar Lenalan » 30 Aoû 2021 08:08

otomo a écrit :Je pense que c'est plus facile d'avoir un patient ayant commis un délit parce que tu dois le traiter comme les autres que d'avoir un collègue ou un futur collègue (étudiant IDE) qui a été en garde à vue/prison pour des faits de violences voire de terrorisme.
J'ai eu dans mon service un étudiant qui avait été le "guide" des frères kouachi. Très bon étudiant mais ancien terroriste


On a pas besoin de le savoir non plus, et même j'ai pas du tout envie qu'il me le dise si c'est le cas :D
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Messagepar Ludivine-diaco » 30 Aoû 2021 08:40

Généralement on essaie de ne pas connaitre les délits afin de ne pas influencer notre prise en charge.

La seule fois où j'ai eu du mal à garder mon calme c'est lorsque le RAID a ramené aux urgences un gros terroriste qui était à la prison d'à côté.
Je l'ai pris en charge et il était trèèèèèès provocateur limite menaçant.
Ca m'a foutu les boules qu'on déploie autant de choses (hommes armés +++, blocage des autres accès des urgences, ralentissement des autres prises en charge car "privatisation" du scanner etc) pour ce genre de type.
Des urgences à la recherche...
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Messagepar Lenalan » 30 Aoû 2021 09:47

Parfois ils prennent un malin plaisir à faire savoir pourquoi ils sont là, ils en jouent aussi.... "j'ai violé des femmes", oui ok, si tu crois que ça me fait peur gros nase, tu bouges un orteil t'as tous les gros balèzes de l’hôpital qui te tombent dessus ......
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Messagepar Estienne » 31 Aoû 2021 18:35

Je travaille au contact de personnes dont certaines sortent d'incarcération ou sont dans le cadre d'une obligation de soins. Je préfère ne pas m'arrêter sur ce qu'ils ont pu faire mais plutôt sur ce qu'il a fallu pour qu'ils en arrivent là.
La question des soins dans ce contexte peut sembler simple mais cela nécessite un travail de réflexion en amont pour être au clair avec ces situations.
D'un coté il y a la déontologie qui relève de la fonction IDE, de l'autre l'éthique et les valeurs personnelles.
Soigner sans juger, facile à dire mais pas si simple.
Le soin doit rester dans les règles de l'art, sans jugement de valeur.
Après il faut se méfier aussi de ses propres jugements que l'on pourrait avoir sur un délit commis par un patient dans son parcours de vie, on peut aussi se dire que parfois on peut prêter attention et trouver sympathique une personne sans connaitre sa vie alors qu'elle a peut être commis des actes odieux ou répréhensibles sans qu'on ne le sache.
Plus de la moitié des détenues souffrent d'une pathologie psychiatrique. Ils ont une carapace et un parcours de vie avec une construction chaotique. Mais quand tu grattes le vernis, derrière, il y a comme tout à chacun une part d'humanité et souvent de grandes souffrances refoulées. On n'a jamais tous les tenants et aboutissant d'un parcours de vie. Par exemple, la provocation est une façon d'attirer l'attention, une façon d'exister pour celui qui n'est qu'un numéro de détenu en prison, lieu qui par essence nie l'existence en plaçant la vie entre parenthèse et en retrait de la société. Cependant il faut bien des prisons pour empêcher certain de nuire, mais une partie d'entre eux, pas tous évidement, serait peut être plus à leur place dans un service de psychiatrie. Et les prisons actuellement, c'est pas beau à voir de l'intérieur (viols, drogues, violences, humiliation, insalubrité, maladies, etc..)
Bref, l'agressé qui devient agresseur, le terroriste qui a été manipulé car vulnérable, ou tous simplement délirant et psychotique, etc. Et il y a aussi de vrais ordures sans aucune circonstance atténuante, pas d'angélisme non plus. Il faut simplement laisser le jugement à la justice et rester dans les valeurs soignantes dont la bienveillance fait partie.
Après tu n'es pas obligé non plus d'y ajouter une touche de bienveillance personnelle en proposant un sourire, un café, la causette. Juste faire le job correctement et sérieusement. Et le soignant est en droit de les remettre à leur place en leur demandant d'avoir un comportement correct pour bénéficier des soins correctement.
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Messagepar Belphéghor » 01 Sep 2021 20:28

Anna0201 a écrit :
Mon sujet porte sur la prise en soins d'un patient qui entre en contradiction avec notre moral, nos valeurs. Par exemple la prise en soins en soins d'une personne qui a commis un délit.

!



Bonjour Anna, j'ai besoin que tu m'expliques en quoi la prise en charge - désolée "prise en soins" ça n'existe pas en français - d'un patient entre en contradiction avec ta morale et tes valeurs parce qu'il a commis un délit par le passé.

En quoi ce qu'il a pu faire par le passé et sa prise en charge actuelle entre en contradiction avec ta morale ?

Tu essaies de nous dire que les valeurs du patient entre en contradiction avec les tiennes ? Oui c'est la vie, on a pas tous le même système de valeurs... Personne n'a exactement les mêmes valeurs...

Si tu essaies de nous dire que le fait d'avoir affaire à des criminels te gêne (on parle pas d'un type qui a volé un truc = délit, on parle d'un truc plus grave j'imagine ?).

Ce serait vraiment bien si tu nous reformulais ça de manière à ce que ça aie un sens (je dis pas ça méchamment).

Je vais quand même essayer de te répondre avec ce que j'ai pu comprendre de ton propos...

Si on devait refaire le procès de tous ceux qui ont commis des délit, à commencer par nous-mêmes (je crois qu'absolument TOUT LE MONDE a déjà commis quelque chose d'illégal, la différence c'est qu'on a pas été chopés), on viderait rapidement les hôpitaux.

Tout ce que je peux répondre, moi, au vu de ce qui m'est donné de comprendre de ta problématique approximative c'est que ce qu'a pu faire ton patient par le passé n'a pas à entrer dans une quelconque évaluation par ton système de valeurs, tu es là pour lui filer les médocs et appliquer ce que le médecin demande pour ses soins...

J'ai soigné des types qui avaient violé, certains avaient tué, des mères qui maltraitaient leurs mômes, des gens épouvantables dans tous les sens du terme, c'est bien un des grands privilèges que m'aura donné ce métier, celle de m'approcher au plus proche de l'essence même de l'humain dans toute sa splendeur et ses paradoxes, mon système de valeurs n'a pas à rentrer en jeu, évidemment que je suis contre le viol et le meurtre je vois même pas en quoi j'aurais quelque chose à évaluer là dedans...
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Messagepar Belphéghor » 01 Sep 2021 20:33

Lenalan a écrit :
otomo a écrit :Je pense que c'est plus facile d'avoir un patient ayant commis un délit parce que tu dois le traiter comme les autres que d'avoir un collègue ou un futur collègue (étudiant IDE) qui a été en garde à vue/prison pour des faits de violences voire de terrorisme.
J'ai eu dans mon service un étudiant qui avait été le "guide" des frères kouachi. Très bon étudiant mais ancien terroriste


On a pas besoin de le savoir non plus, et même j'ai pas du tout envie qu'il me le dise si c'est le cas :D



Je crois qu'on aurait de sacrées surprises à savoir les petits secrets les uns des autres. Vraiment.
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Messagepar Estienne » 02 Sep 2021 08:13

L'approche de l'histoire de vie d'un patient sera sans doute différente suivant qu'on est dans la dimension des soins somatiques ou psychiatriques. Et encore, pas si sûre. De toutes façons, les actes répréhensibles commis dans une histoire de vie ne sont que les pièces d'un puzzle, même si certains laissent des traces et sont lourds de conséquences.
Ca peut être pour moi intéressant dans l'intérêt du patient de savoir pour quel délit il fait l'objet d'une mise à l'épreuve judicaire. En terme de prévention, c'est une donné pertinente. Mais pas essentielle et en aucun cas cela va rendre ma PEC rédhibitoire, au contraire cela me permets d'être encore plus vigilant et attentif sur certains points.
On peut aussi faire abstraction du parcours judiciaire ou de certains délits non déclarés, ce n'est pas indispensable dans le soin.
Des patients m'ont confié avoir commis des actes graves sans avoir été chopé. Suivant le type d'acte, il peut y avoir une obligation légale à donner l'information à qui de droit (si c'est du deal, je m'en fous, si c'est une agression sur mineur, on ne peut pas garder ça pour soi). En cas de doute je me réfère à ma hiérarchie.
La rétention d'informations dans certain cas peut être assimilée à de l'entrave à la justice. Il faut être très prudent et généralement le mieux est de rien savoir ou alors de renvoyer le patient sur son médecin psychiatre, d'en discuter en équipe avec les personnes qui peuvent partager le secret professionnel .
Si j'évalue que l'information est pertinente pour les soins, je la partage dans le cas du secret médical avec les psychiatres, et vice versa. C''est pas systématique. C'est du cas par cas, parfois c'est un dilemme.
Ensuite, il ne faut pas oublier que des infirmiers travaillent en maison d'arrêt, preuve en est que toutes personnes a le droit d'être soignées. heureusement. (D'où le problème éthique du pass sanitaire pour l'accès aux soins, mais c'est un autre sujet.)
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Messagepar Lenalan » 02 Sep 2021 09:28

"Prise en soins", expression qui m'horripile, je ne supporte pas de l'entendre et encore moins de la dire.... Et qui n'est pas correcte. C'est "prise en charge" (et pour certains la charge est très lourde).
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Messagepar lafolldingue » 02 Sep 2021 11:39

Perso ça ne me fait ni chaud ni froid. Certains collègues arrivent à savoir ce qu'a fait le patient.pour ma part ça ne m'intéresse pas. Un patient reste un patient, incarcéré ou non, je le traiterai de la même façon. Sauf que je laisserai mes ciseaux, effets personnels ou tout objet pouvant servir d'arme hors de la chambre.
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Messagepar binoute1 » 09 Sep 2021 18:01

Anna0201 a écrit :Bonjour, je m'appelle Anna et je suis étudiante infirmière de 3eme année. Je cherche un infirmier ou une infirmière qui pourrait répondre à quelques questions pour un travail concernant mon TFE.

Mon sujet porte sur la prise en soins d'un patient qui entre en contradiction avec notre moral, nos valeurs. Par exemple la prise en soins en soins d'une personne qui a commis un délit.

J'aimerais savoir ce que vous pensez de ce sujet.
Avez vous une expérience concernant ce sujet ?
Comment avez vous régit ?

Merci beaucoup !


Et la prise en charge d'un patient qui aurait été condamné pour viols et meutres, mais donc on se rend compte au bout de 20ans qu'il était innocent.

C'est capillo tracté.

Ce type de sujet est validé pour un TFE ?
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Messagepar Belphéghor » 13 Sep 2021 18:29

A y bien réfléchir, moi les seuls individus qui me débectent complètement, ce sont les pédophiles.

Manque de bol, ils sont relativement nombreux (étant donné le nombre épouvantable de victimes) et pour beaucoup, pas dénoncés, pas condamnés.

Mais je n'ai aucun mal à faire mon travail indifféremment, avec des gens qui me débectent et d'autres qui m'inspirent des sentiments positifs... C'est enrichissant d'observer ses propres sentiments et réactions. L'intérêt aussi qu'on peut avoir pour de tels individus, intérêt professionnel et curiosité intellectuelle, qu'on espère ne pas devenir malsains (je me vois mal vivre avec une fascination glauque pour les tueurs et violeurs).

Et parfois t'as un pervers dans ton équipe, là c'est plus compliqué à gérer que quand c'est un patient psy qui est là pour recevoir des soins en lien avec son problème.
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Messagepar binoute1 » 15 Sep 2021 16:47

Anna0201 a écrit :Mon sujet porte sur la prise en soins d'un patient qui entre en contradiction avec notre moral moi je n'en ai aucune, donc le pb est réglé :lol: , nos valeurs. Par exemple la prise en soins en soins d'une personne qui a commis un délit. tu l'as sans doute fait pas mal de fois sans le savoir


Mais sinon, prise en charge d'un fan de Johnny, c'est chaud aussi, ça :lol:
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