Forum : Profession infirmière (IDE)

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Messagepar bruzehual » 16 Oct 2021 14:25

Futur étudiant en soins infirmiers ici. J'ai obtenu un baccalauréat en art de studio en 2009 et depuis, j'occupe des emplois manuels insensés, sous une forme ou une autre. À ce stade, je ne me soucie plus de l'épanouissement personnel ou de trouver de la joie ou de ressentir de l'excitation à travers le travail. Peut-être que cela semble blasé, mais c'est

honnêtement où j'en suis. Je veux juste un travail stable.

Je me demande s'il y a des infirmières qui se sont écartées du récit typique des futurs travailleurs de la santé. Vous savez, celui qui dit que, d'aussi loin qu'ils se souviennent, ils voulaient être infirmière ? Si je suis attirée par les soins infirmiers simplement parce que cela rapporte, parce que j'aime l'idée de travailler trois quarts de travail par semaine et parce que je peux me recycler en deux ans, est-ce que je prends une mauvaise décision ? La dernière chose que je veux faire, c'est investir du temps et de l'argent, puis échouer parce que je n'ai pas ce désir ardent d'aider les gens qui semble caractéristique des infirmières. Des pensées?
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Messagepar Belphéghor » 16 Oct 2021 17:04

Futur étudiant en soins infirmiers ici. J'ai obtenu un baccalauréat en art de studio en 2009 et depuis, j'occupe des emplois manuels insensés,

Le boulot d'infirmier est précisément un emploi manuel (et physique, et intellectuel) insensé

sous une forme ou une autre. À ce stade, je ne me soucie plus de l'épanouissement personnel ou de trouver de la joie ou de ressentir de l'excitation à travers le travail. Peut-être que cela semble blasé, mais c'est honnêtement où j'en suis. Je veux juste un travail stable.

Comme un peu tout individu qui soit un tant soit peu réaliste, à moins d'être né avec une cuiller en argent dans la bouche
Je me demande s'il y a des infirmières qui se sont écartées du récit typique des futurs travailleurs de la santé. Vous savez, celui qui dit que, d'aussi loin qu'ils se souviennent, ils voulaient être infirmière ?

Personne ne dit cela, à part deux trois secoués du bocal

Si je suis attirée par les soins infirmiers simplement parce que cela rapporte,

Ca rapporte que dalle en France, mais si vous avez l'opportunité de travailler par exemple au Québec, vous pourrez avoir un bon niveau de vie
parce que j'aime l'idée de travailler trois quarts de travail par semaine et parce que je peux me recycler en deux ans, est-ce que je prends une mauvaise décision ?


La dernière chose que je veux faire, c'est investir du temps et de l'argent, puis échouer parce que je n'ai pas ce désir ardent d'aider les gens qui semble caractéristique des infirmières. Des pensées?


La vocation, ça ne veut rien dire, on n'est pas des religieuses (et encore les religieuses, si on se renseigne un peu, ça reste un projet de vie qui émane non pas d'une illumination sans rien derrière mais d'une intense réflexion à l'issue d'un long parcours de travail introspectif), par contre il faut quand même le désir de s'occuper des autres, vous n'avez pas à être pétri de volontés de bonnes oeuvres, en revanche, il faut aimer vous consacrer à la compréhension de l'humain, il faut un minimum si ce n'est d'humanisme, ni même de philanthropie, a minima un désir de cotoyer l'humain, de servir à quelque chose au plus proche de ce que nous sommes tous, ne pas être rebuté d'approcher vos semblables dans leur misère la plus absolue. Il n'y a pas à vouloir 'aider les autres" car vous n'allez aider personne, en revanche, c'est bien quand même d'être capable d'empathie, capable de douceur, d'avoir envie de soigner, laver, tenir la main, rassurer, et tout ce qu'il est évident qu'une infirmière lambda est amenée à faire. Vous n'allez pas pouvoir vous en foutre du bien-être de vos patients, sinon vous ferez une infirmière de merde.


C'est un peu comme le mariage, il faut autre chose qu'une passion ou un aperçu du portefeuille pour pouvoir y rester. Sans chercher l'épanouissement, le nirvana ou toutes ces conneries, oui vous pourrez y trouver un certain nombre de satisfactions, personnellement mon travail en psychiatrie, m'a énormément apporté, c'est un boulot très, très intéressant. SI vous n'y allez que pour la paye, que vous n'avez pas le désir, de prendre soin de vos semblables, n'y allez pas. Vous allez avoir la responsabilité de vies humaines, il faut pouvoir, psychologiquement, sachant qu'on vous paye mal derrière, il faut quand même s'être engagé personnellement, dans quelque chose de l'ordre du sacerdoce pour s'infliger un truc pareil. Sinon vous n'allez pas tenir deux minutes quand votre patient va vous dégobiller dessus, que vous allez vous retrouver confronté à une misère humaine d'une ampleur qui dépasse tout entendement, et que vous allez constater que votre fiche de paye et vous même, de fait, êtes des torche-cul.

Il faut un minimum d'humanité et de démence aussi pour s'engager dans un projet aussi sordide que de prendre soin de gens malades, mourants pour la plupart, pour une paye au lance pierre. SI vous n'envisagez pas d'y trouver un minimum votre compte (parlons clairement, si vous n'avez pas quelque chose à réparer), ne venez pas, vous seriez une collègue merdique et on en a assez. Si par contre, l'idée ne vous choque pas, venez, vous avez tout pigé par ailleurs.

Mais sincèrement, faites pas ce métier, il y a d'autres boulots mieux payés, moins ingrats. Nous aussi on va bosser parce qu'il faut bien bosser, mais on y trouve quand même pour la plupart d'entre nous, quelques satisfactions, quelques gratitudes, pour ma part, une certaine stimulation intellectuelle.

Essayez de voir si vous n'avez pas la possibilité de faire un travail mieux payé, quand même, et je dis ça sans aucune ironie.
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Messagepar sergeant poivre et sel » 16 Oct 2021 18:23

En dépit des combats de plus en plus insensés des féministes de haut vol, vous avez encore le droit de dire que vous voudriez faire infirmier, et pas infirmière, à moins que vous souhaitiez aussi vous résoudre à quelques sacrifices pour mieux vous fondre dans l’emploi…

Rien à dire de plus …sinon que vous aurez la chance de ne pas pouvoir faire grève, sauf à arborer des étiquettes « en grève » pendant un an dont personne n’a rien à foutre surtout rue de Ségur, et si la médecine vous permet de procréer vous aurez l’immense bonheur de pouvoir déroger à l’interdiction du travail de nuit en étant enceinte, car nos vaillants syndicats se sont accommodés de non sens sociaux et médicaux en acceptant cette dérogation, sans parler du reste..,

Comme vous pouvez le comprendre le sort de la profession est quasi scellé, si d’aventure un ministre voulait doubler nos salaires il se ferait virer pour autre chose, comme abuser le fisc ou avoir une dédicace d’ un livre de Zemmour!

Quand on est formé à l’art on n’est pas obligé d’élever des cochons..,
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Messagepar execho » 16 Oct 2021 18:33

......par contre,ce n'est pas deux ans le recyclage,mais trois.
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Messagepar Belphéghor » 16 Oct 2021 19:13

execho a écrit :......par contre,ce n'est pas deux ans le recyclage,mais trois.


Au minimum, en admettant que vous validiez tout du premier coup, qu'on vous envoie pas refaire un stage ou repasser des examens - ce qui est extrêmement fréquent, nous sur une bonne centaine d'élèves on avait été moins de trente à avoir le diplôme en temps et en heure
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Messagepar Belphéghor » 16 Oct 2021 19:14

sergeant poivre et sel a écrit :En dépit des combats de plus en plus insensés des féministes de haut vol, vous avez encore le droit de dire que vous voudriez faire infirmier, et pas infirmière, à moins que vous souhaitiez aussi vous résoudre à quelques sacrifices pour mieux vous fondre dans l’emploi…

Rien à dire de plus …sinon que vous aurez la chance de ne pas pouvoir faire grève, sauf à arborer des étiquettes « en grève » pendant un an dont personne n’a rien à foutre surtout rue de Ségur, et si la médecine vous permet de procréer vous aurez l’immense bonheur de pouvoir déroger à l’interdiction du travail de nuit en étant enceinte, car nos vaillants syndicats se sont accommodés de non sens sociaux et médicaux en acceptant cette dérogation, sans parler du reste..,

Comme vous pouvez le comprendre le sort de la profession est quasi scellé, si d’aventure un ministre voulait doubler nos salaires il se ferait virer pour autre chose, comme abuser le fisc ou avoir une dédicace d’ un livre de Zemmour!

Quand on est formé à l’art on n’est pas obligé d’élever des cochons..,


Ceci m'a provoqué un bon rire bien moche
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Messagepar Maximousse1989 » 19 Oct 2021 16:37

Belphéghor a écrit :
Futur étudiant en soins infirmiers ici. J'ai obtenu un baccalauréat en art de studio en 2009 et depuis, j'occupe des emplois manuels insensés,

Le boulot d'infirmier est précisément un emploi manuel (et physique, et intellectuel) insensé

sous une forme ou une autre. À ce stade, je ne me soucie plus de l'épanouissement personnel ou de trouver de la joie ou de ressentir de l'excitation à travers le travail. Peut-être que cela semble blasé, mais c'est honnêtement où j'en suis. Je veux juste un travail stable.

Comme un peu tout individu qui soit un tant soit peu réaliste, à moins d'être né avec une cuiller en argent dans la bouche
Je me demande s'il y a des infirmières qui se sont écartées du récit typique des futurs travailleurs de la santé. Vous savez, celui qui dit que, d'aussi loin qu'ils se souviennent, ils voulaient être infirmière ?

Personne ne dit cela, à part deux trois secoués du bocal

Si je suis attirée par les soins infirmiers simplement parce que cela rapporte,

Ca rapporte que dalle en France, mais si vous avez l'opportunité de travailler par exemple au Québec, vous pourrez avoir un bon niveau de vie
parce que j'aime l'idée de travailler trois quarts de travail par semaine et parce que je peux me recycler en deux ans, est-ce que je prends une mauvaise décision ?


La dernière chose que je veux faire, c'est investir du temps et de l'argent, puis échouer parce que je n'ai pas ce désir ardent d'aider les gens qui semble caractéristique des infirmières. Des pensées?


La vocation, ça ne veut rien dire, on n'est pas des religieuses (et encore les religieuses, si on se renseigne un peu, ça reste un projet de vie qui émane non pas d'une illumination sans rien derrière mais d'une intense réflexion à l'issue d'un long parcours de travail introspectif), par contre il faut quand même le désir de s'occuper des autres, vous n'avez pas à être pétri de volontés de bonnes oeuvres, en revanche, il faut aimer vous consacrer à la compréhension de l'humain, il faut un minimum si ce n'est d'humanisme, ni même de philanthropie, a minima un désir de cotoyer l'humain, de servir à quelque chose au plus proche de ce que nous sommes tous, ne pas être rebuté d'approcher vos semblables dans leur misère la plus absolue. Il n'y a pas à vouloir 'aider les autres" car vous n'allez aider personne, en revanche, c'est bien quand même d'être capable d'empathie, capable de douceur, d'avoir envie de soigner, laver, tenir la main, rassurer, et tout ce qu'il est évident qu'une infirmière lambda est amenée à faire. Vous n'allez pas pouvoir vous en foutre du bien-être de vos patients, sinon vous ferez une infirmière de merde.


C'est un peu comme le mariage, il faut autre chose qu'une passion ou un aperçu du portefeuille pour pouvoir y rester. Sans chercher l'épanouissement, le nirvana ou toutes ces conneries, oui vous pourrez y trouver un certain nombre de satisfactions, personnellement mon travail en psychiatrie, m'a énormément apporté, c'est un boulot très, très intéressant. SI vous n'y allez que pour la paye, que vous n'avez pas le désir, de prendre soin de vos semblables, n'y allez pas. Vous allez avoir la responsabilité de vies humaines, il faut pouvoir, psychologiquement, sachant qu'on vous paye mal derrière, il faut quand même s'être engagé personnellement, dans quelque chose de l'ordre du sacerdoce pour s'infliger un truc pareil. Sinon vous n'allez pas tenir deux minutes quand votre patient va vous dégobiller dessus, que vous allez vous retrouver confronté à une misère humaine d'une ampleur qui dépasse tout entendement, et que vous allez constater que votre fiche de paye et vous même, de fait, êtes des torche-cul.

Il faut un minimum d'humanité et de démence aussi pour s'engager dans un projet aussi sordide que de prendre soin de gens malades, mourants pour la plupart, pour une paye au lance pierre. SI vous n'envisagez pas d'y trouver un minimum votre compte (parlons clairement, si vous n'avez pas quelque chose à réparer), ne venez pas, vous seriez une collègue merdique et on en a assez. Si par contre, l'idée ne vous choque pas, venez, vous avez tout pigé par ailleurs.

Mais sincèrement, faites pas ce métier, il y a d'autres boulots mieux payés, moins ingrats. Nous aussi on va bosser parce qu'il faut bien bosser, mais on y trouve quand même pour la plupart d'entre nous, quelques satisfactions, quelques gratitudes, pour ma part, une certaine stimulation intellectuelle.

Essayez de voir si vous n'avez pas la possibilité de faire un travail mieux payé, quand même, et je dis ça sans aucune ironie.



Woh...ce texte pourrait servir de profession de foi.
Vocation non, introspection oui.
Sacrifice non, engagement oui.
Bien résumé.
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Messagepar Belphéghor » 19 Oct 2021 19:49

Haha, merci Maximousse d'avoir lu mon pavé, semble-t-il tu es le seul

Disons qu'il faut bien avoir quelque chose à y aller chercher puisqu'on y va pas pour la paye et encore moins la gloire, dans ce travail ingrat
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Messagepar nuage012 » 20 Oct 2021 08:02

Si on ôte le coté " j'ai envie de soigner autrui " et qu'on regarde les autres caractéristiques de notre métier :

Les points positifs :
Il y a du boulot partout , dans des domaines très variés.
Il y a des plannings très divers selon les structures. Possibilité de bosser 7h/j ou 12h/j, de jour ou de nuit , à temps plein, à temps partiel .

Les points négatifs :
- Dans beaucoup de structures le turn over est important , les changements d'emploi du temps sont fréquents, et souvent subits.
-pour les salariés , le salaire n'est pas glorieux aux vues des 3 ans d'étude. L'évolution salariales se fait à l'ancienneté , rarement aux compétences.
- pour les structures " commerciales " comme les prestataires de matériel, le salaire peut être élevé, mais il faut faire bien plus que 35h/semaine et être très disponible . Il faut envisager ça comme un job de commercial qui ne vaut le coup financièrement que si on s'implique beaucoup.
-pour les IDE libérales, le chiffre d'affaire peut être très important , mais il est lié à une énorme implication , 40, 50h par semaine ou plus , pas de vacances car difficile de se faire remplacer.
- l'interim rapporte bien, mais idem, mobilité et plaaning au coup par coup.


Donc si on oublie le côté "soignant " de notre profession, très franchement la seule chose qui peut vous convenir c'est le fait de trouver facilement un emploi , car franchement financièrement , c'est pas dingue. ( Sauf si souhaitez travailler bien plus que 35h semaine)
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Messagepar nuage012 » 20 Oct 2021 08:15

Et je vais aborder tout de même le coté psychologique de la chose.

Les métiers soignants, c'est voir des choses que vous n'auriez jamais vu autrement et réussir à vivre avec. C'est régulièrement être en face de : la nudité , les fluides corporels, la douleur , la mort, la maladie mentale, l'angoisse , l'agressivité......

Il faut que vous soyez capable de comprendre que cela va changer votre rapport à autrui et au monde.

En réfléchissant à votre projet d'une reconversion dans un domaine stable, pourvoyeur d'emploi et bien rémunéré , j'ai peut être un axe pour vous : les pompes funèbres.
Personne ne pense à ce type de métier spontanément, l'offre y est importante et la rémunération est bonne . Mais c'est également un domaine qui vous fera affronter des choses entrainant des remises en questions.

Les métiers du soin , que l'on parle ou pas de "vocation" , "sacerdoce " , nous mettent en face du beau et du laid de l'espèce humaine . ( Tout comme la police et la justice j'imagine) et cela influe forcement sur notre psychée et notre rapport au monde.
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Messagepar sergeant poivre et sel » 20 Oct 2021 09:03

Nuage,
On peut résumer très pragmatiquement!
Tous les métiers à contraintes et par dessus le marché mal considérés car mal rémunérés ont plus d’offres que de demandes.

Pour le psyché cela dépend avant tout de votre activité, en tant qu’IADE vous passez votre temps et énergie à sauver et à tous les âges (du moins au bloc opératoire) et vous êtes concentrés sur la qualité de vos missions.

Dans un service de psy, perso j’ai été traumatisé par ce que j’ai vu (en 1980) la déchéance humaine chez les jeunes, les schizos, en sortant de ce stage j’étais pétrifié, seul un cas en un mois s’était transformé en quasi miracle, une sismo avait métamorphosé en un we une espèce de zombie que je n’ai pas reconnue le lundi matin.

Mon premier stage de smur m’a aussi montré ce qu’était la France des squats, où j’ai vu des choses inoubliables, car épouvantables et sordides, mes sens étaient saturés à vie et politiquement j’ai appris que la misère humaine pouvait être à deux pas de chez soi.

Si vous bossez aux urgences et qu’il arrive des anciens que vous ne pouvez pas caser faute de lits ou de refus , des petits vieux pour lequel on ne vous donne pas les moyens de prendre en charge, …je laisse un hiatus, le choix se pose aux décideurs entre accélérer leur fin ou les les laisser traîner sur des brancards…

Vous bossez en cancéro, en pneumo, en Ehpad, vous partez le soir vous avec 30 patients, le matin il y en 5 de moins…

Vous ne sortez jamais indemnes de telles circonstances, d’un tel métier. Perso j’ai emmagasiné vers la lutte sociale, mais vous n’avez pas nécessairement les bons outils ou tout simplement pas à la hauteur de vos ambitions, et on vous foutra toujours des bâtons dans les roues.

Belphegor

J’ai tout lu aussi LOL, j’ai écrit « rien à dire de plus » mais c’est mal agencé dans mon texte..

Etc etc
.

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Messagepar Lenalan » 20 Oct 2021 09:48

Belphéghor a écrit :Haha, merci Maximousse d'avoir lu mon pavé, semble-t-il tu es le seul

Disons qu'il faut bien avoir quelque chose à y aller chercher puisqu'on y va pas pour la paye et encore moins la gloire, dans ce travail ingrat


Je l'ai lu :D Rien à rajouter, tout est dit :D

Je me bats souvent contre la "vocation". Non on a pas la vocation, je n'ai jamais dit de ma vie "je veux faire ça depuis toujours, je suis faite pour ce métier, c'est un rêve" (on est fait pour aucun métier, on choisit notre métier). Je dis souvent que c'est un métier comme un autre et que ça ou boulangère.... Ok. Mais avec le temps que pense que n'importe qui ne peut pas le fair, ou qu'on peut faire "parce que ça embauche" (le "ça rapporte" m'a bien fait rire parce que ça ne rapporte pas grand chose, même en libéral, il faut pas s'attendre à devenir riche).
On peut décider de s'y lancer parce que Pôle emploi nous a dit qu'on ne sera plus jamais au chômage, mais si on a pas "le profil" on ne tiendra pas 3 mois. On est loin d'une vocation, mais on y va pas par hasard non plus..... Donc je dirais que "non, si vous y allez parce que ça rapporte et parce que ça embauche, et rien d'autre derrière, n'y allez pas, vous allez souffrir".
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Messagepar Maximousse1989 » 20 Oct 2021 12:09

Oh bah mince :choque: serions-nous tous/toutes d'accord ?
Faut que je fouille les archives pour vérifier de quand date la dernière fois où c'est arrivé :D

PS: oui, il y a une référence.
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Messagepar Belphéghor » 21 Oct 2021 10:51

Lenalan a écrit :
Belphéghor a écrit :Haha, merci Maximousse d'avoir lu mon pavé, semble-t-il tu es le seul

Disons qu'il faut bien avoir quelque chose à y aller chercher puisqu'on y va pas pour la paye et encore moins la gloire, dans ce travail ingrat


Je l'ai lu :D Rien à rajouter, tout est dit :D

Je me bats souvent contre la "vocation". Non on a pas la vocation, je n'ai jamais dit de ma vie "je veux faire ça depuis toujours, je suis faite pour ce métier, c'est un rêve" (on est fait pour aucun métier, on choisit notre métier). Je dis souvent que c'est un métier comme un autre et que ça ou boulangère.... Ok. Mais avec le temps que pense que n'importe qui ne peut pas le fair, ou qu'on peut faire "parce que ça embauche" (le "ça rapporte" m'a bien fait rire parce que ça ne rapporte pas grand chose, même en libéral, il faut pas s'attendre à devenir riche).
On peut décider de s'y lancer parce que Pôle emploi nous a dit qu'on ne sera plus jamais au chômage, mais si on a pas "le profil" on ne tiendra pas 3 mois. On est loin d'une vocation, mais on y va pas par hasard non plus..... Donc je dirais que "non, si vous y allez parce que ça rapporte et parce que ça embauche, et rien d'autre derrière, n'y allez pas, vous allez souffrir".



C'est exactement ça, après le terme "vocation", du latin "vocare", "appeler", chacun est libre de se sentir appelé à moment donné de sa vie, par un travail, par un homme, par un pays, mais la vocation est à la réalité du métier ce que le mariage est au coup de foudre.

Les religieuses, d'ailleurs, subissent une sélection drastique, pour éliminer celles pour qui, justement, ce n'est qu'une "vocation", sans objet ni fondement (je vais chaque année passer le réveillon dans un couvent pour échapper à mes voisins bruyants et aux mondanités familiales, j'ai eu l'occasion d'échanger avec elles et c'est très intéressant).
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Messagepar Belphéghor » 21 Oct 2021 10:54

Les métiers soignants, c'est voir des choses que vous n'auriez jamais vu autrement et réussir à vivre avec. C'est régulièrement être en face de : la nudité , les fluides corporels, la douleur , la mort, la maladie mentale, l'angoisse , l'agressivité......

Il faut que vous soyez capable de comprendre que cela va changer votre rapport à autrui et au monde.




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