FORMATION

Les travaux sur la réingénierie de la formation IPDE sont lancés

Par
Publié le 19/02/2026

Dans un courrier adressé aux infirmiers puériculteurs, la ministre de la Santé annonce le lancement des travaux sur la réingénierie de leur formation. Attendue depuis longtemps par ces professionnels, elle doit permettre de mieux répondre aux nouveaux besoins de santé des enfants, promet-elle.

Equipe soignante en néonatologie avec mère et nourrisson

Crédit photo : BURGER / PHANIE

Peut-être s’agit-il enfin d’un «grand jour», comme veut le croire le Collège des infirmièr(e)s puéricultrices(eurs). Mercredi 18 février, dans un courrier adressé à ces professionnels de la santé de l’enfant, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a annoncé ce qu’ils attendaient tous : le lancement de la réingénierie de leur formation. Un projet que semblait promettre la loi infirmière, votée en juin 2025 et qui étend à l’ensemble des spécialités infirmières la reconnaissance en pratique avancée. La refonte de la formation IPDE «s’inscrit pleinement dans la continuité du métier d’infirmier portée par la loi infirmière du 27 juin», qui a remis «au centre des discussions le devenir des spécialités infirmières», y écrit la ministre. Il s’agirait donc de ne pas manquer cette occasion pour revoir un cadre réglementaire qui n’a pas évolué depuis… 1983.

Cette refonte de la formation doit permettre de «mieux répondre aux évolutions des besoins de santé publique», continue Stéphanie Rist. «Le rôle des IPDE est essentiel, tant dans les structures hospitalières que dans un champ de la protection maternelle et infantile» - selon une récente enquête, les infirmières puéricultrices représentaient à elles seules en 2023 45% des effectifs en PMI -  «et de la santé scolaire, où leur expertise auprès des nourrissons, des enfants et de leurs familles constitue un levier majeur pour la prévention, la promotion de la santé, le repérage précoce des vulnérabilités et la coordination des parcours.»

Des propositions pour étendre les missions des PUER

Trois jours plus tôt, l’Association nationale des puéricultrices(teurs) diplômé(e)s et des étudiants (ANPDE) publiait sur Linkedin sa proposition de décret et d’arrêté pour la profession, soulignant que, dans un contexte où l’enfant demeure «l’angle mort du système de santé», il était urgent «de proposer une ingénierie à la hauteur des besoins d’un système encore trop médico-centré, dans un contexte de fortes inégalités territoriales de santé.» Outre une nouvelle définition de la spécialité et de son rôle propre, le décret élabore largement sur ses missions, dont :

  • La consultation et l’évaluation globale du développement de la santé de l’enfant (élaboration de diagnostics infirmiers spécialisés, identification précoce des écarts, surveillance clinique spécifique du nourrisson…)
  • Les soins spécialisés à l’enfant (dont prise en charge de la douleur, prescription et réalisation de la vaccination et de traitements de premier recours…)
  • La coordination des parcours
  • Le soutien à la parentalité (favorisation des interactions précoces, soutien des compétences parentales, accompagnement des situations de maladie ou de handicap…)
  • Ou encore la promotion et l’accompagnement de l’allaitement maternel (information, éducation et sensibilisation des futurs parents à ses enjeux, accompagnement personnalisé dans l’allaitement et au sevrage…)

Le texte consacre également un chapitre entier aux missions spécifiques des IPDE relevant des compétences en pratique avancée, dont les consultations cliniques et le suivi des prises en soins complexes, la réalisation de gestes techniques (dont invasifs), et la contribution à la recherche, à la formation et à l’innovation.

Les associations d'IPDE pleinement mobilisées

Le travail qui s’annonce pourra s’appuyer sur les résultats des Assises de la pédiatrie qui, en juin 2024, s’étaient conclues sur la présentation par le gouvernement de sa stratégie pour transformer ce secteur du soin. Elles embarquaient notamment le passage de la formation IPDE d’un à deux ans, un allongement réclamé de longue date par les professionnels et une intégration de la pratique avancée au sein de la spécialité, ainsi que le renforcement de son rôle en prévention.

Peggy Alonso, la présidente de l’ANPDE, a salué dans un post Linkedin le lancement de la réingénie, remerciant en passant le cabinet de Stéphanie Rist pour «[l’]accueil et [la] confiance qu’ils accordent» à l’organisation pour les travaux à venir. «Aujourd’hui, construisons demain !», a-t-elle lancé. Le Collège des infirmièr(e)s puéricultrices(eurs) fait part du même satisfecit : «Merci Stephanie RIST de vous engager dans cette voie et de porter la Voix des professionnel(le)s déterminé(e)s à participer activement à l’amélioration du parcours de santé et de soins des enfants», a-t-il partagé sur le même réseau social.

La Direction générale de l’offre de soin 5DGOS) conviera très prochainement à une prochaine réunion les différentes organisations représentatives des IPDE, promet le courrier. Elle aura pour objectif de recueillir les attentes des professionnels et de présenter les différentes étapes de la réingénierie. «Les concertations seront organisées dans le cadre de plusieurs groupes de travail, que je souhaite ouverts et propices à l’expression des contributions des parties prenantes», achève Stéphanie Rist.


Source : infirmiers.com