ÉTUDE

Au CHU de Clermont-Ferrand, les chiens sont invités au chevet des patients en réanimation

Publié le 10/02/2026

Au CHU de Clermont-Ferrand, une étude clinique inédite en France est en lancement. Baptisé PET ICU, ce protocole expérimental vise à évaluer les effets de la visite encadrée de chiens auprès des patients hospitalisés en réanimation.

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Et si la présence d’un animal familier pouvait atténuer l’anxiété et le sentiment d’isolement vécus en réanimation ? C’est cette hypothèse que le CHU de Clermont-Ferrand entend explorer avec PET ICU, une étude clinique menée dans 3 unités de soins critiques de l’établissement.

Une hypothèse inexplorée en France

Dans ces services, les patients et leurs proches sont confrontés à une forte charge émotionnelle. Le lien affectif avec un chien pourrait constituer un soutien complémentaire aux soins. Cette étude est pionnière en France. L’équipe de recherche clermontoise s’intéresse à la possibilité d’organiser ces visites de manière sécurisée, tant pour les patients que pour les professionnels et les animaux eux-mêmes. L’enjeu est de mesurer l’acceptabilité de ce type d’intervention et d’en évaluer l’impact émotionnel.

Un protocole rigoureux pour garantir la sécurité

Pour mener à bien cette étude, le CHU de Clermont-Ferrand a élaboré un protocole particulièrement encadré. Chaque chien participant doit répondre à des exigences sanitaires et comportementales strictes. Les visites sont limitées à 15 minutes et se déroulent sous la supervision d’un soignant volontaire, selon un parcours d’accès dédié au sein de l’hôpital.

Des mesures d’hygiène renforcées sont appliquées avant et après chaque visite. Pendant la présence du chien, tous les dispositifs médicaux et pansements du patient sont protégés. À l’issue de la séance, une réfection complète de la chambre est systématiquement réalisée : changement des pansements, de la literie et de la blouse du patient, suivi d’un ménage approfondi.

Dans un environnement souvent perçu comme impressionnant, technique et isolant, la possibilité de retrouver un animal familier pourrait devenir une forme de soutien affectif non pharmacologique, complémentaire aux soins habituels.

Lorsque l’état de santé du patient le permet, un contact direct avec l’animal peut être instauré, sous forme de caresses ou d’interactions simples. Après chaque visite, des questionnaires de satisfaction sont recueillis auprès des soignants, du proche accompagnant et du patient, lorsque cela est possible. Ces données constituent un élément central de l’évaluation de l’étude.

Coordonné par le Pr Matthieu Jabaudon, PET ICU repose sur une approche pluridisciplinaire associant un vétérinaire de VetAgro Sup, un éducateur canin, les équipes d’hygiène hospitalière et les soignants des trois unités de réanimation concernées. Une organisation indispensable pour garantir la sécurité de l’ensemble des acteurs impliqués.

Humaniser la réanimation par des données scientifiques

L’étude sera considérée comme faisable si au moins 8 chiens participants peuvent accéder aux chambres des patients dans le respect strict du protocole. En cas de résultats encourageants, ces premiers travaux pourraient ouvrir la voie à des recherches plus approfondies sur les effets concrets de ces visites sur la douleur, l’anxiété, le moral ou le vécu global du séjour en réanimation.

«PET in Intensive Care Unit s’inscrit dans un mouvement international visant à humaniser la réanimation. Dans un environnement souvent perçu comme impressionnant, technique et isolant, la possibilité de retrouver un animal familier pourrait devenir une forme de soutien affectif non pharmacologique, complémentaire aux soins habituels», souligne le CHU dans son Communiqué. En apportant des données scientifiques là où n’existaient jusqu’ici que des initiatives ponctuelles, cette étude pourrait, à terme, contribuer à l’élaboration de recommandations officielles.

Pour en savoir plus

Corinne Pauline Nkondjock

Source : infirmiers.com