BLOCAGES DES LYCEES

Colère lycéenne : "les infirmières aux côtés d’une mobilisation légitime"

Publié le 05/10/2026

Le syndicat des infirmières de l'Education nationale, le SNICS-FSU, condamne avec force la répression policière des mobilisations lycéennes et l'usage d'une brutalité qu'elle estime disproportionnée. Apportant son soutien aux lycéens, il dénonce à son tour une «dégradation des conditions d’accueil, d’apprentissage et d’accompagnement, conséquences des politiques d’austérité menées depuis des années, qui ont dégradé l’École». 

Manifestations lycéennes octobre 2026

Crédit photo : MIGUEL MEDINA / AFP

A la veille d'un acte III du mouvement lycéen auquel se joindront mardi 6 octobre des syndicats, la mobilisation est restée forte lundi en France avec des centaines d'établissements fermés et plusieurs incidents, dont un grave concernant un jeune de 15 ans ayant perdu une main. «Ils pensent que parce qu'ils nous laissent nous exprimer sur une plateforme, sur internet, on va arrêter de bloquer, d'être en colère, sauf que la colère, elle est là depuis des années», témoigne Simon, du lycée Charlemagne de Paris, dans le 4e arrondissement. Dès lundi 5 octobre, une grande plateforme de concertation devait permettre à tous les lycéens qui le souhaitent d’exprimer leurs attentes, leurs inquiétudes et leurs propositions, individuellement ou collectivement, avait annoncé Edouard Geffray, ministre de l'Education nationale, la semaine dernière. Manque de moyens, de professeurs, délabrement des locaux, Parcoursup... «les problèmes sont clairs», estime Alma, également élève dans ce même lycée. «Quand on voit la chute de notre classement sur PISA*, c'est un système d'éducation qui ne fonctionne pas».

«Depuis la semaine dernière, partout en France, les lycéen·nes se mobilisent pour dénoncer les conditions dans 
lesquelles ils et elles étudient : manque de personnels et notamment d’infirmières, établissements et locaux 
dégradés, classes surchargées, emplois du temps intenables, difficultés d’accès aux études et inégalités d’accès à la
réussite scolaire
», abonde le syndicat SNICS-FSU, syndicat des infirmières et infirmiers de l'Education nationale et de l'enseignement supérieur dans un communiqué publié vendredi 2 octobre. «Ces revendications rejoignent celles que porte depuis des années l’ensemble de la communauté scolaire. Elles témoignent d’une dégradation des conditions d’accueil, d’apprentissage et d’accompagnement des jeunes, conséquences des politiques d’austérité menées depuis des années qui ont dégradé l’École» tance le syndicat.

«En tant qu’infirmières de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, nous sommes quotidiennement au 
contact des élèves et des étudiant·es. Nous sommes témoins de leurs difficultés, de leurs inquiétudes et des effets 
que ces conditions de scolarisation peuvent avoir sur leur santé physique et psychique
».

Les infirmières "ne peuvent rester spectatrices" 

Le syndicat SNICS-FSU condamne avec force la répression policière des mobilisations lycéennes et l'usage d'une brutalité disproportionnée. «Face à cette mobilisation légitime de la jeunesse, la démesure de l’usage de la force et la répression policière sont inédites et inquiétantes : charges violentes, recours à des armes dangereuses, multiplication des interpellations et placements en garde à vue. Cette réponse inadaptée ne peut qu’aggraver la défiance d’une partie de la jeunesse envers les institutions et la démocratie».

La journée a été marquée par la blessure à Lens d'un jeune de 15 ans, qui a eu la main arrachée par une grenade de désencerclement lors d'une manifestation, selon le préfet. Le procureur de Béthune a précisé ne pas être en mesure de dire à ce stade si cet adolescent «a récupéré une grenade de désencerclement tombée à terre» ou «si la grenade aurait atterri sur lui». Depuis le début du mouvement, l'exécutif recense 5 000 interpellations, dont environ 85% de mineurs, 24 établissements «incendiés ou saccagés» et «78 personnels de l'Education nationale blessés», «généralement par des personnes extérieures» aux lycées concernés, selon le ministre de l'Education Edouard Geffray. Par ailleurs, six enquêtes de la police des polices sont désormais en cours.

Le SNICS-FSU condamne une «dérive répressive» et «apporte tout son soutien aux jeunes mobilisé·es ainsi qu’aux personnels qui les accompagnent et les protègent», soulignant que «les infirmières sont aux côtés des jeunes mobilisé·es qui doivent pouvoir exprimer leurs revendications, se rassembler et manifester librement, sans entrave ni intimidation, dans un cadre démocratique garantissant leurs droits».

Alors que les infirmières «ne peuvent rester spectatrices face à la répression» dont (les lycéens) peuvent être victimes, le SNICS-FSU appelle les infirmières «à se mobiliser et à utiliser, lorsqu’elles et ils le décident, tous les moyens 
d’action syndicaux, y compris la grève, pour soutenir les jeunes et dénoncer la répression. Face à la mobilisation de la jeunesse, nous choisissons la solidarité.
Les infirmières seront à leurs côtés pour les accompagner, les protéger et défendre leurs droits
».

*Selon les résultats des études PISA 2022 et 2025, le niveau moyen des élèves de 15 ans des pays de l'OCDE est en baisse continue, particulièrement en mathématiques et en compréhension de l'écrit. La France qui se situe dans la moyenne des pays de l'OCDE est également concernée par cette baisse des performances. Source : Vie publique. 

La Rédaction d'Infirmiers.com avec l'AFP

Source : infirmiers.com