A la veille d'un acte III du mouvement lycéen auquel se joindront mardi 6 octobre des syndicats, la mobilisation est restée forte lundi en France avec des centaines d'établissements fermés et plusieurs incidents, dont un grave concernant un jeune de 15 ans ayant perdu une main. «Ils pensent que parce qu'ils nous laissent nous exprimer sur une plateforme, sur internet, on va arrêter de bloquer, d'être en colère, sauf que la colère, elle est là depuis des années», témoigne Simon, du lycée Charlemagne de Paris, dans le 4e arrondissement. Dès lundi 5 octobre, une grande plateforme de concertation devait permettre à tous les lycéens qui le souhaitent d’exprimer leurs attentes, leurs inquiétudes et leurs propositions, individuellement ou collectivement, avait annoncé Edouard Geffray, ministre de l'Education nationale, la semaine dernière. Manque de moyens, de professeurs, délabrement des locaux, Parcoursup... «les problèmes sont clairs», estime Alma, également élève dans ce même lycée. «Quand on voit la chute de notre classement sur PISA*, c'est un système d'éducation qui ne fonctionne pas».
«Depuis la semaine dernière, partout en France, les lycéen·nes se mobilisent pour dénoncer les conditions dans
lesquelles ils et elles étudient : manque de personnels et notamment d’infirmières, établissements et locaux
dégradés, classes surchargées, emplois du temps intenables, difficultés d’accès aux études et inégalités d’accès à la
réussite scolaire», abonde le syndicat SNICS-FSU, syndicat des infirmières et infirmiers de l'Education nationale et de l'enseignement supérieur dans un communiqué publié vendredi 2 octobre. «Ces revendications rejoignent celles que porte depuis des années l’ensemble de la communauté scolaire. Elles témoignent d’une dégradation des conditions d’accueil, d’apprentissage et d’accompagnement des jeunes, conséquences des politiques d’austérité menées depuis des années qui ont dégradé l’École» tance le syndicat.
«En tant qu’infirmières de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur, nous sommes quotidiennement au
contact des élèves et des étudiant·es. Nous sommes témoins de leurs difficultés, de leurs inquiétudes et des effets
que ces conditions de scolarisation peuvent avoir sur leur santé physique et psychique».
Les infirmières "ne peuvent rester spectatrices"
Le syndicat SNICS-FSU condamne avec force la répression policière des mobilisations lycéennes et l'usage d'une brutalité disproportionnée. «Face à cette mobilisation légitime de la jeunesse, la démesure de l’usage de la force et la répression policière sont inédites et inquiétantes : charges violentes, recours à des armes dangereuses, multiplication des interpellations et placements en garde à vue. Cette réponse inadaptée ne peut qu’aggraver la défiance d’une partie de la jeunesse envers les institutions et la démocratie».
Le SNICS-FSU condamne une «dérive répressive» et «apporte tout son soutien aux jeunes mobilisé·es ainsi qu’aux personnels qui les accompagnent et les protègent», soulignant que «les infirmières sont aux côtés des jeunes mobilisé·es qui doivent pouvoir exprimer leurs revendications, se rassembler et manifester librement, sans entrave ni intimidation, dans un cadre démocratique garantissant leurs droits».
Alors que les infirmières «ne peuvent rester spectatrices face à la répression» dont (les lycéens) peuvent être victimes, le SNICS-FSU appelle les infirmières «à se mobiliser et à utiliser, lorsqu’elles et ils le décident, tous les moyens
d’action syndicaux, y compris la grève, pour soutenir les jeunes et dénoncer la répression. Face à la mobilisation de la jeunesse, nous choisissons la solidarité. Les infirmières seront à leurs côtés pour les accompagner, les protéger et défendre leurs droits».
*Selon les résultats des études PISA 2022 et 2025, le niveau moyen des élèves de 15 ans des pays de l'OCDE est en baisse continue, particulièrement en mathématiques et en compréhension de l'écrit. La France qui se situe dans la moyenne des pays de l'OCDE est également concernée par cette baisse des performances. Source : Vie publique.
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