Augmentation des passages aux urgences, notamment pour hyperthermies ou déshydratation, et de ceux suivis d’une hospitalisation, décès en excès... face à des étés qui se réchauffent de plus en plus et à cette nouvelle normalité qu’est devenue la canicule, il faut agir. Et d’urgence. Et ce d’autant plus que le contexte démographique, marqué par le vieillissement de la population, le réclame. C’est ce que défend le Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI), qui propose la création d’un «plan chaleur domicile» mobilisant les quelque 140 000 infirmiers libéraux (IDEL) qui exercent sur notre territoire. L’objectif : éviter les décès à domicile en mettant l’accent sur la prévention et l’aller-vers.
Passer de l'information à l'aller-vers
«Déclenché de manière anticipée», en fonction des prévisions météorologiques, ce plan se décline en six mesures.
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Il s’appuie d’abord sur l’identification, bien en amont, des personnes les plus vulnérables (cumulant âge élevé, isolement, perte d’autonomie, maladies chroniques...).
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Vient ensuite la démarche d’aller-vers. «Lors des alertes, les personnes à haut risque doivent bénéficier d'un contact préventif : appel, mobilisation de l'entourage puis visite à domicile lorsque la personne ne répond pas ou que son état le justifie», déroule le SNPI, qui place en tête de pont de cette action collectivités, infirmiers, pharmaciens et médecins, mais aussi Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) et associations, tous constituant «un véritable filet de sécurité territorial».
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Troisième mesure, la mobilisation des IDEL, avec la création d’une «consultation infirmière préventive chaleur» permettant d’évaluer l’état clinique des personnes à risque, de recherches les éventuels signes annonciateurs de décompensation ou encore d’assurer une surveillance des traitements et de l’environnement du domicile.
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Il faut également identifier les bouilloires thermiques, ces logements qui ne sont non seulement pas protégés contre la hausse des températures mais qui, en plus, les emmagasinent sans pouvoir les évacuer. Pour le SNPI, «la température intérieure doit devenir un élément de la prévention sanitaire», avec déclenchement d’une mise à l’abri en cas d’exposition dangereuse.
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C’est d’ailleurs le cœur de la 5ème mesure proposée par le syndicat, qui plaide pour l’organisation, par les collectivités territoriales, du transport des personnes les plus exposées vers des lieux plus frais (médiathèques, salles municipales...), à hauteur de 2 heures par jour minimum.
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Enfin, «le plan chaleur domicile» doit relier directement prévision météorologique et action sanitaire», poursuit le SNPI, avec un déclenchement avant l’apparition des premiers signes de décompensation.
«Il faut passer d'une prévention informative fondée sur "protégez-vous" à une politique organisée autour de "nous allons vers vous"», martèle le syndicat, qui milite pour un changement de paradigme : ne plus attendre que les personnes les plus fragiles demandent de l’aide, mais bien prévenir les risques en allant au-devant d’elles.
Conséquences du réchauffement climatique, les périodes de fortes canicules sont en effet amenées à se multiplier chaque année, voire à s’aggraver. Et avec elles, le cortège terrible de leurs impacts sanitaires. Selon Santé publique France, l’année 2026 compte déjà 7 300 décès en excès dont 1 243 entre les 3 et 22 juillet, la plupart concernant des personnes de plus de 75 ans, premières victimes de ces hausses de température.
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