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"Vu de l’intérieur..." : qui sont les infirmiers coordinateurs de greffe ?

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Compétences infirmières

On confond souvent les infirmiers coordinateurs hospitaliers de prélèvement et les infirmiers coordinateurs hospitaliers de greffe. Pourtant, ils n’exercent pas du tout le même métier. Les premiers recensent l’ensemble des donneurs potentiels dans un hôpital et s’occupent de toute la chaîne jusqu’au prélèvement de l’organe. Ils passent ensuite le relais aux coordinateurs de greffe qui prennent en charge l’autre bout de la chaîne jusqu’à la transplantation de l’organe au receveur. Infirmiers.com est allé à la rencontre de deux acteurs majeurs de la chaîne de transplantation, pour une première d’une série « Vu de l’intérieur… »

Une nouvelle série vidéo au coeur des pratiques infirmières !

« Vu de l’intérieur... », voici le nom d’une nouvelle série signée Infirmiers.com. La rédaction vous propose des rendez-vous réguliers avec, à chaque fois, une immersion dans un secteur du soin particulier, au plus près des infirmiers. Ce programme s’inscrit dans la suite logique de notre ligne éditoriale qui tient à valoriser le métier d’infirmier sous toutes ses facettes. Si vous souhaitez faire découvrir votre pratique, n’hésitez pas à contacter la rédaction pour un reportage.

A l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP), les équipes des infirmiers coordinateurs s’activent. Les deux équipes, celles qui se chargent du prélèvement et celles qui gèrent la partie transplantation occupent deux bâtiments différents. Elles ont des contacts, bien sûr, puisqu’elles se passent le relais, mais comme l’explique Frank Ferrari, coordinateur hospitalier de prélèvement d'organes et de tissus à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP), dans la majorité des cas, le coordinateur de prélèvement ne connaît pas le nom du receveur et le coordinateur de greffe ne connaît pas le nom du donneur, c’est très important. Ce protocole permet à la démarche de rester anonyme grâce au numéro Cristal, un numéro à six chiffres attribué par l’Agence de la biomédecine, qui suivra l’organe du prélèvement à la transplantation.

« Avec les familles, on n’est pas chronométré »

Tout commence avec les infirmiers coordinateurs de prélèvement. Quand un patient est dit en état de mort encéphalique, c’est là que Frank Ferrari intervient. Notre travail consiste d’abord à vérifier que le diagnostic de mort encéphalique (très précis) est posé dans les bonnes conditions. Le patient est alors déclaré décédé. A ce moment-là, on va rencontrer les proches du défunt pour l’entretien de recherche de non opposition au don, mais aussi parce qu’une partie importante de notre métier consiste à accompagner les proches au-delà du don d’organes. Souvent, on nous dit : mais là, la famille a refusé le don d’organe, pourquoi ça fait une heure que tu es avec elle en entretien ? Ce qu’il faut savoir c’est qu’on n’est pas chronométré, ce qui est une bonne chose. Parfois, on prend le temps d’expliquer comment les choses vont se passer, quelles sont les règles à suivre après un décès, pour répondre aux questions s’il y en a...

Le point sur le don d’organes

Chacun d’entre nous est donneur présumé depuis la loi de 1976 Ce qui a changé au 1er janvier 2017 ? Une modalité vient simplifier le consentement puisque le formulaire permet en outre de s'opposer au prélèvement de certains organes et tissus, et d'accorder son autorisation pour d'autres. De plus, si le refus a été notifié oralement, il est à présent demandé au proche auquel l'opposition a été exprimée de retranscrire de façon manuscrite et signée les circonstances précises de son expression.

Pour faire le point sur la loi : Don d'organes et de tissus : ce qui change au 1er janvier 2017.

Dialoguer avec les proches, au cœur du métier de coordinateur

Au cœur du métier des infirmiers coordinateurs que ce soit au niveau du prélèvement ou de la transplantation, le dialogue avec les familles est essentiel. Lorsque la personne décédée ne s’était pas opposée au don d’organes de son vivant, la famille peut malgré tout avoir des réticences. Il faut alors répondre à toutes les questions qui peuvent sous-tendre son refus. Parfois c’est parce que les proches ne savent pas du tout comment ça se passe, parfois ils pensent qu’il y a du trafic ou qu’on va leur rendre le corps complètement ouvert ou dépecé, on entend des mots comme ça très fort, raconte Frank Ferrari. Notre travail, à ce moment-là, c’est de rétablir la vérité et de répondre aux questions.

De l’autre côté de la chaîne, Louise Gomplewicz, infirmière coordinatrice de transplantation hépatique à la Pitié-Salpêtrière (AP-HP) résume ainsi son rôle Nous sommes là pour accompagner le patient dans son parcours de transplantation, pour être les interlocutrices entre le patient et l’équipe soignante, pour faciliter le parcours et aider au mieux le patient à accepter ces étapes anxiogènes. On travaille beaucoup avec la famille, parce que les proches sont essentiels pour accompagner et soutenir la personne transplantée

Pour en savoir plus

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Journaliste susie.bourquin@gmail.com @SusieBourquin

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