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"Vu de l’intérieur..." : qui sont les infirmiers coordinateurs de greffe ?

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Compétences infirmières

On confond souvent les infirmiers coordinateurs hospitaliers de prélèvement et les infirmiers coordinateurs hospitaliers de greffe. Pourtant, ils n’exercent pas du tout le même métier. Les premiers recensent l’ensemble des donneurs potentiels dans un hôpital et s’occupent de toute la chaîne jusqu’au prélèvement de l’organe. Ils passent ensuite le relais aux coordinateurs de greffe qui prennent en charge l’autre bout de la chaîne jusqu’à la transplantation de l’organe au receveur. Infirmiers.com est allé à la rencontre de deux acteurs majeurs de la chaîne de transplantation, pour une première d’une série « Vu de l’intérieur… ». A l'occasion de la journée nationale de réflexion sur le don d'organes et la greffe et la reconnaissance aux donneurs, le 22 juin 2018, cette rencontre et d'autant plus justifiée !

Une série vidéo au coeur des pratiques infirmières !

« Vu de l’intérieur... », voici le nom d’une série signée Infirmiers.com. La rédaction vous propose des rendez-vous réguliers avec, à chaque fois, une immersion dans un secteur du soin particulier, au plus près des infirmiers. Ce programme s’inscrit dans la suite logique de notre ligne éditoriale qui tient à valoriser le métier d’infirmier sous toutes ses facettes. Si vous souhaitez faire découvrir votre pratique, n’hésitez pas à contacter la rédaction pour un reportage.

Si vous ne visualisez pas correctement cette vidéo, rendez-vous sur notre chaîne youtube !

A l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP), les équipes des infirmiers coordinateurs s’activent. Les deux équipes, celles qui se chargent du prélèvement et celles qui gèrent la partie transplantation occupent deux bâtiments différents. Elles ont des contacts, bien sûr, puisqu’elles se passent le relais, mais comme l’explique Frank Ferrari, coordinateur hospitalier de prélèvement d'organes et de tissus à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP), dans la majorité des cas, le coordinateur de prélèvement ne connaît pas le nom du receveur et le coordinateur de greffe ne connaît pas le nom du donneur, c’est très important. Ce protocole permet à la démarche de rester anonyme grâce au numéro Cristal, un numéro à six chiffres attribué par l’Agence de la biomédecine, qui suivra l’organe du prélèvement à la transplantation.

« Avec les familles, on n’est pas chronométré »

Tout commence avec les infirmiers coordinateurs de prélèvement. Quand un patient est dit en état de mort encéphalique, c’est là que Frank Ferrari intervient. Notre travail consiste d’abord à vérifier que le diagnostic de mort encéphalique (très précis) est posé dans les bonnes conditions. Le patient est alors déclaré décédé. A ce moment-là, on va rencontrer les proches du défunt pour l’entretien de recherche de non opposition au don, mais aussi parce qu’une partie importante de notre métier consiste à accompagner les proches au-delà du don d’organes. Souvent, on nous dit : mais là, la famille a refusé le don d’organe, pourquoi ça fait une heure que tu es avec elle en entretien ? Ce qu’il faut savoir c’est qu’on n’est pas chronométré, ce qui est une bonne chose. Parfois, on prend le temps d’expliquer comment les choses vont se passer, quelles sont les règles à suivre après un décès, pour répondre aux questions s’il y en a...

Journée nationale de réflexion sur le don d'organes et la greffe et la reconnaissance aux donneurs, 22 juin 2018

Rappeler la loi

Chacun d’entre nous est donneur présumé depuis la loi de 1976. Ce qui a changé au 1er janvier 2017 ? Une modalité vient simplifier le consentement puisque le formulaire permet en outre de s'opposer au prélèvement de certains organes et tissus, et d'accorder son autorisation pour d'autres. De plus, si le refus a été notifié oralement, il est à présent demandé au proche auquel l'opposition a été exprimée de retranscrire de façon manuscrite et signée les circonstances précises de son expression.

"On est tous donneurs d’organes… Et c’est bien parce qu’on peut tous un jour être receveurs !"

Quelques chiffres - Bilan 2017

  • En 2017, au total 23828 patients ont été en attente d’un organe (sachant toutefois qu’au 1er janvier 2017 il y avait 7487 patients de la liste qui avaient été mis en contre-indication temporaire de greffe par leur médecin).
  • Plus de 6 100 greffes d’organes ont été réalisées en France en 2017.
  • 2017 marque la première année du Plan Greffe 3 qui court jusqu'en 2021.
  • En 2017, 6105 organes ont pu être greffés à des patients en attente : 467 greffes cardiaques, 378 greffes pulmonaires, 1374 greffes hépatiques dont 18 à partir de donneurs vivants, 3782 greffes rénales dont 611 à partir de donneurs vivants, 96 greffes pancréatiques et 2 greffes intestinales ; soit +3.5% par rapport à 2016.
  • L’activité de greffe à partir de donneurs décédés dans le cadre d’une limitation ou d’un arrêt des thérapeutiques (Maastricht III) initiée fin 2014, a permis 234 greffes d’organes au cours de l’année 2017 (114 en 2016).
  • La majorité des greffes reste réalisée sur des sujets en état de mort encéphalique avec 1 796 donneurs* - donneurs recensés et prélevés en état de mort encéphalique (hors donneurs décédés après arrêt cardiaque et hors donneur vivant) - en 2017 (1 770 en 2016). L’âge moyen des donneurs en état de mort encéphalique augmente très légèrement : 57,8 ans (56,1 ans en 2016).
  • Le taux d’opposition connait une légère baisse avec un taux de 30,5% (33% en 2016).
  • En France, en 2017, plus de 57 000 personnes vivent grâce à un organe greffé et plus de 75% des personnes greffées vivent bien avec leur greffon après 10 ans de greffe.

Voir le spot TV à l'occasion de la journée du 22 juin 2018 et Liste des événements prévus à cette occasion 
Source chiffres- Agence de la Biomédecine

Dialoguer avec les proches, au cœur du métier de coordinateur

Au cœur du métier des infirmiers coordinateurs que ce soit au niveau du prélèvement ou de la transplantation, le dialogue avec les familles est essentiel. Lorsque la personne décédée ne s’était pas opposée au don d’organes de son vivant, la famille peut malgré tout avoir des réticences. Il faut alors répondre à toutes les questions qui peuvent sous-tendre son refus. Parfois c’est parce que les proches ne savent pas du tout comment ça se passe, parfois ils pensent qu’il y a du trafic ou qu’on va leur rendre le corps complètement ouvert ou dépecé, on entend des mots comme ça très fort, raconte Frank Ferrari. Notre travail, à ce moment-là, c’est de rétablir la vérité et de répondre aux questions.

De l’autre côté de la chaîne, Louise Gomplewicz, infirmière coordinatrice de transplantation hépatique à la Pitié-Salpêtrière (AP-HP) résume ainsi son rôle Nous sommes là pour accompagner le patient dans son parcours de transplantation, pour être les interlocutrices entre le patient et l’équipe soignante, pour faciliter le parcours et aider au mieux le patient à accepter ces étapes anxiogènes. On travaille beaucoup avec la famille, parce que les proches sont essentiels pour accompagner et soutenir la personne transplantée

Pour en savoir plus

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Journaliste susie.bourquin@gmail.com @SusieBourquin

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