AU COEUR DU METIER

IPA : Non, les infirmières ne veulent pas prendre la place des médecins

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Pratique avancée

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Je viens de lire un article tout à fait fascinant dans lequel on parle de nous autres, les infirmières. Et qui résume les propos tenus par M. Battistoni, président de MG France. Qui sont les suivants : Les infirmières de pratiques avancées ont un profil de compétences très proche de celui des médecins généralistes. Ce qui est potentiellement porteur de grand danger si elles sont autonomes. Ou si elles viennent du secteur hospitalier. Une explication s’impose d’après L’Infirmière Insoumise, qui a partagé ce billet sur son blog…

poingts serrés gants de boxe

"Rappelons aux médecins qui s’insurgent contre nous autres infirmières, que nous n’exerçons absolument pas le même métier. Que nous ne souhaitons pas prendre votre place".

Nous ne sommes pas sans savoir que notre profession va probablement connaitre certains changements. Notamment sur le sujet des IPA. Mais alors là, attention. C’est là que vous devez vous accrocher aux accoudoirs de votre fauteuil. Si vous n’en n’avez pas, vous risquez de tomber. Certains médecins ont décidé de s’en mêler. Pourquoi ? Visiblement, ils ont peur, à lire et écouter les propos tenus par M. Battistoni, qu’on leur pique leur travail.
En effet, lors de l’interview qu’il a donnée à Raphaëlle Duchemin le jeudi 5 avril sur Europe 1 il a dit, je cite : S’il s’agit de créer un autre corps professionnel qui vient prendre notre place, ça ne nous convient pas

Petit recadrage…

Rappelons aux médecins qui s’insurgent contre nous autres infirmières, que nous n’exerçons absolument pas le même métier. Que nous ne souhaitons pas prendre votre place. Parce que sinon, on aurait déjà repris nos études. Car, oui, maintenant il existe des passerelles. Et que, non, nous ne sommes pas non plus des infirmières frustrées. Nous ne nous sommes pas rabattues par dépit sur notre profession. Nous l’avons choisie. Pour accompagner le patient. Et c’est exactement ce que le rôle d’IPA sera. Un rôle d’accompagnement, d’éducation au patient, et de prévention. Dans le but de limiter les visites chez le médecin, et les hospitalisations. Dans le but d’arriver à une prise en charge globale, avec un seul objectif, le bien-être de nos patients. Ça vous parle non ?

Non, nous ne sommes pas non plus des infirmières frustrées. Nous ne nous sommes pas rabattues par dépit sur notre profession. Nous l’avons choisie.

C’est tout. Ce n’est pas pour d’autres raisons que les infirmières veulent voir évoluer leur métier. Et puis, rappelons au passage, que là, ce sont les médecins qui se plaignent d’en avoir trop, du travail. Certes, j’ai bien compris que c’est à cause de la lourdeur administrative. Et qu’ils souhaitent pouvoir recentrer le patient au cœur de leur pratique. Et que, du coup, ils sentent arriver d’éventuels glissements de tâches…

Mais de là à aller rabaisser notre profession, il y a tout de même un monde.

Les généralistes et hospitaliers, que je côtoie, aussi bien en formation, dans mon travail, que dans ma vie personnelle, n’ont à priori pas du tout la même opinion sur les infirmières que les propos tenus et que je prends comme injurieux à l’égard de notre profession. Car eux, sont des gens bien. Qui n’appartiennent pas à cette catégorie abominable de praticiens qui me donne la nausée. Ceux qui ne pensent qu’au fait que nous ne sommes là que pour leur voler une partie de leurs compétences et de leur patientèle. Alors merci à ceux que je côtoie. Merci pour le respect que vous me témoignez et les échanges que l’on peut avoir et qui enrichissent ma culture personnelle et professionnelle. Parce que, dire merci, c’est tellement important. Avec un respect mutuel constant, avec un travail en commun dans l’intérêt du patient, nous pourrions entreprendre tellement de choses. Et oui, une fois encore, je crois à l’impossible peut-être, mais c’est tellement beau de rêver. Se réunir est un début, rester ensemble est un progrès, travailler ensemble est la réussite. Henry Ford.

Cet article a été publié sur le blog L'Infirmière Insoumise, que nous remercions chaleureusement de ce partage. 

Retrouvez aussi notre article : Pratique avancée : "Il faut que les médecins se détendent...", selon les infirmiers.

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Commentaires (1)

binoute1

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521 commentaires

#1

belle mise au point

et maintenant, il faudrait faire la même entre IDE : pour dire que non ce n'est pas parce qu'on n'est pas pour le statut d'IPA qu'on est rétrograde, qu'on trine les pattes, qu'on est une IDE empêcheur de bosser en rond.
Peut être qu'on préférerait simplement que la "bataille" se fasse d'abord sur la valorisation de notre DEI.
Peut être que au lieu de vouloir toujours en faire plus, on préférerait avoir le temps de faire correctement tout ce qu'on a à faire actuellement.

Et parce que quand je lis ce propos"Et c’est exactement ce que le rôle d’IPA sera. Un rôle d’accompagnement, d’éducation au patient, et de prévention", j'ai envie de dire non ! ce n'est pas un role d'IPA, mais le role de l'IDE tout simplement ;)