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Edito - « Je veux vieillir chez moi »

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Construit comme un reportage, constitué de portraits, d’interviews et de points de vue d'experts du grand âge, ce bel ouvrage « Je veux vieillir chez moi » dépasse les clichés, pose les bonnes questions et présente une vision de la vulnérabilité liée au grand âge, où les auxiliaires de vie apparaissent comme des sentinelles attentives à la vie, quelle qu’elle soit. Un ouvrage utile et bienveillant.

auxiliaire de vie sénior

A lire - Un regard sensible sur les auxiliaires de vie

Indispensables au maintien à domicile des personnes âgées parmi les plus vulnérables, les auxiliaires de vie sociale sont des travailleurs « invisibles ». Qui les connaît, les reconnaît, valorise leurs compétences, met en lumière leur travail quotidien ? En effet, sans Fatiha qui fait ses courses, Suzanne ne mangerait plus de fruits frais. Sans Johana qui l’aide à se préparer pour la nuit, Lucienne dormirait toute habillée. Sans Bertrand qui fait la toilette de Monique, Jacques ne pourrait plus garder sa femme auprès de lui. Sans Halima qui boit le café avec elle, Arlette traverserait les jours sans parler à personne…

S'ils sont des acteurs essentiels dans le maintien à domicile des personnes âgées, et qu'ils sont d'ailleurs reconnus comme  tels par leurs bénéficiaires – "on nous accueille comme le soleil" déclarent-ils, leur travail n'est pas valorisé

La journaliste Véronique Châtel, spécialisée dans les sujets de société et les récits de vie et le photographe Serge Verglas ont décidé de proposer un autre regard sur ces sentinelles attentives à la vie et à la vulnérabilité du grand âge. Leur ouvrage « Je veux vieillir chez moi. Reportage sur les auxiliaires de vie », s'appuyant sur des portraits, des interviews et des points de vue de spécialistes dépasse les clichés et présente une vision différente de la vulnérabilité liée au grand âge où les auxiliaires de vie sont des héroïnes du quotidien de par leur présence rapprochée et leurs multiples actions envers tous ceux qui souhaitent vieillir chez eux et qui y parviennent grâce à elles. Comme Véronique Châtel le souligne, cet ouvrage est  né d'un paradoxe, d'un côté on accorde de l'importance à la vie qui se prolonge et de l'autre, on la déconsidère. Comment expliquer en effet qu'on envoie au domicile de femmes et et d'hommes qui vivent depuis plus longtemps que d'autres, dont le capital humain est par conséquent particulièrement riche, des femmes et des hommes dont on ne s'offusque pas qu'ils soient des travailleurs pauvres et non reconnus, alors même qu'ils vont y jouer un rôle d'auxiliaire de vie ?

Un regard sur les auxiliaires de vie, ces sentinelles attentives à la vie et à la vulnérabilité du grand âge

auxilaire de vie

Aussi doux et prévenants soient-ils, les auxiliaires de vie représentent cependant une intrusion dans ce que les gens ont de plus cher. De fait, chaque domicile a ses codes et ses mystères que l'auxiliaire de vie doit vite décrypter… Le métier d'auxiliaire de vie social peut donc exposer à une forme d'agressivité de la part des bénéficiaires. C'est inévitable vu qu'il s'exerce à leur domicile. Or le domicile n'est pas seulement l'endroit où vivent ces personnes. Il représente bien plus que cela, surtout quand elles sont âgées et restent chez elles l'essentiel de leurs journées. Le domicile est une sorte de peau qui contient les angoisses et protège des dangers de l'extérieur écrit Véronique Châtel. Blanche, 92 ans, l'explique très bien, C'est très agaçant de voir débarquer chez moi des personnes que je ne connais pas pour faire mon lit, trier mon linge sale, me laver les cheveux. Je me sens toute bête. Comme si elles savaient mieux que moi ce qu'il faut faire pour moi. Il y a des moments où je ne me sens plus chez moi.

Un avis que Jean-Paul , 77 ans ne partage pas. Récemment, alors que j'étais très affaibli, j'ai du faire ma toilette au lit. J'ai craint le pire. J'en étais presque recroquevillé de terreur. Mais l'auxiliaire de vie s'y est prise d'une manière si délicate, si bienveillante, que j'en aurais pleuré. Elle a réussi à ce que je ne me sente pas dévalorisé parce que fragilisé. Avec ses gestes doux et précis, elle m'a signifié que je méritais qu'on s'occupe de moi. Je n'oublierai jamais ce moment : cela a été pour moi une leçon d'humanité. On peut se sentir un homme, même dans les pires situations… mais cela dépend de la qualité de certains êtres.

Jasmine, 48 ans, explique que la première fois que j'arrive chez quelqu'un, j'ai toujours un petit coup au coeur. Et si la personne refusait de me laisser entrer ? Je fais ce métier parce que j'aime rendre service aux gens et me sentir utile. Passer d'un domicile à l'autre, c'est à chaque fois entrer dans une nouvelle histoire et d'une semaine à l'autre, le comportement des bénéficiaires peut évoluer. Un auxiliaire en témoigne : on ne pas fonctionner au radar, tous nos sens sont interpellés. L'imprévu qui guette à chaque intervention à domicile est aussi le fait de l'âge avancé des bénéficiaires.

Mal connue, pas reconnue et donc pas rémunérée à sa juste valeur, la profession d'auxiliaire de vie n'attire pas que des passionnés...

auxiliaire de vieIl faut s'immerger dans ces échanges entre ces professionnels et leurs bénéficiaires pour comprendre la complexité du travail d'auxiliaire de vie sociale, poursuit Véronique Châtel et l'arrivée des hommes dans cette profession permet d'en avoir une lecture plus objective. Et de poursuivre : plus la profession d'auxiliaire de vie sera reconnue à sa juste valeur, plus elle attirera des professionnels de la qualité de ceux que ce livre amis en lumière. Si on peut faire confiance au professionnalisme des auxiliaires de vie, on accueillera ces derniers plus facilement à son domicile. C'est en donnant de la valeur aux auxiliaires de vie et en reconnaissant leurs qualifications que l'on donnera de la valeur à la vie dans le grand âge, y compris en perte d'autonomie.

Je veux vieillir chez moiUn ouvrage particulièrement utile à l'heure où les politiques de santé s'interrogent sur la prise en charge de nos aînés, d'autant lorsqu'ils sont en perte d'autonomie, et que vieillir à domicile et y rester le plus longtemps possible, constitue un défi de taille pour notre société. Sans aides et soutiens humains, beaucoup n'y parviendraient pas. Voilà pourquoi vieillir à domicile n'est envisageable qu'avec la contribution, à un certain moment, des auxiliaires de vie sociale dont la mission quotidienne doit s'articuler au mieux avec celle d'autres acteurs, garants également d'un maintien à domicile efficient, à savoir notamment les infirmiers libéraux.

Je veux vieillir chez moi de Véronique Châtel, Editions Scrinéo, Les carnets de l'info, octobre 2015, 144 p. 29,90 €. Photos et copyright de Serge Verglas.

Creative Commons License

Bernadette FABREGASRédactrice en chef Infirmiers.combernadette.fabregas@infirmiers.com @FabregasBern

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Commentaires (7)

execho

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#7

et le comble...

c'est quand il laisse la belle fille ou la fille faire la toilette pendant cinq ans, sans sorties,sans vacances.Je l'ai vu,nous sommes enfin intervenues ,car une copine lui a enfin expliqué que c'était possible.

execho

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188 commentaires

#6

prescription médicale...

alors que cela serait justifié,les médecins ne font pas de prescriptions de soins infirmiers si il sait que les infirmières libérales de son secteur(ou suppose ,sur quelle base?) ne vont pas répondre présente.En l'absence de prescription,l'acte devient légal pour l'avs.....qui n'en demandait pas tant vue la paye et la formation,et à la charge financière du patient,qui pendant ce temps n'a pas d'autres prestations:ménage,courses,cuisine.Les médecins sont déresponsabilisés et pas au point sur qui doit faire quoi.

moutarde

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493 commentaires

#5

Et vous encouragez ça ?

Une aide ménagère peut faire le boulot d'une AVS sans toucher son salaire.

On n'a pas la même notion du respect.

L'une est exploitée, l'autre a fait l'effort d'une formation qui ne la revalorise pas et la PA subit.

Enfin, je rappelle que l'AVS et encore moins l'aide ménagère n'agissent pas sur prescription médicale, contrairement au ssiad ou l'IDEL.
.

Fanette27

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2 commentaires

#4

Etant étudiante inf

et faisant des remplacements à l'ADMR en tant qu'AVS, je peux dire qu'une AVS peut autant faire du ménage que de l'aide à la toilette ou des aides alimentaires. Et parfois chez des patients lourds qui requièrent plutôt l'aide d'un SSIAD.
Par ailleurs, au sein de mes collègues, nombreuses sont celles qui n'ont aucune formation, qui apprennent sur le tas. Elles développent le plus souvent une certaine expertise de part leur expérience, mais quand elles commencent, elles sont souvent peu expérimentées, et jetées dans le grand bain avec une journée de doublure et basta. Elles sont courageuses et méritantes de faire ce travail durant toute leur carrière. Elles ont tout mon respect et mon admiration.

moutarde

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#3

Frustration mal placée ?

Aide ménagère et AVS sont en effet des aides à la personne à domicile.

Mais l'AVS a une formation, une qualification, des compétences reconnues (statutaires et salariales)que n'a pas l' aide ménagère. Et son travail est différent.

Pour être reconnue comme AVS, il faut passer le DEAVS.

A noter que l'AVS n'intervient pas sur une prescription médicale.

Cœur.com

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1 commentaires

#2

Réponse

Ah oui et depuis quand les avs et aide à domicile svp et pas aide ménagère ...on est pas des femmes de ménage ....parce que oui on a le même boulot et oui on a les mêmes compétences ...vous vous prenez pour qui ..pour une infirmière peut être....
On fait le même boulot ...alors vos commentaires depuis vos grands airs je sais tout gardez les pour vous et ne rabaissez pas les aide à la personne svp

moutarde

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#1

Il ne faut pas confondre

aide ménagère et AVS.

Ce n'est pas le même boulot, les mêmes compétences, et donc le même salaire.

Je dirais aussi attention aux glissements de tâches pour les boîtes d'aides à domicile fasse du fric. Cela doit être assez lucratif car chez moi, il s'en ouvre tous les 2 jours...

Sans faire de généralités, je constate personnellement beaucoup d'absentéisme et de turn-over.

Enfin maintenant avec les caisses des départements qui se vident, et l'APA qui n'est plus distribué aussi généreusement qu'auparavant, nous constatons pas mal de problèmes.