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Libération des voies aeriennes

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Secourisme

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1. Principes

La libération des voies aériennes (L V A), le maintien de cette liberté de passage de l'air et les gestes qui permettent une meilleure mécanique ventilatoire sont des actes fondamentaux en secourisme face à toutes les situations où il existe obstruction ou menace d'obstruction : malaise, fausse route, troubles de la conscience, difficultés ventilatoires, ventilation bruyante...

2. Techniques

Les manœuvres employées seront adaptées à la situation: circonstances, signes présentés, risques évolutifs.

  • Systématiquement : dégrafer les vêtements qui gênent la ventilation: cravate, col, ceinture, pantalon.
  • Chez toute victime inconsciente sur le dos: bascule prudente de la tête en arrière et traction sur le menton en avant; cette manouvre réalisée en un seul geste permet de dégager la base de la langue du carrefour aéro-digestif où elle a tendance à s'affaisser du fait du relâchement musculaire et évite la bascule de l'épiglotte (repli qui ferme l'orifice du larynx lors de la déglutition). Elle doit toujours être pratiquée avant le bilan de la ventilation; si la victime ventile, la protection des voies respiratoires sera assurée par la mise en PLS.
  • Lorsqu'il existe une obstruction évidente par un objet visible dans la bouche ou un liquide (sang, vomissements...), il faut effectuer rapidement :
    • un nettoyage digital (prendre le corps étranger entre deux doigts, absorber le liquide à l'aide d'une compresse entourant un doigt...)
    • et/ou une aspiration instrumentale à l'aide d'une canule d'aspiration oro-pharyngée connectée à un dispositif aspirateur de mucosités.
  • En cas d'obstruction complète et brutale des voies aériennes par un corps étranger inhalé accidentellement, il faut réaliser d'emblée une manœuvre de Heimlich, dans la position où se trouve la victime au moment de l'accident; l'augmentation de pression ainsi créée dans les poumons permet de repousser le corps étranger dans le carrefour aéro-digestif d'où il sera extrait, soit par la victime elle-même lorsqu'elle est restée consciente ( déglutition, crachat. ..) soit par extraction digitale.
        Il ne faut pas pendre un enfant en bas âge par les pieds pour chasser un corps étranger mais l'installer sur un avant bras du sauveteur et lui taper dans le dos; si cette manouvre n'est pas efficace, on doit le retourner et exercer des pressions directement sur le thorax, jusqu'à libération des voies aériennes.
        Il faut penser également à une obstruction basse des voies aériennes lorsque les insufflations s'avèrent impossibles chez une victime en arrêt ventilatoire, malgré les autres techniques de libération, et pratiquer une manœuvre de Heimlich, ou son équivalent chez le nourrisson.
        En désespoir de cause, en l'absence d'efficacité des ces techniques, on peut réaliser une insufflation en force (par bouche à bouche) dans l'espoir de chasser le corps étranger dans une des deux bronches souches ; ce qui libère un poumon et permet à nouveau une oxygénation de la victime.
  • Le motard inconscient porteur d'un casque intégral doit bénéficier d'un retrait systématique du casque (avec une méthode rigoureuse et la pose d'un collier cervical) ce qui permet de vérifier la liberté des voies aériennes et d'assurer si nécessaire une désobstruction avant mise en PLS.
  • En cas de difficulté de ventilation au masque malgré une bonne technique, on peut mettre en place une canule de Guédel pour palier à l'obstruction partielle liée à la langue; ce qui peut être le cas lors de fractures déplacées du maxillaire inférieur ou d'un gros œdème de la langue par exemple. Pour choisir sa taille, prendre une canule dont la longueur est égale à la distance oreille (tragus) - commissure des lèvres. Mais ce dispositif ne doit pas être placé de façon systématique car la stimulation du pharynx qu'elle entraîne peut favoriser nausées ou vomissements.
  • Toute autre cause susceptible d'entraver la ventilation sera supprimée : corde du pendu, incarcération, mauvaise position, dentier...

3. Remarques

L'ouverture et le nettoyage de la bouche ne sont pas réalisés de façon systématique, « à l'aveugle » : l'introduction d'un doigt ou d'une canule dans la bouche d'une victime n'est jamais sans risque et les vomissements provoqués sont incomparablement plus dangereux qu'un hypothétique corps étranger; ce geste est donc limité aux cas suivants :

  • il existe un objet visible potentiellement ou manifestement obstructif
  • la bouche est pleine de sécrétions gênant la ventilation (vomissures, sang...)
  • il est impossible de réaliser des insufflations : la désobstruction digitale précède ou suit la pratique de la manœuvre de Heimlich. ..

La pose d'une canule de Guédel chez une victime sans détresse ventilatoire (comateux, intoxiqué...) est formellement interdite !
Le casque peut être retiré par une équipe de secouristes quel que soit le type de casque et l'état de la victime (ce qui facilitera l'examen de la victime et son relevage) à condition de toujours respecter l'axe tête-cou-tronc ; en cas de déformation importante du casque, il vaut mieux attendre l'avis médical...
La bascule de la tête en arrière n'est pas nécessaire pour ventiler artificiellement un bébé ; elle peut être même la source d'une difficulté de ventilation.

Dr Thomas HERVE
BSPP

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