Le référentiel de formation des cadres de santé étant obsolète depuis des années, la communauté espère vivement que les travaux sur sa réingénierie reprennent.
Un référentiel de formation des cadres de santé obsolète
Cette évolution est un serpent de mer, puisque la communauté en parle depuis au moins dix ans, sans qu’un consensus se soit dégagé. Car en effet, l’Arrêté du 18 août 1995 qui synthétisait les modalités d’accès à cette formation, le référentiel sur lequel elle reposait, ainsi que les conditions d’obtention du diplôme de cadre de santé sont obsolètes et des tentatives de réforme ont fait l’objet de discussions depuis dix ans. Il y a quelques années, même si les arguments des uns et des autres semblaient converger, le cabinet du ministère de la Santé n’avait pas donné suite.
Une conjoncture politique peu propice à l’avancée des dossiers
Il faut dire que, au rythme où les gouvernements se sont succédé en France depuis le second septennat du Président Emmanuel Macron, les dossiers de fond n’ont pas pu être pris en main de manière continue, le cabinet devant s’adapter à chaque fois à une nouvelle politique, une nouvelle sensibilité, un nouveau paradigme. Et il y a peu de chances qu’il en soit autrement durant l’année et demie qui nous sépare des prochaines élections présidentielles. Mais nous avons espoir que les discussions reprennent, la nouvelle ministre de la Santé, Stéphanie Rist, ayant récemment, affirmé son attachement aux personnels soignants en général et aux cadres de santé en particulier.
Une ministre de la Santé très sensible au sort des personnels soignants
Citons, pour rappel, la Loi Rist d'avril 2021, intitulée «Améliorer le système de santé par la confiance et la simplification», qui extrapolait les mesures issues du Ségur de la Santé pour faire évoluer la gouvernance hospitalière en redonnant de l’importance au service de soins et aux chefs de service ou qui élargissait les directoires aux soignants et aux usagers. Comme un rappel de l’intérêt que cette femme politique porte à notre fonction, ces diverses dispositions législatives nous laissent à penser que l’année 2026 sera celle de la réingénierie de la formation des cadres de santé.
L'espoir de voir les travaux sur le nouveau référentiel de formation reprendre vie
Car déjà, à l’occasion des 32èmes Journées des cadres de santé de l’Ancim, le représentant de la Direction Générale de l’Offre de Soins (DGOS) Nicolas Delmas nous assurait que les travaux relatifs à cette réingénierie reprendraient une fois que celle concernant les infirmiers serait publiée. C’est chose faite depuis la parution du Décret du 24 décembre 2025 relatif aux activités et compétences de la profession d'infirmier, ce qui nous laisse de l’espoir. Mais sur quelles bases cette réforme doit-elle s’appuyer? De fait, deux tendances vont rapidement se faire face.
Deux tendances opposées quant au devenir de la formation des cadres de santé
Il y a tout d’abord les partisans d’une dichotomie pure et simple entre la formation de cadre manager et celle de cadre formateur. Le même Nicolas Delmas est de ceux-là, il l’a clairement exprimé lors des Journées des cadres d'imagerie 2025, à l’instar des responsables du Comité d’Entente des Formations Infirmière et Cadre (CEFIEC), qui défendent ce concept depuis longtemps. Ils feront face aux partisans du statu quo, qui préfèrent voir organiser un tronc commun de formation manager/formateur complété, ou pas, par une spécialisation en deuxième partie de cursus, l’idée étant de faire perdurer les passerelles d’accès de l’un à l’autre.
L’année 2026 pourrait ainsi être décisive pour l’avenir de la fonction de cadre de santé. Nous suivrons, bien évidemment, de très près ces évolutions pour vous les faire vivre en temps réel. Mais en attendant, je me joins à la Rédaction tout entière d’infirmiers.com pour vous la souhaiter heureuse et enrichissante, remplie de succès et de beaux projets.
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