Dans un rapport publié en mars 2025, l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) annonçait vouloir réformer l’Agence nationale du développement professionnel continu (ANDPC), qui a la charge de maintenir les connaissances et d’améliorer les compétences des professionnels de santé.
Une refonte rapide du système de développement professionnel continu
Dans ce rapport, l’IGAS cible l’incapacité de l’agence à accompagner la généralisation du DPC et à le synchroniser avec la nouvelle obligation, depuis 2023, de certification périodique des professionnels à Ordre, ce qui représente plus de la moitié des professionnels de santé (1,125 million de personnes). Elle estime notamment nécessaire de supprimer l’obligation de DPC, qui, sous réserve d’aménagements, pourrait être maintenue pour tout ou partie des professions sans ordre.
L’IGAS propose d’autre part, pour assurer la soutenabilité financière de la certification périodique, de créer un droit de tirage pour chaque professionnel afin de suivre les montants engagés pour le financement des actions et de supprimer l’ANDPC afin d’en transférer les moyens à la Haute autorité de santé (HAS). Celle-ci s'emparerait du volet scientifique, tandis que France Compétences se verrait confier le volet du pilotage financier et de la gestion des fonds.
Une inquiétude quant au maintien des compétences des professionnels
Cette annonce ne fait pas l’unanimité, à commencer au sein du personnel de l’ANDPC elle-même. Dans un communiqué du 25 novembre 2025, le Conseil Social d’Administration (CSA) de l’agence fustige la facilité avec laquelle le ministère a décidé de la suppression de l’agence «sans jamais mesurer l’onde de choc humaine, organisationnelle et institutionnelle que cela génère». Le CSA évoque également des attaques virulentes ainsi qu’un dénigrement du travail des agents de l’ANDPC sans soutien de la part du ministère.
Du côté de la Fédération de l’hospitalisation Privée (FHP), on craint une diminution majeure de l’enveloppe dédiée au nouveau dispositif de promotion interne des professionnels de santé du secteur couvert par l’OPCO santé. Dans un communiqué du 12 décembre 2025, elle évoque un risque de voir les capacités des établissements à maintenir leur activité et à garantir l’accès aux soins dans certains territoires. Elle y appelle à défendre une politique de formation ambitieuse, construite autour du dialogue social, dans une perspective pluriannuelle et territorialisée.
Quel processus de transformation pour le DPC ?
Pour tenter de calmer les esprits, Romain Bégué, sous-directeur des ressources humaines du système de santé à la Direction générale de l'offre de soins (DGOS), explique, dans une interview donnée à la plateforme Medscape, que le ministère de la Santé n’a pas encore arbitré entre les différents scénarios possibles de transformation de l’Agence. Il confirme toutefois qu’elle fermera en 2027. Il assure que le DPC demeurera une brique de l’obligation de certification périodique, tout en restant évasif quant aux différents scénarios possibles et aux calendriers.
Romain Bégué indique également que la double obligation de DPC et de certification périodique va disparaître pour les professions à Ordre, et que l’obligation de DPC a vocation à demeurer pour les autres professions, le Parlement étant chargé d’en définir le calendrier. Il annonce la publication d’un décret dans les prochaines semaines qui décrira les modalités de contrôle de l’obligation de certification périodique et permettra la mise en place d’un système d’information pour mesurer l’avancement de chaque professionnel concerné.