ENQUÊTE

Les cadres de santé débordés et sous pression dans le public comme dans le privé

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Publié le 12/12/2025

L’Association pour l'emploi des cadres (Apec) a mené une étude sur les risques psychosociaux (RPS) auxquels peuvent être confrontés les cadres managers hospitaliers. Les sondés affirment travailler sous pression et évoquent des situations de stress. Mais le fait d’exprimer leur vulnérabilité n’est pas compatible avec leur posture de cadre.

Les répondants ont affirmé à 41% travailler souvent sous pression – contre 24% chez les non-cadres – et un tiers déclarent une santé mentale dégradée (stress intense, anxiété, épuisement). À noter qu’être cadre manager semble accentuer l’exposition aux RPS puisque ces derniers témoignent de situations de stress intense plus fréquentes que les cadres non-managers (respectivement 58% vs 52%). Ils sont aussi plus nombreux que les cadres non-managers à travailler dans l’urgence ou à devoir penser à trop de choses dans leur travail (62% vs 53%).

La surcharge de travail, première cause de dégradation de la santé psychique

Les managers citent également la surcharge de travail comme la première cause de la dégradation de leur santé psychique. C’est ainsi que 9 managers sur 10 estiment avoir un rôle à jouer en matière de prévention et d’accompagnement de la santé mentale de leurs collaborateurs, mais souvent avec peu de moyens, et oublient parfois de se ménager eux-mêmes.

Exprimer leur vulnérabilité peut, enfin, leur paraitre incompatible avec leur statut et ils sont encore nombreux à considérer que parler de leurs difficultés peut nuire à leur évolution professionnelle. Cette culture du dépassement, liée à la posture des cadres et aux injonctions à leur égard, peut amener parfois à des réactions qui aggravent encore la situation et conduire à un sur-engagement et un isolement. 

L’enquête de l'Apec

Cette enquête s’appuie sur un volet qualitatif, mené en mai 2025, avec des entretiens individuels menés auprès de cadres managers, un volet quantitatif mené en juin 2025 auprès d’un échantillon de 2 000 cadres salariés et 10 entretiens réalisés auprès de professionnels de la santé mentale intervenant dans le champ du travail.

Pour en savoir plus.


Source : infirmiers.com