La prise en charge des personnes âgées est un des problèmes majeurs que la société devra résoudre à moyen terme. Il s’agit d’un domaine aux multiples facettes qui englobe un large éventail de services et de systèmes de soutien. Les maladies chroniques – syndromes cardiaques, diabète, cancer notamment – sont fréquentes chez les personnes âgées, et la charge que représente le vieillissement de la population pour les systèmes de santé s’accroît toujours un peu plus. Aujourd'hui, 20 % de la population française a plus de 65 ans.
Des établissements qui ne peuvent plus assumer leur rôle d’hospice
Pour les maintenir en santé, il existe des approches innovantes qui allient le «cure» et le «care». C’est ainsi que, selon la gradation de la maladie, les possibilités de prise en charge s'avèrent multiples, depuis l’EHPAD jusqu’au service de soins aigus, en passant par les soins palliatifs ou l’hospitalisation à domicile (HAD). Ces initiatives témoignent d'une prise de conscience croissante de l'importance de politiques adaptées pour répondre aux besoins des populations vieillissantes.
Car les établissements de santé ne peuvent plus, à eux-seuls, assumer leur rôle ancestral d’hospice. Ils doivent faire face, tout à la fois, à des flux de patients parfois excessifs, comme en période de canicule ou à un financement insuffisant, alors que, dans le même temps, la pénurie de personnel de santé suscite inquiétude et circonspection.
Des modèles d’organisations faisant la part belle aux soins coordonnés
Et même si les numerus clausus ont été récemment abandonnés, élargissant le panel de candidats à la carrière médicale, cette pénurie n’est pas près de disparaître, les jeunes professionnels ayant des objectifs d’équilibre entre vie professionnelle et vie privée beaucoup plus élevés que leurs aînés, entre autres caractéristiques générationnelles.
Les organismes de tutelles proposent donc des alternatives d’optimisation des soins, parmi lesquels des modèles répondant à une approche coordonnée impliquant divers professionnels de santé, les aidants et les patients, de même que les modèles de soins fondés sur la valeur, qui prennent en compte un ensemble global d’activités de soins pour une même personne dans un environnement donné. Les dispositifs électroniques de suivi à domicile ou en EHPAD peuvent également jouer un rôle important dans la conduite à distance de ces parcours de soins.
Les cadres de santé pierres angulaires des nouvelles organisations territoriales
Ces modèles sont censés faire intervenir auprès du patient des équipes de soins pluridisciplinaires impliquant des médecins, des paramédicaux variés parmi lesquels quelques nouveaux métiers taillés pour apporter de la productivité au système, ainsi que des intervenants sociaux. Et pour coordonner le tout, un cadre de santé dont les missions s’étendent à tout le bassin de population et qui se place en interface entre les soignants, les industriels fournisseurs de dispositifs médicaux et d’applications de santé, les responsables locaux et régionaux des Agences régionales de santé (ARS) et le patient.
À l’instar de ce qui est pratiqué dans les maisons médicales ou les centres locaux de santé, ces structures hybrides auront en effet besoin d’un management digne de ce nom, condition sine qua non de la bonne intervention du bon acteur au bon moment et de la planification des services rendus aux patients. Ainsi, cette collaboration pluridisciplinaire, valorisée par la prévention, les mesures en faveur de l’environnement et l'éducation des patients, sera à même de maintenir une population vieillissante en santé.