CANICULE

En mai, plus de 400 hospitalisations lors du premier épisode de canicule

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Publié le 09/06/2026

Le premier épisode de canicule de l'année 2026 a été marqué par une hausse des recours aux soins d’urgence dans les cinq régions touchées, à la fin du mois de mai. Un phénomène qui s'explique par la précocité de l'événement et une campagne de prévention qui n'a pu être déployée à temps.

Thermomètre planté dans le sable affichant 40 degrés

411 et 253. Ce sont respectivement les nombres des hospitalisations et des consultations SOS Médecins qui ont été enregistrés au cours du premier épisode de canicule de l’année 2026. Dans un bilan publié le vendredi 5 juin, Santé publique France constate ainsi une augmentation du recours aux soins d’urgence entre les 22 et 26 mai 2026, période durant laquelle une forte vague de chaleur a touché plusieurs régions de France (Bretagne, Île-de-France, Normandie, Nouvelle-Aquitaine et Pays de la Loire). Plus d’une centaine d’hospitalisations après passage aux urgences ont ainsi été recensées, avec un pic observé lors de la journée du 29 mai. Rien que ce jour-là, les autorités sanitaires en décomptent 231. «Parmi ces hospitalisations, 49 ont été en soins intensifs / réanimation, depuis le 22 mai», relève l’Agence de santé publique. Quelques jours plus tôt, le 26 mai, «journée la plus chaude jamais observée en mai avec une température moyenne de 24,9 °C à l’échelle du pays», ce sont les consultations SOS Médecin qui atteignaient un record pour la période : près de 300, un chiffre qui approche «les nombres maximaux observés les étés précédents», soit entre fin juin et début juillet, lors des canicules de 2025 et 2019. 

Ce recours aux soins d’urgence a concerné l’ensemble de la population, sans réelle distinction de classe d’âge, mais avec toutefois des motifs de prise en charge différenciés. «Les hyperthermies et coups de chaleur concernent principalement des personnes de moins de 15 ans et 15-44 ans», écrit Santé publique France. La hausse constatée chez ces catégories de population s’explique notamment par leur contexte d’activité, scolaire chez les premiers, professionnel chez les seconds. «Ce constat souligne l’importance de renforcer la prévention et l’adaptation des environnements fréquentés par ces populations en complément des mesures existantes», poursuit-elle. Les plus de 75 ans, eux, ont plutôt été touchés par des déshydratations et des hyponatrémies.  

Des messages de prévention à répéter

«Les vagues de chaleur constituent un défi majeur de santé publique et leurs impacts sur la santé ne doivent pas être négligés. Elles peuvent avoir des effets particulièrement importants sur la santé, en particulier des personnes vulnérables parmi lesquelles les personnes âgées, isolées, les personnes en situation de handicap, de précarité, mais également les patients atteints de pathologies chroniques, les femmes enceintes, les jeunes enfants et les travailleurs en extérieur ou en intérieur surchauffé», prévient l’Agence sanitaire. D’où l’importance de rappeler un certain nombre de mesures de prévention à mettre en place en cas de fortes chaleurs : boire régulièrement de l’eau, limiter ses activités physiques, sa consommation de thé et de café, ou encore passer du temps dans des endroits frais (cinémas, supermarchés...). 

Cet épisode caniculaire, si tôt dans l’année, a été qualifié par Météo France d’«inédit, historique et exceptionnel». «La France n’avait jamais atteint de tels niveaux de températures au mois de mai, particulièrement sur la façade ouest du pays avec notamment des nuits inhabituellement chaudes», relève de son côté Santé publique France. Et la population y était d’autant peu préparée que la campagne de prévention prévue par l’Agence sanitaire n’a pu être diffusée. Elle était prête, pourtant, ont fait valoir l’intersyndicale de Santé publique France et le collectif Santé publique en danger. Mais elle n’aurait pu être déployée faute du feu vert de Matignon. 

De son côté, le service d’information du gouvernement rattaché au Premier ministre a affirmé à l’AFP «avoir été saisi le 20 mai pour instruire en urgence une demande d’agrément» d’une «campagne de prévention dédiée aux fortes chaleurs» et avoir rendu un « avis favorable sous quarante-huit heures». La polémique s’inscrit dans un contexte tendu : celui de l’annonce fin janvier, par le chef du gouvernement Sébastien Lecornu, du transfert de certaines missions de Santé publique France vers le ministère de la Santé, dont les campagnes de prévention.  

 Accéder au premier bulletin national Canicule et Santé de Santé publique France


Source : infirmiers.com