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« Une erreur de l'Urssaf, ce serait tellement bien… »

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Mes mains tremblantes arrachent le haut de l'enveloppe pour sortir la lettre, la fameuse lettre de régularisation des cotisations Urssaf. Mes yeux se posent sur le chiffre en bas à droite et je manque de tomber à la renverse ! Mais, comment ?! Mais, what ?!

Coup de gueule infirmière libérale

Une erreur, ce serait tellement bien, pourtant au fond de moi, je sais bien que le nombre à quatre chiffres tout en bas n'est pas une erreur...

Purée, celle-là, je ne l'avais pas vu venir. Je pensais, que cette année, je ne m'en sortirais pas trop mal, mais j'avais omis un détail, un tout petit détail : le fameux N-2 ou comment grâce à un bond dans le temps de deux ans, on te calcule (par une opération aussi complexe qu'un problème de maths à vingt-cinq inconnus !) le montant (souvent vertigineux) de tes cotisations. J'exagère un peu mais personnellement, le détail de la régularisation de cotisation au verso de la feuille m'a toujours paru aussi clair que de l'eau de boue et je me suis, chaque année, demandé pourquoi N-2 et pourquoi pas N-10 ou N-100 !

Tout cela a l'air en tout cas bien compliqué pour ma petite tête qui ressemble d'ailleurs depuis l'ouverture de la fameuse enveloppe à une cocotte-minute prête à exploser  : "comment vais-je faire pour payer ?", "ils ont dû se tromper !", "bon, pas de panique ! Appeler l'Urssaf pour vérifier qu'il n'y a pas d'erreur !". Une erreur, ce serait tellement bien, pourtant au fond de moi, je sais bien que le nombre à quatre chiffres tout en bas n'est pas une erreur, que la seule erreur est d'avoir eu une année plus calme en 2014. Voilà, la raison ! Pourtant, difficile de prévoir à quel moment l'activité du cabinet va diminuer. Ce sont des êtres humains que l'on soigne, pas de simples marchandises. On m'a pourtant dit et répété qu'il ne faut jamais, au grand jamais, faire le yoyo avec son chiffre d'affaires, qu'il faut travailler de façon constante en suivant une ligne toute tracée pour ne pas faire d'écart et ne pas se retrouver avec des régulations de cotisation trop importantes. Mais, ce n'est pas ça la vie, surtout pas la vie professionnelle. Ce n'est pas une longue ligne droite mais plutôt un ensemble de chemins sinueux avec des creux et des bosses, avec des périodes agitées et d'autres plus tranquilles.

Difficile de prévoir à quel moment l'activité du cabinet va diminuer. Ce sont des êtres humains que l'on soigne, pas de simples marchandises.

Les yeux rivés sur la lettre, je pense à notre système de cotisation qui pourrait être tellement plus simple. Pourquoi ne pas calculer uniquement sur l'année précédente ?  Parce que là, qu'est-ce qu'on y gagne à part stresser en se demandant chaque fin d'année à quelle sauce on va être mangé ? En résumé, pour éviter de trop payer à la fin de l'année, il faut :

  • soit économiser toute l'année pour donner ta petite enveloppe à l'Urssaf mais c'est toujours plus facile à dire qu'à faire ;
  • soit faire une prière juste avant d'ouvrir la lettre mais l'efficacité reste à prouver (je l'ai fait et ça n'a pas marché !) ;
  • soit avoir une tournée toujours constante pendant toute ta carrière (c'est-à-dire de longues, très longues années) mais cela tient plus du rêve que de la réalité.

En réalité (dans la vraie vie quoi !), ta tournée est une espèce de pochette surprise où tu ne sais jamais à l'avance ce que tu vas trouver et qui peut passer du calme plat au chaos en moins de temps qu'il ne faut pour le dire… Alors prévoir d'avoir une activité constante toute au long de ta vie d'infirmière libérale, c'est comme gagner au Loto en ayant oublier de cocher une case, ça n'arrive jamais !

Pour éviter de trop payer à la fin de l'année : faire une prière juste avant d'ouvrir la lettre mais l'efficacité reste à prouver (je l'ai fait et ça n'a pas marché !)

En refermant ma lettre, je pense alors à cet extracteur de jus que j'ai repéré l'autre jour en faisant mes courses et je me dis que je vais me le payer pour m'y mettre moi et tous mes collègues, juste pour voir quelle quantité de jus de libéraux usés, on peut obtenir parce que c'est cela que je ressens, le sentiment d'être pressée jusqu'au trognon. Je pense aux raisons qui me font croire que je suis encore libre en faisant ce métier et devant mon enveloppe déchirée, je n'en trouve aucune. J'essaie de me souvenir de la motivation qui fait que je me lève le matin et que j'aime mon métier et je me dis alors que je vais tout faire pour en planquer un peu, de la motivation, histoire de ne pas la voir entièrement transformée en jus au fond de mon extracteur. Elle est quand même chère payée notre pseudo-liberté et elle n'a pas besoin d'extracteur de jus pour être pressée, non d'autres s'en chargent !

La petite infirmière dans la prairie

Cet article a été publié le 5 novembre 2017 sur le blog de la petite infirmière dans la prairie. Nous la remercions de le partager avec la communauté d'Infirmiers.com

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Commentaires (1)

Minty

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1 commentaires

#1

Ah l'URSSAF

Comme je vous comprend, même réacion en ouvrant l'enveloppe, je suis choquée, déçue, de travailler si dur, pour quon me ponctionne jusqu'à la moelle!!! Ras le bol!!! Je suis de tout coeur avec vous!!!