Après l’arrêté, le décret. Si la profession infirmière dans son ensemble était en attente de la publication de ce texte, qui redéfinit l’ensemble de ses grandes missions, c’était également le cas des infirmiers anesthésistes. Car il consacre à son tour une avancée qu’ils réclament depuis des années : l’inscription de leur exercice en pratique avancée. Son Article 1 modifie en effet le code de la Santé publique, et plus précisément la partie du «Titre préliminaire : Exercice en pratique avancée» consacrée à l’exercice infirmier. Il y crée «une section unique» intitulée «Infirmier anesthésiste diplômé d'État», qui reprend les activités et compétences de ces professionnels.
La reconnaissance juridique d'une réalité professionnelle
«Cette évolution réglementaire reconnaît juridiquement un haut niveau d’expertise clinique, une autonomie professionnelle affirmée et des responsabilités essentielles exercées quotidiennement en anesthésie, réanimation, prise en charge de la douleur, situations critiques, urgences préhospitalières et au sein des unités d’abord vasculaire», s’est félicité le Syndicat national des infirmiers anesthésistes (SNIA) dans un communiqué. Elle vient surtout entériner une réalité professionnelle, qui s’observe déjà sur le terrain, et permet au modèle français de s’aligner sur les standards internationaux, notamment ceux définis par le Conseil national des infirmières (CII). Dans des directives publiées en 2021, celui-ci en effet les IADE dans l’exercice en pratique avancée. De quoi donc sécuriser la place de ces professionnels de l’anesthésie dans les organisations de soins «à haute technicité», a avancé le syndicat.
Pour autant, cette reconnaissance ne constitue qu’un «point de départ». Le SNIA appelle l’ensemble des organisations professionnelles IADE à ouvrir rapidement les travaux devant conduire au «déploiement complet de la pratique avancée IADE », soit : «évolution des formations, reconnaissance universitaire, adaptation des cadres réglementaires et statutaires, ainsi qu’une valorisation à la hauteur des responsabilités élargies.»
L'aboutissement d'un long combat pour les IADE
Le parcours pour inscrire l’exercice IADE en pratique avancée aura été long et freiné ces deux dernières années par la valse des ministres de la Santé, qui a un temps fait craindre de voir le dossier tout simplement enterré. «Cette avancée est l’aboutissement d’un travail collectif de longue haleine, mené par plusieurs générations de professionnels», rappelle ainsi le SNIA. Et la première mouture de la loi infirmière, qui a représenté l’opportunité d’acter cette reconnaissance statutaire, n’a d’abord pas répondu aux attentes des IADE, menaçant, selon eux, de diluer leurs compétences spécifiques dans le contexte plus large de la pratique avancée, avant qu’une nouvelle version ne vienne corriger le tir. Début septembre, les IADE ont ainsi été les premiers infirmiers spécialisés à bénéficier de cette évolution, avec la parution d’un arrêté inscrivant bien leur profession en pratique avancée. Les autres spécialités – infirmiers de bloc et puériculteurs – devraient suivre.
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