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Condition physique, obésité et diabète

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Diabète

Une intervention intensive sur le mode de vie permet d'améliorer la condition et l'activité physiques de diabétiques de type 2 en surpoids ou obèses et de là, leur contrôle glycémique, selon une sous-analyse de l'étude Look AHEAD publiée dans Diabetes Care.

Condition physique, obésité et diabèteJohn Jakicic de l'université de Pittsburgh (Pennsylvanie) et ses collègues ont évalué auprès de 3.942 diabétiques de type 2 en surpoids ou obèses, une intervention sur le mode de vie, qui reposait sur une intervention hebdomadaire pendant six mois où étaient prescrits le régime alimentaire et l'activité physique, et l'ont comparée à une prise en charge standard, avec un volet d'éducation thérapeutique consistant à informer, trois fois par an, sur l'importance du régime alimentaire, de l'activité physique et du soutien social.

L'étude a montré que l'intervention permettait d'améliorer significativement la condition physique des patients et de diminuer davantage leur poids par rapport à la prise en charge standard.
La sous-analyse montre qu'au bout de quatre ans, les différences d'amélioration de la condition physique mesurée lors d'une épreuve d'effort sur tapis roulant (3,5% dans le groupe d'intervention contre 0,94% dans le groupe contrôle) et de l'activité physique (348 kcal/semaine contre 105 kcal/semaine) restent significatives même après ajustement vis-à-vis de la condition physique initiale et de la perte de poids.

L'effet de la perte de poids sur le taux d'hémoglobine glyquée (HbA1c) est important et significativement supérieur à celui de la condition physique. Néanmoins, l'amélioration de la condition physique est bien associée à l'amélioration du taux d'HbA1c, indépendamment de la perte de poids parallèle ou des changements de traitement antidiabétique. Ce lien entre condition physique et contrôle glycémique s'est vérifié à la fois dans le groupe d'intervention et dans le groupe de prise en charge standard.
Cela "suggère que les interventions destinées aux diabétiques de type 2 doivent se focaliser sur ces deux aspects [la condition physique et la perte de poids]", jugent les auteurs. L'effet plus important du poids sur le taux d'HbA1c ne doit pas minimiser celui de la condition physique, soulignent-ils.

Quant à l'évolution de l'activité physique, elle n'est pas reliée à celle du contrôle glycémique, sans doute parce que, malgré l'intervention, les patients ont eu tendance à en pratiquer de moins en moins même si le niveau d'activité physique est resté supérieur à celui du groupe contrôle.
Ainsi cette étude "soutient la nécessité, pour les prescripteurs, d'encourager les changements de comportement susceptibles d'améliorer la condition physique des diabétiques de type 2 obèses et en surpoids, quelle que soit leur capacité à perdre du poids ou à maintenir une perte de poids significative", concluent les auteurs.
Et ce d'autant que l'on peut s'attendre à ce que l'amélioration de la condition physique améliore le pronostic cardiovasculaire des patients, soulignent-ils, même si l'étude Look AHEAD ne permet pas d'en apporter la preuve.

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