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TFE – Quand l'IDE arrive le premier

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Formation en ifsi

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En avril 2013, Jordan Fradin, alors étudiant à l’Institut de Formation en Soins Infirmiers du Centre Hospitalier de Nantes (promotion 2010-2013), soutenait avec succès son travail de fin d’études sur le thème « Quand l'IDE arrive le premier ». Il souhaite aujourd’hui le partager avec la communauté d’Infirmiers.com et nous l'en remercions.

intervention infirmiers pompiers accident

Prise en charge en autonomie de l’Infirmier Sapeur-Pompier dans le contexte du pré-hospitalier

Jordan Fradin introduit son travail de recherche ainsi : « Aujourd’hui, sapeurs-pompiers, Service Mobile d’Urgences et de Réanimation (SMUR), ambulanciers et associatifs concourent à l’organisation de l'aide médicale urgente. Un nouvel élément fit son apparition il y a une dizaine d’années dans le paysage de l’urgence pré-hospitalière : le Véhicule Léger Infirmier (VLI). Ce « jeune » moyen est encore en plein développement. Les infirmiers s'armant de ce véhicule gagnent en compétences (tant sur le plan théorique que pratique) chaque jour. Depuis sa création, ces professionnels ont vu leur champ d’exercice s’élargir jusqu’à pouvoir effectuer certaines prises en charge en autonomie sur utilisation de protocoles infirmiers de soins d’urgences (PISU).

Mon travail va consister à m’interroger sur l’éventuelle évolution dont pourraient bénéficier ces infirmiers sapeurs-pompiers (ISP) dans l’avenir. Va-t-elle permettre une autonomisation plus importante de ces ISP se manifestant par une délégation d’actes actuellement uniquement médicaux ? Une expertise clinique (capacité à certains diagnostics médicaux ?) acquise par des formations continues leur sera-t-elle accessible ? Autant de questions possibles auxquelles nous nous intéresserons au travers de la présentation de l’organisation actuelle de l’aide médicale urgente en France et des modèles conceptuels et sociologiques entourant cette problématique et l’activité de l’ISP. Pour étayer ce travail, nous effectuerons l’analyse de données recueillies auprès des professionnels de terrain, ainsi que l’analyse des recherches actuellement effectuées sur ce sujet par les instances spécialisées.

Le paysage actuel du secours à personne, par la démographie médicale décroissante et les budgets alloués aux SMUR s’amenuisant, impose une réorganisation de la réponse sur le terrain. Cela se manifeste justement par la part belle laissée de plus en plus aux ISP. Mais quelle place seront-ils amenés à prendre dans l’avenir ? C’est toute la question que la poursuite de ce travail s’efforcera d’interroger dans un futur plus ou moins proche. En attendant, ces infirmiers évoquent eux-mêmes des axes d’améliorations concernant le contexte actuel dans lequel ils évoluent. Ils souhaiteraient tout d’abord revoir leur formation initiale et continue afin de coller aux exigences du terrain ; une information/formation supplémentaire concernant l’existence des PISU serait à effectuer auprès du SAMU pour éviter quelques malentendus sur intervention. Le développement de la recherche en soins infirmiers dans le domaine de l’urgence est un autre point qu’il semble important de souligner. Et enfin, le besoin de reconnaissance qu’ils éprouvent, à juste titre, est le dernier axe proposé. Axe que l’ANISP développe actuellement auprès de la DGSCGC en s’intéressant à l’intégration de la profession d’infirmier dans le cursus LMD.

Lire le TFE "Quand l'IDE arrive le premier"

Rédactrice Infirmiers.comaurelie.trentesse@infirmiers.com

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Commentaires (3)

P. S.

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5 commentaires

#3

Bien mais..

Bonjour,
Un beau travail.
Quelques regrets :
- Il serait temps qu'on s'exonére de toute la partie "qu'est ce que le secours en France" et les historisques sur ce genre de travail ; afin de privilegier l'analyse. L'historique, c'était tolérable quand on faisait des TFE qui ressemblait à des exposés du collége ; mais quand on est au niveau de ce travail là, le guidant-tuteur aurait du proposer de passer outre pour se concentrer sur le coeur du sujet.
- Il manque de la biblio : le TFE et TIP (IADE) qui ont été fait sur le sujet.On peut en trouver sur internet, c'est dommage qu'ils n'aient pas été lus.
- Trop de partie pris "pro-rouge", "anti-blanc" ; c'est dommage. Et un peu trop de subjectivité. Dommage aussi que le questionnaire soit si peu exploitable. Peut être n'aurait il fallu faire que des entretiens...

Un bon travail, mais peu de lien avec le projet BSPP qui - pour le coup - médicalise avec médecin à bord.

jamesiacino

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#2

suite

> L'autre aspect est financier. Les SAMU n'ayant pas un politique globale de réponse à l'urgence (inclusion très limitée des autres acteurs), leurs budgets sont liés à leur activité. Réduire leur activité pourrait (je n'en suis pas sur vu l'aide que les SAMU apportent aujourd'hui) signifier une baisse de leur budget. Ils cherchent surtout à se protéger.
> L'ISP est il la solution ? Une solution oui mais LA solution ??? je ne crois pas. Je pense que l'ISP doit rester un maillon de soins avancés correspondant au niveau des standard internationaux à l'EMT-Paramedic/Care Practionner ou EMT-Paramedic/Critical Care Practionner.
Par contre, je pense que l'avenir réside dans une "regulation/coordination" vraie avec des 1ers intervenant de niveau EMT-B (moyenne 500h de formation - le plus proche étant l'Ambulancier DE tel qu'il est formé et non ce qu'on en a fait) associé à la télémédecine. Les IDE intervenant en ressource complémentaire (plus value).
Car les quotas d'IDE n'etant pas extensibles, il ne faudrait pas déshabiller l'hôpital ou nous avons une place importante pour habiller l'extra hospitalier.
> Enfin et ce n'est pas non plus abordé, ce sont les NTIC et la télémédecine qui permettent aujourd'hui ou que l'on soit de disposer d'informations en directe de l'intervention : caméra embarquée, transmission d'ECG et des paramètres, liaison entre transporteur et structure, possibilités de prescriptions sécurisées à distance... les NTIC sont le nouveau partenaire du technicien d'urgence.

Désolé de ce long message qui est un complément.
J’espère que Mr Fradin sera récompenser de ses efforts pour le saint DE :-) Amicalement.

jamesiacino

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#1

Interessant

Interessant,
l'un des 1er memoire depuis la réforme
avec des notions importantes sur l'autonomie et la collaboration inter professionnelle.
Quelques bémols :
> la France est loin d'être un des derniers a avoir un système SAMU. De nombreux pays l'on mis en place sur le modèle Français mais en l'utilisant à bon escient. Renfort médical est le maitre mot de leurs dispositifs. Une des forces de ces systèmes est la présence d'administrateurs et d'un système globale prenant en compte la "regulation", les secours basiques et avancés. Le point faible Français du système médical est qu'il est géré par des médecins et comme à l'image de SdF, ils défendent à tout va (et surtout pour eux mêmes" un système âgé qu'ils n'ont pas su faire évoluer par l'obligation d'y introduire d'autres ressources.
> prescription téléphonée : un beau document de l'ARS aborde ce sujet mais sans grande surprise (vu ceux qui y ont participé) l'interdit aux situations d'urgences, là ou il aurait pu être fort intéressant pour les patients, souvent oubliés dans la littérature.
> Le patient justement, parlons en, souvent oublié. La force d'un dispositif cohérent doit être celle de la force de prise en charge du patient. Délai d'attente pour passer le bilan, SMUR éloignés et engagement aléatoire, non utilisation des autres ressources, médecine libérale aux limites de ses possibilités, corporatisme et protectionnisme exacerbé...
> stratégie d'urgence : le système play & run utilisé depuis 6-7 ans a été oublié
> Protocoles SFMU/SdF peu intéressant de part la nécessité d'un contact C15 préalable (perte de temps) pour une urgence (doit être réalisée sans délais) et fait sans consensus avec le milieu SP
> Travail sur les protocoles de la SEMSP non abordés