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TFE - Quand les valeurs de l'infirmier rencontrent la criminalité

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Compétences infirmières

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En juin 2018, Théo Flamand, étudiant en soins infirmiers à l'Institut de formation en soins infirmiers de l'hôpital Tenon, AP-HP (promotion 2015-2018) soutenait avec succès son travail de fin d'études sur la thématique suivante : "Quand les valeurs de l’infirmier rencontrent la criminalité". Il souhaite aujourd’hui le partager avec la communauté d’Infirmiers.com et nous le remercions.

TFE -  Quand les valeurs de l'infirmier rencontrent la criminalité

Un étudiant en soins infirmiers face à la difficulté de prendre en charge un criminel. Quid du code de déontologie face à des jugements de valeur qui entravent les soins

Voilà comment cet étudiant nous explique le choix de sa question de recherche. "La situation se déroule lors de mon stage en psychiatrie au cours du semestre trois. Il s’agit de mon premier stage en santé mentale. Je découvre ce service en région parisienne qui accueille des patients atteints de différents troubles mentaux. Il est composé d’une trentaine de lits. Deux infirmiers, deux aides-soignants et un agent des services hospitaliers sont présents en permanence dans le service. Un médecin et un interne complètent l’équipe.

Dès la première semaine de stage, il m’est interdit de consulter les dossiers afin de ne pas altérer les premiers échanges et de porter un jugement sur les patients du service. Les informations que j’ai à ma disposition sont donc : le motif d’hospitalisation, le mode d’hospitalisation ainsi que les traitements. Les conversations sont rapidement orientées vers un patient en particulier, Mr V âgé de 57 ans atteint de schizophrénie. L’interdiction de consulter les dossiers fait monter en moi l’envie de comprendre, de savoir et d’anticiper les éléments du dossier. Les informations que j’ai sur ce patient sont très réduites, mais elles me conduisent à me poser des questions. En effet, le patient est hospitalisé depuis “très longtemps” en soins psychiatriques sur décision du représentant de l’Etat (SDRE). De plus, j’ai entendu des professionnels du service dire clairement qu’ils ne voulaient pas le prendre en charge ; certains professionnels refusaient même sa participation lors des ateliers thérapeutiques. Personnellement je me souviens avoir entendu un infirmier du service dire : “le prendre en charge ok, mais je ne ferai que le strict minimum”. Cette remarque m’avait particulièrement interrogé car ce soignant prenait en charge les autres patients sans aucun jugement de valeur.

J'ai entendu des professionnels du service dire clairement qu’ils ne voulaient pas le prendre en charge; certains professionnels refusaient même sa participation lors des ateliers thérapeutiques. Une autre chose qui m’a interpellé la première semaine c’est qu’alors que le repas se déroule en salle commune, Mr V mange seul, dans un coin de la salle. A cette situation les aides-soignants me disent qu’il s’agit de sa volonté et qu’elles ne veulent pas entrer en conflit avec lui. Après la première...

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