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TFE - "Les représentations : de la pensée à l’impact"

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En juin 2018, Chloé Tena, étudiante en soins infirmiers à l'institut de formation en soins infirmiers de Millau (promotion 2015-2018), soutenait avec succès son travail de fin d'études sur la thématique suivante : "Les représentations : de la pensée à l’impact". Elle souhaite aujourd’hui le partager avec la communauté d’infirmiers.com et nous la remercions.

TFE - "Les représentations : de la pensée à l’impact"

Si les représentations culturelles existent et engendrent des réticences face à certaines prises en soins mais que le professionnalisme prime alors l’infirmier(e) doit développer une neutralité face à chacun des patients.

Lors d’un de mes stages, j’ai été confronté à la difficulté d’intégrer, voire d’accepter, la culture de l’autre dans le prendre soin, ceci de par mes représentations culturelles. Après analyse de la situation et de la culture en question, j’en suis arrivée à la question de départ suivante : En quoi les représentations culturelles peuvent-elles impacter dans le prendre soin ?

Mme L. que je nommerai, est une patiente âgée de 63 ans, hospitalisée en service de psychiatrie pour psychose dysthimique. Elle est notamment traitée par sismothérapie. Elle est issue d’une famille gitane avec certains rituels particuliers à leur culture. est veuve et a un fils. Elle habite seule, un appartement sur le même pallier que son fils de 30 ans qui exerce le rôle de chef de famille : c’est lui qui prend toutes les décisions .

Á travers l’étude de plusieurs lectures et ouvrages, j’ai mis en lumière différents concepts tels que culture, représentation, prendre soin, éthique, mis en lien avec ma situation de départ.

J’ai observé certaines situations interpellantes entre Mme L. et son fils qui a été vu à plusieurs reprises être violent envers sa mère tant verbalement que physiquement. A titre d’exemple, un matin alors que la patiente était réticente lors de sa première sismothérapie et ne voulait pas y aller, l’équipe soignante a opté pour que son fils l’accompagne, créant ainsi un climat plus propice. Elle hurlait : je m’en fous moi, j’y vais pas là-bas, disant que c’est une méthode  malhonnête, pour les fous, et que ça fait perdre la tête. Sur ces mots, son fils a haussé le ton, la traitant de pauvre femme et lui rappelant que « dans la famille c’est moi qui décide, je te laisse pas le choix, tu y vas.

Ensuite, je me suis attardée sur l’avis des professionnels de santé sur ce sujet. Ils me prouvent bel et bien que les représentations culturelles existent mais affirment qu’il n’y a pas impact dans la prise en charge et me le justifient. J’en suis arrivée à l’hypothèse que les infirmier(e)s ne s’attardent pas à leurs représentations de par le professionnalisme qu’ils placent au coeur du métier.

Dans la culture gitane, c’est l’homme qui a la place prépondérante, il a tous les droits tandis que la femme n’en a aucun. Les femmes doivent rester à la maison, s’occuper du foyer, des tâches ménagères et des enfants pendant que les hommes travaillent ou sortent s’amuser. Elles n’ont pas de liberté, n’ont pas le droit de sortir, de boire, de fumer, ne peuvent rien faire seule et doivent obéir à leur mari, aux hommes de la communauté.

Les représentations que la société a des gitans sont négatives et les comportements se rapportent ainsi au racisme, à la méfiance, la crainte, la peur, la distance sociale. Pour faire référence à ma situation, les représentations de cette culture ont suscitées en moi de la peur. Mes appréhensions étant au maximum, j’ai été incapable d’intervenir et de me positionner. Les préjugés concernant cette culture ainsi que les sentiments de peur et d’impuissance ont pris le dessus et la capacité à rester soignant a été quelque peu entravée.

J’ai émis l’hypothèse suivante : si les représentations culturelles existent et engendrent des réticences face à certaines prises en soins mais que le professionnalisme prime alors l’infirmier(e) doit développer une neutralité face à chacun des patients.

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Rédactrice en chef Infirmiers.combernadette.fabregas@infirmiers.com @FabregasBern

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Commentaires (1)

Cortopsy

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2 commentaires

#1

La mauvaise réputation

"Au village, sans prétention,
J'ai mauvaise réputation;
Qu' je m' démène ou qu' je reste coi,
Je pass' pour un je-ne-sais-quoi.
Je ne fais pourtant de tort à personne,
En suivant mon ch'min de petit bonhomme,
Mais les brav's gens n'aiment pas que
L'on suive une autre route qu'eux...
Non les brav's gens n'aiment pas qu'eux
L'on suive une autre route qu'eux...L'objectif de ce travail est de tenter d'analyser l'influence des représentations sociales de la folie et de la maladie mentale sur la pratique professionnelle des infirmiers (1) qui travaillent en psychiatrie.

http://ancien.serpsy.org/socio/livet1.html