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TFE – Le soin sans la parole, un défi ?

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Formation en ifsi

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En juin 2018, Kassandra Galmiche, étudiante en soins infirmiers à l'Institut de formation en soins infirmiers de Célestat (promotion 2015-2018) soutenait avec succès son travail de fin d'études sur la thématique suivante : Le soin sans la parole : un défi ?. Elle souhaite aujourd’hui le partager avec la communauté d’Infirmiers.com et nous le remercions.

TFE – Le soin sans la parole, un défi ?

Le soignant doit s'adapter à chaque situation de soin. Chaque patient a sa bulle, qui correspond à la distance sociale qu’il accepte. Plus la bulle est grande, moins le patient est accessible. Inversement, plus la bulle est petite, plus le patient accepte que le soignant le touche.

Voilà comment cette étudiante nous explique le choix de sa question de recherche. "Depuis ma naissance, je vis entourée de mes grands-parents qui sont tous les deux sourds et muets. J’ai appris à communiquer avec eux, par un langage qui allie la gestuelle et le verbal sans pour autant être le langage des signes officiel. En 2015, ma grand-mère a dû être hospitalisée pour une arthrite très douloureuse. Lorsque nous lui rendions visite, ma mère et moi, endossions le rôle d’interprète pour les soignants. Bien sûr elle arrivait à se faire comprendre par les soignants. Cependant différents éléments de la prise en charge comme par exemple, la recherche du consentement au soin, l’explication des soins dont elle allait bénéficier, les résultats des analyses, étaient très difficiles à communiquer à ma grand-mère. Je me souviens d’un exemple. Ma grand-mère, m’a dit, un matin où j’allais la voir : "aujourd’hui on m’a injecté un produit dans le bras, c’était tout chaud."

Elle ne savait pas ce qu’on lui avait injecté, ni pourquoi. Son attitude traduisait de l’anxiété. Pourquoi ma grand-mère n’a pas cherché à savoir ce qu’on lui avait injecté, en écrivant sur une feuille par exemple. Pourquoi les soignants ont-ils injecté un produit sans en informer la patiente ? Avaient-ils demandé le consentement au soin, prévu par la loi Kouchner ? Pourquoi n’ont-ils pas fait appel à un interprète ? Avaient-ils des ressources à disposition ? Avaient-ils essayé de lui expliquer ? Son hospitalisation a duré une semaine et nos visites étaient très régulières.

Durant notre formation en soins infirmiers, on nous apprend à adapter les soins relationnels en fonction des patients. Chaque patient a sa bulle, qui correspond à la distance sociale qu’il accepte. Plus la bulle est grande, moins le patient est accessible. Inversement, plus la bulle est petite, plus le patient accepte que le soignant le touche. Lorsque nous croisions les soignants, nous étions comme des "sauveurs" d’une part pour ma grand-mère mais aussi pour eux, puisque nous pouvions expliquer à ma grand-mère la nature des examens et...

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