C’est un nouvel engagement pris par Stéphanie Rist, la ministre de la Santé. Dans un courrier transmis au Conseil national professionnel des infirmiers en pratique avancée (CNP IPA)*, elle promet de «relancer les travaux pour permettre d’accroître le déploiement des IPA», notamment en ville. Dans un contexte de difficultés d’accès aux soins, en particulier dans certains territoires, et alors que la création de la pratique avancée devait répondre, entre autres, à cet enjeu, «le rôle des IPA peut être encore renforcé», écrit-elle. Elle liste les grands axes qui orienteront ces travaux.
Le premier repose sur «la simplification des parcours patients» en situation de handicap. Les IPA seront habilités «à établir les certificats de santé nécessaires à la constitution des dossiers» pour les Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) afin de faciliter les démarches des usagers.
Le second concerne l’accès direct en communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), qui, dans la loi actuelle votée en mai 2023, sont exclues des structures d’exercice coordonné qui lui servent de cadre. Les travaux mèneront à une expérimentation autorisant les IPA ayant adhéré à une CPTS de prendre en charge directement les patients. Elle sera mise en place dans 6 départements : Mayotte, la Martinique, le Loiret, l’Hérault, le Val-d’Oise et l’Yonne.
Dans un effort pour renforcer la continuité des soins, des obligations de formation jugées «redondantes» avec le cursus initial des IPA seront supprimées. L’objectif final : simplifier les conditions de réalisation des tests rapides d’orientation diagnostique (TROD). Actuellement, les IPA sont autorisés à les réaliser pour détecter, par exemple, les angines bactériennes. «Nous devons également aller plus loin sur la prescription, notamment en facilitant le renouvellement des produits de santé», poursuit la ministre de la Santé. L’enjeu est de réfléchir à «une évolution du régime de responsabilité et des obligations des prescripteurs» et à celle, réglementaire, des conditions de prescription.
Favoriser l'approche populationnelle
Enfin, dernier axe : l’extension du champ d’intervention dans les pathologies chroniques stabilisées (PCS). Est ainsi envisagé l’élargissement de la liste des pathologies neurodégénératives afin que puisse être prise en compte la sclérose en plaque. Actuellement, celle-ci ne fait pas partie des 8 pathologies relevant du champ des IPA. Mais, plus largement, c’est l’approche globale de ces PCS qu’il faut transformer, en tendant vers une logique populationnelle.
Un changement de paradigme que le CNP IPA réclamait dans un communiqué publié le 17 février 2026. «La logique actuelle de listes de pathologies fragmente les prises en charge, rigidifie la formation et ne correspond ni à la réalité clinique, ni à l’approche globale et holistique des sciences infirmières», y protestait-il, faisant écho à la dernière enquête de l’UNIPA sur la formation IPA, jugée peu adaptée au terrain du fait du système des mentions. «Les situations de soins sont complexes, plurifactorielles et transversales ; former des IPA comme «spécialistes» d’une succession de maladies n’est ni réaliste ni adapté aux besoins des populations», continuait-il, militant bien plutôt pour une approche populationnelle, plus à même de construire un modèle «plus cohérent, plus lisible et davantage aligné sur les besoins de la population.» Cette évolution est d’autant plus souhaitée – et justifiée – que la loi infirmière de juin 2025 ouvre la possibilité de développer cette approche.
Un engagement politique attendu par les professionnels
Stéphanie Rist s’engage également à revaloriser le rôle, la place et l’accès direct IPA. Le calendrier s’y prête : les négociations conventionnelles entre les infirmiers libéraux (IDEL) et l’Assurance maladie sont en cours. Enfin, dans les prochaines semaines, la direction de la Sécurité sociale (DGS) entamera une concertation avec les représentants à la fois de la profession infirmière et des IPA afin de fournir un cadre plus solide à la représentativité IPA.
Le courrier de la ministre «marque une étape importante» et «traduit une volonté politique attendue par la profession : répondre aux besoins de la population, notamment en matière d’accès aux soins, consolider notre modèle d’exercice, sécuriser notre cadre d’intervention et permettre un déploiement cohérent sur l’ensemble du territoire», a salué l’UNIPA en réaction dans un post Linkedin.
Ces annonces devront faire l’objet d’un «suivi rigoureux», via un comité de suivi spécifique IPA associant l’ensemble des parties prenantes. «Ces avancées ne pourront se construire que dans le dialogue et la confiance», prévient la ministre en conclusion.
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