ÉTUDE

Le Beyfortus protège également contre les infections invasives à pneumocoques

Publié le 30/07/2026

Une étude publiée dans la revue The Lancet démontre que l'immunisation contre le virus responsable de la bronchiolite chez les enfants de moins de 12 mois avec l'anticorps monoclonal nirsevimab protège également contre les infections à pneumocoques. 

Bébé de dos à plat ventre

Vacciner les nouveaux-nés et nourrissons contre le virus respiratoire syncitial (VRS) avec Beyfortus, mobilisé depuis septembre 2023 dans la prévention de la bronchiolite, aurait un second avantage. Une étude observationnelle de cohorte publiée dans la revue The Lancet – Infectious Diseases le 21 juillet dernier démontre en effet que le produit permettrait également de protéger les enfants contre les infections à pneumocoques.  

Coordonnée par la Dr Inès Fafi et le Pr Naïm Ouldali, du service de pédiatrie de l’hôpital Robert-Debré de l’Assistance Publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) et l’Inserm, celle-ci s’est appuyée sur un vaste panel d’individus : soit l’ensemble des enfants nés en France entre le 6 février 2023 et le 31 janvier 2024 pour lesquels les données d’immunisation par Beyfortus étaient disponibles. En tout, ce sont donc 527 971 enfants qui ont été inclus, dont 119 435 qui avaient reçu le traitement.

Une réduction de 36% du risque d'infection 

D’après les analyses, 112 cas d’infections invasives à pneumocoques ont été recensés dans les six mois suivant la vaccination, dont seulement 17 au sein du groupe immunisé contre la bronchiolite, soit 14,2 nourrissons pour 100 000. Du côté de la population non-immunisée, certes plus large, le nombre de cas passe à 95, mais pour un taux plus élevé : 23,3 nourrissons pour 100 000. «Après prise en compte des différences entre les deux groupes étudiés grâce à une méthodologie statistique adaptée, les chercheurs ont observé que l'immunisation par le nirsévimab était associée à une réduction de 36% du risque d'infection invasive à pneumocoque» après 6 mois, et de 34% après 9 mois, indiquent ainsi les auteurs de l’étude. 

«Les infections invasives à pneumocoque demeurent une des principales causes de morbidité et de mortalité chez les enfants, malgré l’utilisation répandue vaccins conjugués contre les pneumocoques», poursuivent-ils. En France, la vaccination contre les pneumocoques est obligatoire chez les nourrissons dès l’âge de deux mois depuis le 1er janvier 2018 et recommandée chez les plus de 18 ans à risque depuis juillet 2023. Or les infections à VRS sont suspectées d’être associées à un risque accru d’infections à pneumocoque.  

De son côté, le Beyfortus a prouvé son efficacité contre la bronchiolite. Une étude publiée dans The Lancet Child & Adolescent Health en mai 2025 évaluait ainsi à 83% la réduction des risques d’hospitalisation due à une infection à VRS chez les enfants de 12 mois et moins. 

La Rédaction d'Infirmiers.com

Source : infirmiers.com