Handiconsult Val’Consult : un centre dédié aux soins pour les personnes en situation de handicap

Publié le 28/09/2026

Le centre de santé Handiconsult Val’Consult situé à Saint-Mandé (Val-de-Marne) est l’une des neuf structures opérationnelles d’Ile-de-France qui cherche à répondre aux besoins non couverts ou difficilement couverts pour les soins courants somatiques des personnes en situation de handicap. Dans cette structure, les infirmières sont au cœur des soins.  

HandiConsult

Un petit garçon de cinq ans entre dans la salle de soins infirmiers avec sa maman. Peu rassuré, il observe la pièce décorée, avance vers un siège, puis un autre, regarde les lumières. Atteint d’un trouble du spectre autistique (TSA), il doit aujourd’hui réaliser une prise de sang. « Il est déjà venu à Handiconsult, explique Candice Bouchet, l’une des deux infirmières présentes aujourd’hui. Mais il est nécessaire de lui remontrer les différentes étapes de la prise en charge. » Sa maman s’installe sur le fauteuil où va se dérouler le soin et prend le petit garçon sur ses genoux. Candice lui pose alors un masque sur la bouche et le nez, qui va servir, dans quelques minutes, à diffuser un gaz analgésique et anxiolytique pour faciliter les soins. Une étape d’autant plus importante que le petit ne supporte pas les patchs anesthésiants. En parallèle, pour capter son attention, l’infirmière lance un programme sur le rétroprojecteur, diffusé sur le mur blanc devant lui. Avec le renfort d’Olivia Gabillat, cadre de santé et responsable du centre de santé, et de Séverine, la secrétaire médicale, son objectif est de faire en sorte qu’il garde le masque le plus longtemps possible pour que le gaz face effet.

Après cette première étape, elle poursuit en lui faisant ressentir l’effet d’une pression sur son bras. Elle commence à lui faire des chatouilles, doucement, à un endroit puis à un autre, le rassure en permanence tout en lui expliquant ce qui se passe. Dans le même temps, elle désinfecte son bras puis place le garrot, avant de décider que le moment est opportun pour effectuer la prise de sang. Elle pique, l’enfant réagit mais se laisse faire. La mission est accomplie.

Une préparation à domicile

Quelques minutes plus tard, le deuxième patient de la matinée, entre dans la salle. Un peu plus âgé, il doit lui aussi faire une prise de sang. Également atteint d’un TSA, il est déjà venu à Handiconsult il y a quelques semaines. Mais comme dans la majorité des cas, les infirmières n’étaient pas parvenues à lui faire une prise de sang et avaient donc procédé à une habituation aux soins.

« Il est rare que nous parvenions, dès le premier rendez-vous, à réaliser la prise de sang », précise Candice. Dans le cas de cet enfant, qui suce son pouce, l’usage du masque avait été difficile. Sa maman l’a donc habitué, chez eux, à le placer sur son visage pendant environ 25 minutes. Cette implication a porté ses fruits puisqu’après toutes les étapes préalables pour mettre l’enfant en confiance, Candice parvient à réaliser la prise de sang. Il n’a rien senti. Sa maman laisse exprimer sa joie et son étonnement ; elle n’avait pas réalisé que la prise de sang avait été effectuée tant elle était occupée à rassurer son enfant. « Vous l’avez bien entraîné », la félicite l’infirmière. « Nous expliquons aux parents que l’habituation aux soins permet de mettre en place un parcours dans la durée avec des effets même lorsque les patients seront adultes, indique Margot Perfetto, également infirmière. Il s’agit d’un investissement sur le long terme. »

Outre les prises de sang, les infirmières réalisent également des électrocardiogramme (ECG) et des vaccins. Leur prise en charge se déroule toujours en binôme avec également l’accompagnateur de l’enfant qui peut être un membre de sa famille ou un éducateur. 

Un cahier des charges et une offre adaptée

Handiconsult Val’Consult fait partie d’une expérimentation de l’Agence régionale de santé (ARS) qui a débuté en 2021. Les équipes prennent uniquement en charge des patients en situation de handicap, reconnus par la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) et qui ne parviennent pas à effectuer leurs soins dans le droit commun. « Chaque Handiconsult répond à un cahier des charges commun », indique Olivia Gabillat. Il prévoit que les structures doivent, a minima, proposer des consultations en médecine générale, en ophtalmologie, en gynécologie et en soins dentaires. « Puis, selon les besoins des territoires, il est possible d’adapter l’offre, précise-t-elle. C’est le cas chez nous, puisque nous offrons aussi des soins infirmiers, des soins de pédicurie, de neuropédiatrie et de rhumatologie. » A Saint-Mandé, le centre de santé, qui propose le tiers payant généralisé, prend en charge tous les patients quel que soit leur âge, là où d’autres structures fonctionnent par conventionnement ou par condition d’âge. Il est porté par l’Institut le Val Mandé, un établissement médico-social de la Fonction publique hospitalière (FHP).

Chez Handiconsult, les praticiens ne forcent pas la prise en charge et ne pratiquent en aucun cas la contention. Leur objectif est de mettre en confiance le patient.

Un temps administratif préalable

En amont de chaque consultation, les infirmières ont un travail administratif conséquent. Lorsque les patients ou les parents/accompagnateurs des patients appellent pour prendre rendez-vous avec des professionnels de santé du centre, la secrétaire médicale assure déjà une première orientation. Si elle estime que la prise en charge relève d’Handiconsult, elle oriente l’appel vers les infirmières, sinon, elle réoriente les patients, l’objectif de l’équipe étant avant tout de remettre le patient dans le parcours de soins. « Pour chaque demande de rendez-vous, nous rappelons les patients et nous expliquons notre fonctionnement », souligne Margot. « Les demandeurs doivent remplir une fiche de renseignements, et nous nous assurons de détenir tous les documents administratifs nécessaires notamment les prescriptions, poursuit Candice. Nous échangeons aussi sur le besoin en santé et les difficultés identifiées dans le droit commun afin que le jour de la consultation, nous puissions uniquement nous consacrer au soin. » En Ile-de-France, peu d’Handiconsult prennent en charge les enfants. Certaines familles font parfois plusieurs heures de route pour se rendre à celui de Saint-Mandé. « Il est donc important que nous puissions échanger avec les parents en amont afin de les informer de la prise en charge et leur dire également que généralement, lors du premier rendez-vous, il est rare que nous parvenions à accomplir l’acte de soins, ajoute Margot. Nous allons alors consacrer ce moment à l’habituation aux soins. »

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L’habituation aux soins

Parfois, la première étape de l’habituation aux soins consiste « simplement », pour le patient, à entrer dans le bâtiment ou dans la salle de consultation. Chez Handiconsult, les praticiens ne forcent pas la prise en charge et ne pratiquent en aucun cas la contention. Leur objectif est de mettre en confiance le patient. « Nous allons donc utiliser tous les outils à disposition à savoir des jouets, des films, le séquençage des soins, mais aussi des patchs d’analgésique, du MEOPA, et dans certains cas, nous demandons aux parents d’avoir une prescription pour une prémédication d’anxiolytiques, notamment lorsque le patient est déjà venu deux voire trois fois et que le soin n’est toujours pas réalisable », rapporte Margot. Pour préparer le soin, il est également possible de télécharger, sur le site d’Handiconsult Val’Consult, plusieurs documents tels que le trombinoscope de l’équipe, les outils utilisés et les photos du centre. Toutes ces étapes préparatoires permettent d’enlever du stress aux familles.

Un soutien aux autres professionnels

Les infirmières assurent également l’habituation aux soins ou des consultations blanches pour les autres professionnels de santé du centre, notamment pour les consultations de médecine générale, d’ophtalmologie, de gynécologie ou encore de chirurgie dentaire. C’est l’occasion d’habituer le patient au matériel qui pourra être utilisé.

Une grande partie des patients sont orientés au centre de santé par des établissements médico-sociaux. « Cependant, nous continuons à communiquer sur notre activité pour nous faire connaître auprès de tous les établissements et professionnels de santé pouvant accompagner des personnes en situation de handicap », fait savoir Olivia. La file active augmente d’année en année : le centre a commencé avec 400 consultations en 2021 pour atteindre plus de 1 000 consultations en 2025. Après cinq années d’expérimentation, l’heure est aujourd’hui à la labellisation dans le cadre d’un nouveau cahier des charges à respecter. 

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Laure Martin

Source : infirmiers.com