AU COEUR DU METIER

Edito - Qu’est-ce qui nous fait tenir ?

Cet article fait partie du dossier:

Compétences infirmières

    Précédent Suivant

A l’heure où les étudiants en soins infirmiers tentent de faire entendre leur souffrance, à l’heure où des infirmiers se suicident, à l’heure où j’explique aux étudiants que j’accompagne qu’il faut entrer en résistance et crier haut et fort que le patient doit être notre seule préoccupation, à cette heure-ci, je me demande : mais qu’est-ce qui m’a fait tenir ? Qu’est-ce qui nous fait tenir ? Comment fait-on pour tenir au milieu de cette maltraitance au travail qu’on dit ordinaire ? Quel étrange oxymore que maltraitance ordinaire ! Et je me souviens.

infirmière sourire

Se souvenir des belles choses mais aussi des plus douloureuses, reconnaître les difficultés, les incohérences, les paradoxes mais simplement trouver de quoi alimenter sa force, son énergie pour se battre pour continuer à soigner.

Je me souviens que je suis là pour le patient. Je me souviens que sourire n’a jamais fait perdre de temps. Je me souviens qu’une main posée sur l’épaule, ça ne coûte rien, ça ne fait même pas perdre de temps mais qu’est-ce que ça réconforte, le soigné comme le soignant.

Je me souviens avoir fait la grève du papier pour tenir la main à une vieille femme en fin de vie, avoir été vertement sermonnée et avoir demandé très en colère - parce que j’estimais avoir fait mon boulot -  qu’on me flanque un avertissement que je n’ai jamais eu…

Je me souviens d’Anna qui m’a donné la force de devenir infirmière, vraiment, auprès de qui j’ai compris ce que prendre soin voulait dire et qui m’a ouvert les yeux1, 2 Je me souviens de la maquette de bateau que m’ont offert des parents dont le petit garçon de onze ans venait de décéder en salle d’opération, maquette qu’ils m’offraient parce que leur fils construisait cette maquette pour moi.Je me souviens d’avoir pleuré avec des enfants qui venaient de perdre leur maman, et...

Prolongez gratuitement votre lecture !

Afin de vous proposer une information et des services personnalisés, certains contenus d'Infirmiers.com sont en accès limité. Identifiez-vous pour bénéficier gratuitement de l'intégralité des articles.

Se connecter
Mot de passe oublié ?

Créer mon compte

Vous n'êtes pas encore inscrit sur Infirmiers.com ? Créez votre compte en quelques clics. C'est gratuit !

M'inscrire

Publicité

Commentaires (4)

roxor

Avatar de l'utilisateur

7 commentaires

#4

Je me souviens...

J'étais infirmier, technique, rapide, passionné, j'écoutais tout, les anciens, les patients surtout. Polytraumatisés graves...puis les chimios, radiothérapies et grêles radiques. Il y a 40 ans. Puis j'enseignais: la théorie, la pratique, les "trucs de métier". J'ai encadré, en service. Puis la gestion des soins, des services. Plus question de toucher un patient. Je suis devenu financier, régulateur, dirigeant, inquisiteur. Je gérais. J'errais. Loin de l'infirmier que j'étais. J'ai tout jeté pour redevenir ce que j'étais, que j'avais jeté, avant, à tord: de nouveau infirmier. Maintenant on me calcule, me régule, me dirige, me contrôle. J'écris, je calcule, je limite, je suis (trop) prudent, je me méfie. J'essaie encore de soigner, de me passionner. Je cours, de plus en plus. Je gère, à nouveau. Au mieux, insatisfait car :pourrait mieux faire. S'il n'était seul, là où nous étions 4. Il y a 40 ans.

pmeury

Avatar de l'utilisateur

10 commentaires

#3

quand se souvenir ne suffit pas

Oui je me souviens des beaux moments, mais quand sur le moment l'ambiance est tendue, les contrariétés nombreuses...Quand je rentre de vacances et que j y retourne à reculons....je sais que dès que je serai "en soin" c'est à dire avec le patient dans cette relation singulière, plus rien ne viendra perturber cette relation.
Ce qui m'anime c'est être en progression constante, me former, encore et encore et réintroduire ces nouveautés dans mes situations de soins, constater que cela améliore la qualité, que le patient me dit "c'est chouette ce que vous avez fait" Parfois c'est simplement une découpe un peu originale d'un adhésif qui viendra ajuster au mieux le pansement.
Je me souviens aussi parfois...cette patiente très très très âgée qui en fin de soin alors que j'avais un torticolis m'a proposé de me masser le cou avec ses petits doigts fins et tremblants, avec son huile magique qu'elle conserve précieusement sous l'oreiller....
Ce qui nous tient c'est bien cette relation très particulière que nous avons avec les patients, à qui nous expliquons, réexpliquons avec une patience inouïe....que nous écoutons avec une bienveillance étonnante....Parfois je me dis mais où vais chercher toute cette bienveillance, cette patience que je ne me connais pas à ce point dans ma vie perso?
Se souvenir est important, vivre encore plus important.... Combien de fois ai je failli quitter cette profession? combien de moments de lassitude, d'épuisement?... Parfois c'est vraiment trop pour une seule personne!!!

Oddratio

Avatar de l'utilisateur

1 commentaires

#2

Infirmier / Infirmière

Je veux vous dire que nous somme fort , nous pouvons nous faire entendre mais il faut une lutte social d'envergure , une union unanime des infirmiers dom-tom, terre australe, France.
Il vous suffit de voir pourquoi les médecins sont il si alaise, salaire disproportionnée alors'qu'une infirmière comme la dit un pote médecin anesthésiste en chirurgie médecine gériatrie se tue au travail pour un salaire'misérable , décourageant, pire les employeur propose'souvent des postes en cdd renouvelable sans possibilité de construction, d'avenir. Un métier trop centré sur le malade justement, peut on être humain si l'humain qui coordonne est lui même inhumain, les employeurs entre autres sont inhumain et il demande d'assurer de bons soins, il surcharge une infirmière et pour politique budgétaire comme cela est le cas aussi
à Bruxelles capitale européenne nous avons le reflet de celà en France,dans les îles. il demande des prises en charge mutiple, la gestion d'un service quasi H24, et que cela tourne un max.on à donc des burn out , des lombalgies car pas le temps pour les bonnes pratiques, c'est malheureux.
Je reviens à mon pote anesthésiste disant qu'une infirmière devrait toucher 2500 à 2900euros en début de carrière, lui ayant de l'expérience et ayant un salaire d'un peu plus de 30000 euros/mois.
Oui c'est bien cela c'est exorbitant et pourquoi ça ne me révolte pas tant que cela, c'est qu'il y a eut lutte derrière cela, une lutte social contre le charlatanisme, les officiers d'état civil , les médecin ont démontrés qu'ils étaient indispensables etc.. Les différent courant de la médecine , cherché un peu sur l'histoire de la médecine c'est une lutte d'un siècle et plus. Et pour moi dans tout cela lorsqu'ils ont décidés d'arrêter de bosser et qu'il y a eut comme un gros souci dans les suivi des soins ont leur a reconnu leur valeur et à partir de la les salaires ont gonflés. La solution elle est la,ne travaillé plus,arrêtez vous, stop,et on verra notre valeur.

Nika47

Avatar de l'utilisateur

1 commentaires

#1

Merci

Alors qu'il est souvent difficile de travailler dans de telles conditions, quand nous manquons d'humanité faute de temps, quand les supérieurs se voilent la face parce qu'il faut que ça tourne au lieu de nous soutenir et de chercher notre mieux être, il y a ces petits moments merveilleux de partage avec les résidents : un regard profond, un éclat de rire, un merci, un sourire, un bisous.
Merci pour cet article qui me donne de baume au cœur.
I have a dream ......
Infirmière en EHPAD