COOPERATION

Coopérer pour valoriser le travail de l'infirmier

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Coopérations interprofessionnelles

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Le 5 septembre 2013, l'Agence Régionale de Santé (ARS) Bourgogne organisait une réunion d'échanges entre médecins et infirmiers pour faire le point sur les protocoles de coopération bourguignons. Revue de détails.

coopération interprofessionnelles infirmiers et médecins

Favoriser la coopération entre professionnels en Bourgogne

Organisée par l'ARS Bourgogne , la réunion d'échanges qui s'est tenue le 5 septembre 2013 avait pour objectifs de transformer les conditions d'exercice des professionnels de santé en développant le travail en équipe, la télémédecine et en accélérant le transfert de compétences. Médecins et infirmiers ont ainsi eu l'occasion de s'exprimer sur les protocoles Action de Santé Libérale en Équipe (ASALEE) et prélèvement de cornée. Ces deux protocoles, bien accueillis par les professionnels de santé, permettent, entre autres, d'améliorer la prise en charge médicale des patients et d'optimiser les interventions de chaque professionnel.

Encourager la répartition des tâches entre professionnels de santé

Le protocole ASALEE permet la délégation d'actes et d'activités du médecin à l'infirmier dans la prise en charge et le suivi de patients malades chroniques. Ce protocole entre dans le cadre des nouveaux modes de rémunération qui, rappelons le, peuvent compléter ou se substituer au paiement à l'acte afin d'encourager de nouvelles répartitions des tâches entre professionnels de santé. Ainsi, les actes délégués sont :

  • le suivi de patient diabétique de type 2
    • rédaction et signature de prescriptions d'examen hbA1c, micro albuminurie, dosage HDL cholestérol, crétinémie, fond d'oeil
    • prescription et réalisation d'ECG
    • prescription, réalisation et interprétation des examens des pieds mono-filament ;
  • le suivi du patient à risque cardiovasculaire
    • prescription et réalisation d'ECG ;
  • le suivi du patient tabagique à risque BPCO (broncho-pneumopathie chronique obstructive)
    • prescription, réalisation et interprétation de la spirométrie ;
  • la consultation de repérage de troubles cognitifs chez le sujet âgé
    • réalisation de tests de mémoire.

Selon le Dr Champeaux et Mme Decize, infirmière diplômé d'État, en Bourgogne, 10.000 patients sont concernés par ces protocoles. Le Dr Champeaux précise que les infirmières engagées dans ASALEE doivent avoir de l'expérience. Ainsi, elles bénéficient notamment de trois jours de formation pour chacun des quatre protocoles et de quarante heures d'éducation thérapeutique du patient (ETP). La mise en place de ces protocoles permet à l'IDE de voir son travail valoriser et de prendre en charge le patient de manière globale, souligne le Dr Champeaux.

La mise en place de ces protocoles permet à l'IDE de voir son travail valorisé et de prendre en charge le patient de manière globale

S'agissant du protocole prélèvement de cornée, il autorise une infirmière de coordination des greffes à prélever la cornée sur un patient décédé à la place du médecin. Il a été élaboré par une équipe du centre hospitalier de Chalon-sur-Saône. Le Dr Gaudray considère que cette coopération apporte des bénéfices à la fois quantitatifs et qualitatifs :

  • augmentation du nombre de préleveurs ;
  • augmentation de la disponibilité ;
  • élargissement de l'offre ;
  • augmentation du nombre de cornées prélevables ;
  • réduction du délai décès-prélèvement ;
  • temps de réalisation du geste adapté ;
  • formation spécialisée, gage de grande compétence du délégué ;
  • motivation, application, « transcendance ».

Le Dr Gaudray souligne que le but de ces protocoles n’est pas de créer des raccourcis de formation professionnelle ni de shunter les cursus réglementaires mais bien de répondre à des besoins de santé en créant des terrains communs où les différents professionnels pourrons œuvrer ensemble dans une complémentarité et une transition de prise en charge du patient plus confiante et plus performante.

Valoriser les professions paramédicales et optimiser le temps médical

Les participants et les intervenants ont constaté qu'à ce jour, aucun patient ou famille n'a refusé d'être pris en charge par le « délégué », même si des interrogations peuvent apparaître. Néanmoins, il doit exister une véritable volonté pour les professionnels de travailler ensemble. D'où l'intérêt d'installer une relation de confiance entre le délégant et le délégué. Le délégant doit être en mesure (notamment dans les premiers temps) d’accompagner le délégué dans ses fonctions. En outre, ils considèrent que la délégation d’actes ou d’activité permet d’une part de véritablement libérer et d’optimiser le temps médical (réduction des délais pour obtenir un rendez vous dans des spécialités et des villes où les médecins ne peuvent plus faire face). Et d’autre part de valoriser les professions paramédicales et la cohésion d’équipes.

COOP-PS : une plate-forme pour favoriser la coopération entre professionnels de santé

Afin de faciliter le développement des coopérations entre professionnels de santé, la plate-forme « COOP-PS » a été mise en place depuis janvier 2013. Ce système d'information permet d’enregistrer les demandes de protocoles ou d’adhésions en mode brouillon jusqu’à finalisation du projet par le professionnel de santé et l’envoi à l’ARS.

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Aurélie TRENTESSE Rédactrice Infirmiers.com aurelie.trentesse@infirmiers.com

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Commentaires (1)

Pierre d'Aumont

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14 commentaires

#1

Miracle!

Amis et collègues, la solution miracle semble être trouvée pour solutionner vos dilemmes éthiques professionnels liés à la dissonance entre les exigences professionnelles reliées à celles des usagers vs l'industrialisation de la santé par la volonté du législateur qui tiens les cordons d'une bourse qu'il s'emploie à vider pour de futiles entreprises....la solution disais-je pour soulager l'âne qui tire la charrette, ben c'est d'encore alourdir la charrette pour mieux fouetter l'âne qui avancera encore de moins en moins vite.