AU COEUR DU METIER

"Depuis le départ, les infir­miers doi­vent gérer le manque, et pas seu­le­ment l’épidémie..."

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Fonction Publique

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Le Syndicat National des Professionnels Infirmiers, dès le début de la crise sanitaire liée au COVID19 en France, en mars, a souhaité connaître le niveau de protection des infirmiers et notamment quels matériels leur faisaient défaut : masques, gel hydro alcoolique, surblouses... La deuxième vague de l'enquête menée par le SNPI CFE-CGC du 31 mars au 4 avril 2020 est, de ce point de vue, édifiante... Le manque perdure à tous les niveaux et dans tous les secteurs de soins.

masque gants

Pour les répondants infirmiers, le manque de matériel de protection perdure à tous les niveaux et dans tous les secteurs de soins.

Lors d’une pre­mière enquête menée début mars par le Syndicat National des Professionnels Infirmiers, 16 383 infir­miers avaient répondu. Cette fois c’est pres­que le double - 32 047 infir­miè­res, cadres infir­miers ou infir­miè­res spé­cia­li­sées ont répondu - signe de la montée des préoc­cu­pa­tions des pro­fes­sion­nels infir­miers, qui cons­ta­tent que les man­ques per­du­rent, avec pour consé­quen­ces une conta­mi­na­tion impor­tante des soi­gnants, qui devien­nent conta­mi­nants pour leurs patients fra­gi­les.

Thierry Amouroux, porte-parole du SNPI, ne cesse de le dénoncer. C’est le 24 jan­vier que l’on a iden­ti­fié les pre­miers patients en France. Nous déplo­rons l’impré­pa­ra­tion gou­ver­ne­men­tale, entre la déci­sion irres­pon­sa­ble de ne plus sto­cker de mas­ques FFP2, et le fait d’atten­dre fin février pour se déci­der enfin à en com­man­der en urgence. Agnès Buzyn nous a fait perdre deux mois. De même les res­pi­ra­teurs n’ont été com­man­dés que le 21 mars, alors qu’ils sont indis­pen­sa­bles pour aug­men­ter le nombre de lits de réa­ni­ma­tion.  De fait, depuis le départ, les pro­fes­sion­nels infir­miers doi­vent gérer le manque, et pas seu­le­ment l’épidémie. C'est la double peine. Et Thierry Amouroux de poursuivre : manque de mas­ques chi­rur­gi­caux, manque de mas­ques FFP2, manque de solu­tion hydro-alcoo­li­que (SHA), manque de sur­blou­ses, et maintenant manque de pous­ses-serin­gues électriques, de tests, de médi­ca­ments de réa­ni­ma­tion et d’antal­gi­ques. C’est épuisant au quo­ti­dien.

enquête surblouses SNPI

Les chiffres révélés par l'enquête ne disent, hélas, pas autre chose, aujourd'hui encore :

  • 81% des infir­miè­res man­quent de mas­ques FFP2 (91% en psy­chia­trie et en libé­ral) ;
  • la moitié man­quent de gel hydro-alcoo­li­que ;
  • 59% des infir­miè­res man­quent de sur­blou­ses à tel point que par "Message d’Alerte Rapide Sanitaire" du 3 avril dernier, la DGS recom­mande de laver et réu­ti­li­ser ces tenues à usage unique.

En libé­ral, seu­le­ment 64% des IDEL ont reçu les "18 mas­ques chi­rur­gi­caux par semaine", et un tiers les FFP2 !

enquête SNPI masques

Au niveau des infir­miè­res qui exer­cent dans un établissement de soins :

  • seulement 42% ont un masque chi­rur­gi­cal toutes les 4h (recom­man­da­tions de bonnes pra­ti­ques) 18% en psy­chia­trie ;
  • 35% ont un seul masque par jour (au bout de quel­ques heures de suite, il est trop humide pour être effi­cace) ;
  • 11% n’arri­vent pas à avoir un masque ! Particulièrement en psy­chia­trie (36%) et en EHPAD (13%) ;
  • uniquement 12% en autant de mas­ques que néces­saire pour tra­vailler (pou­voir en chan­ger en cas de pro­jec­tions).


Accéder au diaporama de l'enquête et de l'ensemble de ses résultats

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