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IPA "urgences" : une annonce "au goût amer" pour les IADE

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Compétences infirmières

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Crise des Urgences : le SNIA réagit aux premières annonces de la ministre de la Santé. Pour le syndicat d'infirmier(e)s anesthésistes, la création d'une nouvelle filière infirmière "urgences" en pratique avancée "laisse un goût amer à celles et ceux qui ont accédé à la profession IADE avec pour projet d’exercer dans le secteur de l’urgence".

infirmier anesthésiste

Le SNIA en appelle "au bon sens des décideurs et de l’ensemble des acteurs des professions infirmières et médicales pour que soit pris en considération leur profession IADE dans le cadre de cette refonte du système de santé."

Par communiqué de presse du jour, le syndicat national des infirmier(e)s-anesthésiste (SNIA) prend acte des annonces récentes d'Agnès Buzyn pour tenter de juguler la crise des urgences lors de son déplacement au centre hospitalier universitaire de Poitiers. Concernant la création jugée en urgence d'une filière "Infirmiers de Pratique Avancée Urgences", le SNIA souligne que cette annonce est diversement perçue par les professionnels de terrain. Le syndicat rappelle que l’émergence de la pratique avancée avait pour objectif la prise en soin des patients atteints de pathologies chroniques. Il constate donc un changement de paradigme.

Dans le même état d'esprit que les Ibode qui réagissaient à l'autorisation de suturer qui pourrait être donnée, via un protocole de coopération, aux infirmiers des urgences, le SNIA met en avant les missions de la profession d’infirmier(e)-anesthésiste définies réglementairement dans l’arrêté du 23 septembre 2014 stipulant que "L’infirmier anesthésiste diplômé d’État (IADE) réalise des soins spécifiques et des gestes techniques dans les domaines de l’anesthésie-réanimation, de la médecine d’urgence et de la prise en charge de la douleur." Et de rappeler qu'impliqués depuis plusieurs décennies dans la prise en charge de l’urgence pré-hospitalière au sein des SMUR, les Infirmiers-Anesthésistes proposent régulièrement l’évolution de leurs prérogatives dans le cadre des soins d’urgence. Ces propositions systématiquement balayées par le corps médical et la direction générale de l’offre de soins sont pourtant dans la droite ligne de la politique de réorganisation de la réponse à l’urgence souhaitée par le gouvernement.

L’annonce de la création de cette nouvelle filière infirmière "urgences" en pratique avancée laisse donc un goût amer à celles et ceux qui ont accédé à la profession IADE avec pour projet d’exercer dans le secteur de l’urgence

Les IADE font valoir leur cadre réglementaire qui stipule que l’infirmier anesthésiste compose déjà prioritairement les équipages SMUR et que les transports infirmiers inter-hospitaliers de patients placés sous assistance ventilatoire ou sédatés doivent être réalisés exclusivement par les infirmiers anesthésistes. (Article R4311-12 du CSP.) Et d'ajouter que cette exclusivité d’exercice est une preuve de plus de la compétence et d'expertise des IADE dans la gestion des situations de soins extra-hospitalières. Sa formation initiale et son exercice quotidien en font un professionnel entrainé et aguerri à la prise en charge des urgences vitales avérées. Chaque jour notre profession participe d’ailleurs à la formation des autres professionnels de santé aux secours d’urgences au sein des Centres d’Enseignement des Soins d’Urgence (CESU).

L’IADE est en effet un professionnel expert en analyse clinique et en situation de soins complexes. Les standards universitaires appliqués à sa formation garantissent dès à présent l’acquisition de connaissances théoriques avancées et un niveau de pratique clinique à forte valeur ajoutée. Ces professionnels se sentent donc dévalorisés, oubliés, floués. En effet, pour le syndicat, si l'émergence de professions dites intermédiaires comme l’infirmier de pratique avancée, avec un cadre d’exercice élargi (consultation, droit de prescription, élargissement des référentiels d’actes...) est une bonne chose pour la profession infirmière et son émancipation et une évolution favorable pour l’accès aux soins de nos concitoyens, néanmoins ces projets ne doivent pas mettre au ban les professions déjà existantes !

Le SNIA en appelle "au bon sens des décideurs et de l’ensemble des acteurs des professions infirmières et médicales pour que soit pris en considération leur profession dans le cadre de cette refonte du système de santé"

Les infirmier(e)s anesthésistes rappellent donc au Gouvernement et à leurs tutelles les spécificités de leur profession, spécificités à même de permettre la mise en oeuvre d’un élargissement des compétences IADE notamment concernant la prescription limitée, les abords vasculaires et la réponse graduée à l’urgence pré-hospitalière. Et de conclure qu'après de nombreuses évolutions de la formation et de ses exigences, alors que de nouvelles professions vont se voir octroyer un cadre d’exercice élargi revendiqué par les IADE de longue date, il est temps de leur permettre d’élargir leur cadre d’exercice !

Les verrous à ces réformes doivent s’ouvrir pour permettre aux IADE d’apporter pleinement leurs compétences au service de l’offre de soins. Toute autre décision serait un signal négatif envers la profession et mettrait en péril la pérennité de l’exercice IADE dans le domaine de l’urgence, secteur d’activité auquel les professionnels sont particulièrement attachés.

Infirmiers.com

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Commentaires (4)

loulic

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259 commentaires

#4

Eau tiède

Si on ne s’interroge pas sur le mépris de Mme busyn à l’égard des professionnels de santé et de la population en général, on s’interroge par contre sur sa connaissance des dossiers.

Enfin sur la connaissance qu’ont ses conseillers.

Le nouveau décret des IBODE était déjà taillé sur mesure pour justement qu’elles puissent aller aux urgences refermer des plaies. C’était même un des arguments forts de la réforme de leur décret.

Prescrire des radios et des bilans c’est ce que font en pratique tous les infirmiers, particulièrement aux urgences.

Mais surtout la pratique avancée ça ne correspond pas du tout aux annonces de Mme Buzyn qui confond la pratique avancée et la réalisation d’actes sur protocoles.

On est de de toute façon très loin d’une quelconque forme d’ecoute de sa part. Puisqu’une fois encore elle nous explique gentiment que des personnels surchargés ( infirmiers, médecins libéraux, régulateurs, pompiers, ...) vont avoir de nouvelles compétences/gestes/prérogatives et qu’avec une charge de travail supplémentaire le système ira mieux ...

Greg3134

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1 commentaires

#3

Non pas vraiment...

Ah ben non... tu as mal compris. 80€ de prime pour les IDE qui sutureront en SAU sur protocole de coop.
Ce sont les IPA urgentistes qui vont se faire 2 ans d'études supplémentaires pour apprendre à faire ce qu'un grand nombre d'entre eux (dont j'ai fait partie) font déjà "sur protocole"... mais je suis certain que le salaire à la fin n'en vaudra quand même pas la chandelle !! À suivre...

augusta

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#2

80 euros

Si j'ai bien compris les propos de la ministre, l'IDE en pratique avancée aux Urgences aura l'énorme chance de voir son salaire augmenté de 80 euros.
Si c'est pas se moquer du monde....
Il faudrait être idiot pour poursuivre ses études...pour 80 euros, non?

augusta

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72 commentaires

#1

80 euros

Si j'ai bien compris les propos de la ministre, l'IDE en pratique avancée aux Urgences aura l'énorme chance de voir son salaire augmenté de 80 euros.
Si c'est pas se moquer du monde....
Il faudrait être idiot pour poursuivre ses études...pour 80 euros, non?