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Les IDEL du bassin alésien créent leur propre organisation face au COVID19

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Compétences infirmières

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Ils se sont organisés pour faire face à l’épidémie de coronavirus. Dans le bassin alésien, dans le sud de la France, infirmiers libéraux et médecins généralistes ont bien compris l’intérêt d’une coopération pour être à la fois prévenants et efficaces, au plus près de leurs pairs et au bénéfice de leurs patients. Dominique Jakovenko, Président de l’association AILBA, nous l’explique.

Les IDEL du bassin alésien

Mobilisés pour faire face au manque de matériel, les infirmiers libéraux ont su taper à toutes les portes et ça a marché. Ils ont pu ensuite distribuer des "kits de protection" aux IDEL du bassin alésien.

Devant cette grave crise sanitaire et à la demande des médecins de l’Association de promotion de la médecine générale (APMG), les infirmiers de l’association des infirmiers libéraux du bassin d’alésien ( AILBA), créée en 2009 (cf. encadré) ont répondu favorablement à la mise en place, sur le territoire, d'un centre COVID-19 répondant aux critères imposés par l’Agence régionale de santé. Ce partenariat est soutenu et réalisé en collaboration avec la ville d'Alès et le réseau RÉSÉDA coordonnant les réseaux de santé de notre bassin de vie. Le rôle de l'association est de s'inscrire dans la complémentarité du centre COVID-19 en incluant aussi les infirmiers non adhérents. La finalité étant de coordonner la prise en charge des patients COVID au domicile et de distribuer le matériel manquant aux infirmiers, adhérents et non adhérents de l'association, afin de sécuriser les prises en charge.

Quelle organisation ?

Dans le centre COVID-19, les 22 infirmier(e)s volontaires, travaillent sur leurs jours de repos. Les astreintes sont tenues 7jours/7 afin d’honorer les missions sur lesquelles ils se sont engagés :

  • l'accueil et l'orientation des patients : seul les patients présentant une symptomatologie COVID sont admis dans le centre, les autres sont redirigés vers les cabinets de médecins généralistes en journée et les urgences de la clinique ou du centre hospitalier lors des horaires de permanence des soins ;
  • la surveillance clinique des patients (constantes, symptômes COVID, antécédents, traitements...) facilitant les consultations médicales et le diagnostic médical.

Le but était de se mettre en sécurité et de mettre en sécurité nos proches et notre patientèle avant l'arrivée de l'épidémie

Quatre infirmières d'AILBA assurent la coordination 7 jours/7 de 75 infirmières libérales réalisent les visites à domiciles et télé-soins prescrits par les médecins généralistes ou le centre hospitalier. La coordination comprend :

  • l'organisation des interventions, commune par commune, en dehors des tournées habituelles ;
  • un appel systématique des patients suspectés ou avérés COVID (explication, soutien, gestion des peurs et de l'anxiété…). Les patients rappellent d’ailleurs parfois les infirmières de coordination. Pour faciliter les échanges et fluidifier les prises en charge à domicile, un numéro de téléphone est dédié à cette coordination, ainsi qu'une adresse mail sécurisée. L'application mobile Entr'Actes  permet d'adresser les patients aux infirmiers responsables des interventions. Son utilisation sert de support au dossier de soins partagé entre les différents intervenants.

AILBA : une association qui a fait ses preuves

Notre association regroupe les  infirmiers libéraux du bassin d'Alès. Elle compte environ 150 adhérents et un carnet d'adresse et de 500 infirmiers dans le Gard. Elle a déjà travaillé :

  • avec les instances CPAM et ARS : à leur demande, les infirmiers ont, par le passé, effectué des consultations infirmières de santé publique concernant une problématique de pollution environnementale ;
  • avec les médecins généralistes sur une expérimentation en éducation thérapeutique à domicile des patients porteurs de maladies chroniques (diabète, maladies cardiovasculaires,) nous avons mené des séances individuelles.

IDEL

Palier le cruel manque de matériel

Plusieurs membres de l'association et des infirmiers non adhérents se sont également unis et mobilisés pour répondre au manque de moyens matériels. Des infirmiers libéraux volontaires se sont investis comme « des colibris" en récupérant du matériel auprès des entreprises, des collectivités locales, des particuliers, des associations. Ils ont ainsi récupéré : 1400  blouses, 80 combinaisons, 600 sur-blouses, 300 tabliers, 2000 charlottes, 2000 sur-chaussures, 3000 masques (chirurgicaux, FFP2, FFP3), 400 lunettes de protection, 300 visières, 60 litres de soluté hydro-alcoolique, 200 boites de gants, du matériel de désinfection et des kits de protection voitures.

Trois distributions de matériels ont déjà eu lieu, une est en préparation : 469 kits pour infirmiers et pour leur cabinet ont ainsi été distribués. L'association a acheté pour sa part 600 sur-blouses, redistribuées à toutes les infirmiers.

L'ensemble du dispositif mis en place par les différents acteurs du territoire a permis d'éviter les croisements de population dans les cabinets médicaux et au domicile, tout en désengorgeant les urgences de l'hôpital. Tout comme les autres territoires, c'est une organisation inédite qui s'est mise en place. L’expérience le prouve : le binôme médecin/infirmier pourra perdurer dans d'autres circonstances, tout comme les liens ville/hôpital, indispensables pour une gestion optimale des patients et leur suivi.

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Regarder 13H15 le dimanche, en replay, sur France 2, le 5 avril dernier qui s’est intéressé à cette expérience alésienne (8’38, 22’40)

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Infirmier libéral, Président de l’Association AILBA

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